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Ratifier le nouvel ALENA « est notre priorité », assure Trudeau

Justin Trudeau parle en conférence de presse. Ses ministres se tiennent debout derrière lui.

Le premier ministre Justin Trudeau a tenu une conférence de presse mardi afin de faire le point sur les priorités de son gouvernement pour la session parlementaire qui s'ouvre le 27 janvier.

Photo : La Presse canadienne / Mike Sudoma

Joëlle Girard

Un projet de loi sur la ratification du nouvel ALENA sera déposé dès le 29 janvier à la Chambre des communes, a annoncé Justin Trudeau en point de presse mardi, après un conseil des ministres de trois jours à Winnipeg, au Manitoba.

Le premier ministre a affirmé qu'une ratification responsable et rapide de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) figurait parmi les priorités de son équipe.

Lorsque la Chambre reprendra ses travaux la semaine prochaine, nous irons immédiatement de l'avant avec la ratification du nouvel ALENA, a fait savoir M. Trudeau, qui dirige un gouvernement minoritaire depuis l'élection du 21 octobre dernier.

Les libéraux comptent ainsi présenter une motion des voies et moyens, qui permet à la Chambre d'examiner les détails d'une mesure fiscale, dès l'ouverture de la session parlementaire, le 27 janvier prochain. Les députés auront deux jours pour ce faire, après quoi le projet de loi sera déposé le 29 janvier.

Ratifier le nouvel ALENA est notre priorité. [...] C'est extrêmement important qu'on avance avec la ratification et c'est notre intention de procéder rapidement.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Les partis d'opposition ont déjà soulevé plusieurs critiques quant à la nouvelle mouture de l'ALENA, notamment par rapport à la préservation du système de gestion de l'offre et aux garanties liées à l'utilisation de l'aluminium canadien dans la fabrication de biens.

Dans un contexte minoritaire, les troupes de Justin Trudeau devront se débrouiller pour trouver des appuis auprès du Parti conservateur, du Nouveau Parti démocratique, du Bloc québécois ou encore du Parti vert afin de procéder à la ratification.

Notre leader parlementaire en Chambre, Pablo Rodriguez, est en train d'avoir des discussions avec ses homologues des autres partis pour souligner à quel point la ratification responsable et rapide doit se faire, a fait savoir le premier ministre.

Il y a trop d'emplois à travers le pays qui dépendent de l'ACEUM. Il y a trop de travailleurs qui ont besoin de cet accès aux États-Unis. Il y a trop d'investisseurs et d'entreprises qui comptent sur l'accès au marché américain, a-t-il ajouté, comme un message adressé aux partis d'opposition qui pourraient être tentés de voter contre le projet de loi.

L'ACEUM a déjà été approuvé par le Mexique en décembre dernier, puis a été ratifié par le Congrès américain la semaine dernière.

Le Bloc québécois reste sur ses gardes

Le gouvernement canadien ne veut pas avoir de discussions entre les parlementaires canadiens sur la nouvelle mouture du traité de libre-échange avec les États-Unis et va essayer de passer outre [à] l’ensemble des procédures parlementaires habituelles avec l’accord du Parlement, a déclaré le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

Il y a un morceau qui va manquer dans sa démarche, ça sera l’accord du Parlement, a affirmé M. Blanchet, qui n’a pas dit clairement s’il comptait donner son appui à cet accord.

Le Bloc québécois ne permettra pas d’aller de l’avant avec l’ACEUM sans minimalement une discussion.

Yves-François Blanchet

Contrairement à ce qui a été prétendu, notamment par le gouvernement, la discussion pour les régions du Québec sur l’aluminium n’est pas terminée, a-t-il fait remarquer, réclamant le même traitement pour l’aluminium que pour l’acier et l’automobile de l’Ontario.

Pour M. Blanchet, il y a une iniquité dans ce qui a été jeté sur la table pour aller arracher l’accord des États-Unis et du Mexique. Et l’entièreté du poids de cette iniquité pèse sur les épaules du Québec.

Relations délicates avec l'Iran

Le gouvernement de Justin Trudeau entame cette première session parlementaire dans un contexte complexe, où les relations irano-canadiennes, déjà au point mort depuis 2012, ont été mises à mal par l'écrasement du vol PS752 à Téhéran, le 8 janvier dernier.

Après avoir nié être à l'origine de l'écrasement, le régime iranien a finalement reconnu le 11 janvier que ses forces armées avaient abattu par erreur le Boeing 737 d'Ukraine International Airlines, à bord duquel se trouvaient 57 Canadiens. La situation suscite depuis des appels à une enquête transparente de la part du Canada et de l'Ukraine.

Ottawa demande notamment que les boîtes noires soient envoyées quelque part où les données qu'elles contiennent puissent être analysées, l'Iran ne possédant pas la technologie ni l'expertise nécessaires. La République islamique semble toutefois déterminée à procéder elle-même à cette analyse, selon le rapport d'enquête préliminaire tout juste publié par l'Organisation de l'aviation civile iranienne (CAO).

Mardi, Justin Trudeau s'est dit préoccupé par ces derniers développements. Les boîtes noires ne sont pas en train d'être analysées immédiatement, comme il se doit, selon les procédures lors d'une telle tragédie aérienne, a-t-il déploré.

Faisant écho aux propos de son ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, Justin Trudeau a réitéré les exigences du Canada.

Nous demandons fortement à l'Iran d'envoyer les boîtes noires quelque part où ils ont la capacité de les analyser de façon approfondie et rapide.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

La France est un exemple parfait, et s'est montrée ouverte à le faire en tant que tiers pays, a-t-il suggéré.

Le premier ministre a aussi affirmé que la non-reconnaissance par l'Iran de la double citoyenneté de certains passagers posait problème. Parmi les 57 Canadiens qui ont péri dans la tragédie, plusieurs possédaient un passeport à la fois iranien et canadien. Certaines familles ont demandé à rapatrier les dépouilles de leurs proches au Canada, mais l'Iran a déjà commencé à procéder à l'enterrement de victimes, faisant fi de ces vœux dans certains cas.

Les vœux des familles par rapport à leurs proches doivent être respectés. C'est un engagement qui est aligné non seulement avec la loi internationale, mais aussi avec les principes de l'islam, et c'est à ce niveau qu'on est en train d'insister auprès de l'Iran, a assuré Justin Trudeau.

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