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L’Asie en « alerte maximale » face au nouveau coronavirus

Plusieurs personnes tenant des valises portent des masques respiratoires.

Les autorités de nombreux pays procèdent à des contrôles systématiques à l’arrivée des vols en provenance des zones à risques.

Photo : Getty Images / AFP / Nicolas Asfouri

Radio-Canada

Le nouveau coronavirus apparu en Chine a déjà provoqué la mort de six personnes, toutes dans la ville de Wuhan. Alors que l'épidémie fait craindre une crise mondiale, de nombreux pays d’Asie ont renforcé leurs mesures de sécurité, notamment en scannant les voyageurs afin de vérifier à distance leur température corporelle.

Chez nous, au Canada, aucun cas n'a encore été rapporté, bien que les autorités aient eu des doutes sur l'état de santé de quelques voyageurs, qui arrivaient tous de Chine, après que Pékin eut confirmé que ce nouveau coronavirus est transmissible entre humains.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a rapidement pris acte de cette conclusion.

Les informations sur les nouvelles infections suggèrent qu'il pourrait y avoir une transmission interhumaine durable.

Takeshi Kasai, directeur de l'OMS pour le Pacifique Ouest

L’OMS se réunira mercredi pour déterminer s’il convient de déclarer une urgence de santé publique de portée internationale. L'organisation n'a pas recommandé de limiter les déplacements ni les échanges commerciaux, mais de telles mesures pourraient être débattues mercredi.

La Chine a recensé mardi 77 nouveaux cas, ce qui porte le total à près de 300, alors que la maladie a fait trois nouvelles victimes à Wuhan (centre), l’épicentre de l’épidémie qui a contaminé plusieurs autres personnes au Japon, en Corée du Sud et en Thaïlande. Le coronavirus a donc tué jusqu'ici six personnes dans la ville où il a fait son apparition.

Et près d'un millier de patients étaient en observation dans les hôpitaux chinois, selon les autorités sanitaires.

Pékin a annoncé mardi qu’il classait l’épidémie dans la même catégorie que celle du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), qui a fait frémir le monde au début des années 2000. L’isolement devient ainsi obligatoire pour les personnes chez qui la maladie a été diagnostiquée.

Un homme portant un masque respiratoire fait un égoportrait à Shanghai.

Les stocks de masques respiratoires sont épuisés dans de nombreuses pharmacies à Shanghai, comme ailleurs en Chine et en Asie.

Photo : Getty Images / AFP / Hector Retamal

Shanghai a pour sa part confirmé quatre nouveaux cas de la maladie.

Et Taïwan a annoncé avoir enregistré un premier cas, celui d'une voyageuse qui vit à Wuhan.

Cette femme âgée d'une cinquantaine d'années est arrivée avec de la fièvre et de la toux à l'aéroport de Taoyuan de la capitale Taipei. Elle a elle-même avisé les agents des services sanitaires, a précisé le Centre pour le contrôle des maladies (CCM).

Nous demandons à la population de ne pas paniquer, cette personne ayant été emmenée directement de l'aéroport à l'hôpital.

Le Centre pour le contrôle des maladies

Quarante-six passagers et membres de l'équipage de l'avion dans lequel elle a voyagé devaient subir des examens.

Un homme portant un masque respiratoire pianote sur un kiosque électronique.

À l'aéroport de Daxing, à Pékin, les voyageurs doivent répondre à des questions sur leur état de santé.

Photo : Getty Images / AFP / Nicolas Asfouri

Contrôles de sécurité dans les aéroports

Des contrôles sont effectués aux aéroports de Vancouver, de Toronto et de Montréal pour les passagers qui présentent des symptômes ressemblant à ceux de la grippe après avoir voyagé à Wuhan. Les voyageurs doivent notamment répondre à des questions sur leur état de santé.

Les aéroports de San Francisco, Los Angeles et New York ont adopté des mesures similaires.

De Bangkok à Hong Kong, de Singapour à Sydney, les autorités procèdent à des contrôles systématiques à l’arrivée des vols en provenance des zones à risques.

Les autorités thaïlandaises ont mis en place des détections thermiques obligatoires dans les aéroports de Bangkok, Chiang Mai, Phuket et Krabi, pour les passagers en provenance des zones chinoises à risques.

Le ministre thaïlandais de la Santé, Anutin Charnvirakul, a annoncé que ces passagers étaient contrôlés sans exception, et placés en quarantaine pendant 24 heures s’ils présentaient des signes de fièvre.

La Thaïlande accueille à elle seule le quart des vols internationaux au départ de Wuhan, ville de 11 millions d’habitants où la maladie a été détectée pour la première fois en décembre dans un marché.

À l’approche du Nouvel An chinois, qui commence ce week-end, autour de 1300 passagers devraient emprunter chaque jour ce trajet et le royaume tient à éviter tout risque d’épidémie alors que la saison touristique bat son plein.

Gros plan du scanneur

Un employé des services sanitaires du Kazakhstan utilise un scanneur thermique pour déterminer si les voyageurs venant de Chine ont des symptômes pouvant être liés au nouveau coronavirus.

Photo : Reuters / Pavel Mikheyev

À Hong Kong, les autorités se disent aussi en alerte maximale. Le souvenir de l’épidémie de SRAS qui y avait fait plusieurs centaines de morts en 2002-2003 hante toujours les esprits.

Nous sommes prêts pour le pire. Nous n’avons pas baissé la garde.

Matthew Cheung, numéro deux du gouvernement hongkongais

L’aéroport de la ville, l’un des plus fréquentés du monde, procède déjà en temps normal au contrôle thermique de tous les passagers. Ceux qui arrivent de Wuhan doivent également remplir un formulaire. Ils s’exposent à des sanctions pouvant aller jusqu’à six mois de prison s'ils cachent certaines informations.

Les vastes frontières terrestres de la Chine font également l’objet d’un examen minutieux.

Au Vietnam, le ministère de la Santé a proclamé un risque d’infection élevé et ordonné des contrôles renforcés à sa frontière nord, intense lieu de passage entre les deux pays.

Le coronavirus du SRAS vu sous un microscope.

Le coronavirus du SRAS vu sous un microscope.

Photo : AFP/British Health Protection Agency

Même type de virus que ceux du rhume et du SRAS

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l’homme, comme un rhume, mais aussi d’autres plus graves, comme le SRAS.

Zhong Nanshan, un scientifique chinois de la Commission nationale de la santé, a déclaré lundi soir que la transmission par contagion entre personnes était avérée. C’était la première fois qu’une telle affirmation était faite publiquement.

L’OMS estime pour sa part que l’animal semble être la source primaire la plus vraisemblable, avec une transmission limitée d’humain à humain par contact étroit.

Selon les autorités chinoises, l'épidémie aurait débuté sur un marché aux fruits de mer de Wuhan. Les ventes de volailles vivantes ont été interdites dans la province du Henan pour enrayer l'épidémie, a rapporté la presse locale.

Sur 8096 cas, le virus du SRAS avait fait 774 morts dans le monde, dont 349 en Chine continentale et 299 à Hong Kong, selon l’OMS. L’organisation avait à l’époque vivement critiqué Pékin pour avoir tardé à donner l’alerte et tenté de dissimuler l’ampleur de l’épidémie.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et La Presse canadienne

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