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Aidante naturelle à 200 kilomètres plus loin

Sylvie Sylvestre et sa mère devant l’hôpital de Chapleau.

Sylvie Sylvestre retrouve le sourire après avoir traversé une dépression.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Radio-Canada

Devenir aidant naturel n’est pas de tout repos. Alors imaginez si vous deviez venir en aide à un proche qui habite à plus de deux heures de route, et ce, deux fois par mois. C’est la routine de Sylvie Sylvestre qui malgré toute la bonne volonté au monde, a dû s’avouer vaincue, du moins pour un bout de temps. La Franco-Ontarienne nous raconte comment elle s’est relevée, quatre mois après une dépression.

Depuis quatre ans, et à raison de deux fois par mois, cette femme qui habite Timmins en Ontario fait le trajet jusqu'à Chapleau.

Sa mère Pierrette Sylvestre âgée de 81 ans loge dans un établissement de soins de longue durée.

Elle souffre de la maladie de Parkinson et d'Alzheimer.

Son père habite toujours la maison familiale.

Un vieux couple qui se regarde dans la cuisine.

Le père de Sylvie, Roger Sylvestre 83 ans, habite seul à la maison à Chapleau. Il voit sa femme Pierrette quand sa fille vient les visiter toutes les deux semaines.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Avant que sa mère soit admise en SLD, Sylvie Sylvestre faisait la navette beaucoup plus fréquemment.

Il aura fallu six ans avant de prendre la difficile décision de placer sa mère.

Maintenant, je viens la voir à toutes les deux fins de semaine, j’étais à bout de souffle. Je ne viens plus des semaines complètes, c’est trop difficile , dit celle qui a changé sa routine à la suite de sa dépression.

Une femme donne à manger à une autre femme plus âgée

Sylvie aime sortir sa mère du centre d’accueil. Elle cuisine des repas pour ses parents.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Avoir le courage de demander de l’aide

Entre prendre les appels des infirmières, s’occuper de la résidence et du chalet de ses parents, faire les repas de son père qui est en perte d'autonomie, son travail à temps plein et la route entre Timmins et Chapleau, elle ne pouvait simplement plus dormir.

Sylvie Sylvestre a demandé de l’aide à la Société d’Alzheimer et auprès d’un intervenant en santé mentale.

C’était rendu que je récupérais pendant le jour, je faisais une sieste sur l’heure du midi et une autre après le travail. Je n’avais plus d’énergie pour aider mes parents. La première chose à régler qu’il m’a dite, c’était mon sommeil. 

Sylvie Sylvestre

Sylvie se sent maintenant moins coupable de ne pas toujours être au chevet de sa mère.

On sait que c'est mieux de continuer sa vie et que nos parents souhaiteraient la même chose pour nous , raconte Sylvie en versant une larme.

Sylvie Sylvestre aide sa mère à sortir du lit.

Plus les années passent, plus l’énergie de Pierrette Sylvestre diminue. Lorsque sa mère prend une sieste, Sylvie en profite elle aussi pour recharger ses batteries.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Prendre soin de soi

Avant sa dépression, Sylvie ne consacrait son temps qu’à ses parents.

Je me suis remise en forme en recommençant le gym, il faut que je recommence à voir mes amis, mon cercle social, je l'avais abandonné. Si je suis malade, je ne suis plus capable de m’occuper de ma mère.

Sylvie Sylvestre
Une femme donne à boire à une aînée avec une paille.

Mme Sylvestre n’est plus autonome et Sylvie doit même l’aider à boire avec une paille.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Choix déchirant

La plus grande décision que Sylvie a dû prendre, a été de placer sa mère dans un établissement de soins de longue durée à Chapleau.

Au début, c'était difficile, j'étais comme une maman ourse. Je protégeais ma mère. Maintenant, ça fait quatre ans et on connaît le monde. Chaque soir, je fais des vidéoconférences avec elle, ça aide beaucoup. Là , je suis capable de retourner à Timmins et de vivre ma vie , souligne Sylvie Sylvestre.

Faire face aux pertes de mémoire

À travers sa maladie, Pierrette Sylvestre a changé.

Elle peine à se reconnaître dans le miroir et ne fait même plus la différence entre sa fille et sa soeur.

Sylvie raconte qu’une des choses les plus difficiles, c’est l’Alzheimer.

Elle cherche toujours sa mère et sa marraine. Ma belle-sœur joue le rôle de la marraine. Et comme personne de la famille ne peut représenter sa mère, on fait juste lui dire qu’elle est partie en vacances. Dix minutes plus tard, ma mère repose la même question. On répète la même histoire.

Sylvie pointe à sa mère des photos dans un album.

Un album photo est toujours à la disposition de Pierrette Sylvestre dans la maison familiale. C’est une façon pour Sylvie de pratiquer la mémoire de sa mère en lui rappelant le nom de ses proches.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Malgré la bataille du quotidien, Sylvie Sylvestre demeure résignée.

On parle d’aidante naturelle, c’est naturel pour moi, on veut le meilleur. On sait que c’est temporaire, mais temporaire, on ne sait pas quand ça va se terminer. C’est de rassembler la famille et vivre le moment. Je prends beaucoup de photos, et en les regardant, tu vois vraiment la régression, dit Mme Sylvestre qui éclate en sanglots.

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