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Parrainage de réfugiés : Québec mettra fin au système de messagers

Un homme se penche sur des boîtes de documents.

Le recours à des messagers qui était autorisé par Québec a fait en sorte que certains d'entre eux pouvaient déposer de nombreuses demandes de parrainage à la fois.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Stéphane Bordeleau

Le ministre de l’Immigration Simon Jolin-Barrette, en qui François Legault réitère sa confiance, mettra fin au système actuel de dépôt des candidatures pour parrainer des réfugiés après la fin de semaine chaotique qu’ont connue des dizaines de personnes qui tentaient de déposer leur dossier à Montréal.

Attendu de pied ferme par les journalistes mardi matin dans les couloirs de l’Assemblée nationale, le ministre Jolin-Barrette a reconnu d’entrée de jeu que le dépôt des demandes de parrainage ne s’était pas bien déroulé en début de semaine.

Le ministre a assuré du même souffle que son ministère reverra en profondeur le processus de dépôt des demandes de parrainage de réfugiés pour éviter qu'un tel scénario se reproduise. Mais comme la demande est très forte, il y aura malgré tout toujours des mécontents, a prévenu Simon Jolin-Barrette.

Les coursiers, je peux vous dire que c’est la dernière fois que ça va fonctionner de cette façon-là.

Simon-Jolin-Barrette, ministre de l’Immigration du Québec

Il faut comprendre qu’il y a un nombre limité de places pour les réfugiés, soit 750 pour cette année. Ça faisait un an et demi que le programme était fermé. J’ai rouvert le programme tel qu’il était sous le Parti libéral, et manifestement il y a des améliorations à apporter et je vais les faire, a-t-il assuré.

Un processus chaotique

Le nombre de dossiers acceptés étant restreint, des dizaines de personnes qui désiraient parrainer des réfugiés ont dû attendre tout le week-end dans des locaux aménagés à la hâte au ministère de l’Immigration, à Montréal, pour conserver une place dans la file d'attente jusqu'à l'ouverture des bureaux lundi matin.

Comme Québec a exigé que les demandeurs aient recours à un service de messagerie pour livrer leur dossier au ministère, nombre d'entre eux ont fait la file toute la fin de semaine pour conserver leur place, qu'ils ont cédée ensuite à leur messager. D'autres ont payé des coursiers à fort prix pour faire la file toute la fin de semaine.

Des gens assis et debout dans la salle d'attente.

Des demandeurs de parrainage se sont entassés tout le week-end dernier dans les locaux du ministère de l'Immigration du Québec à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Thibaut

Certains coursiers déposaient plus d’une dizaine de demandes à la fois, ce qui a provoqué beaucoup de frustration chez les demandeurs. D'autres personnes ont aussi été vues en train d’acheter littéralement des places dans la file d'attente en payant plusieurs milliers de dollars.

Le ministre assure que des enquêtes ont été ouvertes sur les dénonciations de corruption et d'intimidation dans la file d'attente qui ont été rapportées par des demandeurs lors du week-end dernier.

Jolin-Barrette se défend de manquer d'humanité

Accusé dans les médias de manquer d’empathie et d’humanité, notamment dans ses politiques sur l’immigration, Simon Jolin-Barrette s’est défendu en expliquant que dès qu’il avait appris qu’il y avait une file d’attente à l’extérieur ce week-end, il a immédiatement ordonné que des locaux soient ouverts et aménagés à l’intérieur du ministère de sorte que les gens n’aient pas à attendre dehors par grand froid.

S’il a attendu jusqu’à tard lundi avant de réagir, c’est qu’il voulait voir comment allait se dérouler le dépôt des demandes et faire le point avec son équipe avant de présenter sa réaction publique, a-t-il ajouté.

Simon Jolin-Barrette n’a émis qu’une déclaration ministérielle hier en fin de journée pour commenter les événements qui affectaient son ministère.

Simon Jolin-Barrette s'adresse aux journalistes.

Le recours à des coursiers pour déposer des demandes de parrainage de réfugiés sera aboli, a promis le ministre de l'Immigration du Québec.

Photo : Radio-Canada

Legault protège son ministre

La façon de faire du ministre Jolin-Barrette a été avalisée par le premier ministre François Legault, qui a pris sa défense tout en reconnaissant qu’il y [avait] beaucoup de travail à faire au ministère de l’Immigration.

Simon Jolin-Barrette, c’est un des meilleurs ministres. C’est l’un des jeunes les plus prometteurs en politique, a-t-il affirmé. Il travaille beaucoup d’heures par semaine, mais il y a tellement de choses à corriger…

Simon c’est quelqu’un de rigoureux, il voulait bien comprendre le dossier. Il a réuni son équipe hier pour bien comprendre aussi quelles étaient les alternatives à ce "premier arrivé premier servi", a ajouté le premier ministre.

Il va falloir changer la méthode parce que "premier arrivé, premier servi" et passer par un messager, ça ne fonctionne pas. On va la revoir.

François Legault, premier ministre du Québec

Écoutez, on est en train de corriger 15 années où il y a eu du laisser-faire et où il n’y a pas eu d’amélioration, a tenu à rappeler François Legault en se défendant de se cacher derrière le bilan des libéraux.

Considérant le fait que des centaines de milliers de personnes veulent venir s’établir chaque année au Québec, le premier ministre Legault a expliqué que le Québec n’a pas les capacités économiques ni les infrastructures d’intégration nécessaires pour accepter tous ces gens.

C’est pourquoi le système de dépôt des demandes devra être revu et amélioré rapidement pour gérer plus harmonieusement le flot de demandes en provenance de l’immigration économique, de la réunification des familles et des demandes des réfugiés, a réitéré le chef du gouvernement caquiste.

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