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Entre Trump et Greta Thunberg, Davos à l'épreuve du défi climatique

Un homme armé est sur le toit.

Le centre des congrès de Davos, où se déroulera le Forum économique.

Photo : Reuters / Denis Balibouse

Agence France-Presse

L'élite économique mondiale s'attèle à l'urgence climatique : le 50e Forum de Davos s'ouvre mardi avec le président américain Donald Trump et la militante écologiste Greta Thunberg, aux visions diamétralement opposées sur les défis environnementaux.

Dans le cadre enneigé de la station de ski des Grisons, en Suisse, le réchauffement climatique domine cette année le Forum économique mondial (WEF).

Donald Trump, aux convictions climatosceptiques revendiquées, ouvrira le bal. Il doit faire son allocution quelques heures avant l'ouverture à Washington de son procès en destitution.

Il y a deux ans, l'imprévisible président américain avait été plutôt bien accueilli par les grands patrons rassemblés en Suisse, qui avaient retenu ses largesses fiscales plutôt que ses diatribes contre le libre-échange.

Donald Trump doit avoir à Davos des entretiens avec la présidente de la Commission européenne, ainsi qu'avec le président irakien, ce peu après l'assassinat en Irak d'un général iranien par les forces américaines.

Croisera-t-il aussi Greta Thunberg? Invitée à Davos pour la deuxième année de suite, la militante suédoise de 17 ans s'exprimera peu avant le président en table ronde, et elle ouvrira dans l'après-midi une session au titre sans équivoque : Comment éviter l'apocalypse climatique.

L'occasion de sommer une nouvelle fois le monde des affaires d'agir face aux défis climatiques, et de trouver un auditoire peut-être plus réceptif.

Une jeune femme est sérieuse.

Greta Thunberg estime que rien n'a été fait pour le climat, même après plusieurs mois de mobilisation massive des jeunes dans le monde. La militante suédoise participe au Forum économique mondial à Davos, en Suisse.

Photo : Reuters / Denis Balibouse

La crise écologique nouvelle source de revenus

Selon une enquête du WEF, quelque 750 responsables politiques et économiques classent les crises environnementales (météo extrême, perte de biodiversité...) en tête des risques mondiaux jugés les plus probables.

Et cette perception commence à avoir des conséquences sonnantes et trébuchantes : le gestionnaire d'actifs BlackRock, monstre financier pilotant 7000 milliards de dollars, a annoncé la semaine dernière vouloir devenir un leader des investissements durables.

L'annonce pourrait faire des émules, à l'heure où se précise l'évaluation des coûts du changement climatique.

Selon un rapport dévoilé lundi par le WEF et le cabinet PwC, plus de la moitié de l'économie mondiale dépend de la nature et des écosystèmes.

Pour Chris Williamson, économiste d'IHS Markit, il y a clairement un changement d'atmosphère : certains avaient peut-être sous-estimé la rapidité de cette évolution et Davos accélérera peut-être cette pression sur les milieux d'affaires.

Pour autant, des ONG présentes à Davos se gardent de tout triomphalisme. Il y a une énorme progression de la prise de croissance au niveau des grands patrons, mais le défi est de la traduire aux échelons inférieurs, au sein de groupes gigantesques aux chaînes de production complexes, insiste auprès de l'AFP Marco Lambertini, secrétaire général du WWF.

Le Forum de Davos, parfois taxé d'hypocrisie climatique en raison du ballet de jets, hélicoptères et limousines qu'il occasionne chaque année, entend montrer l'exemple en bannissant les ustensiles à usage unique, en montant des buffets sans viande...

Les inégalités grandissantes

Pour l'heure, la question climatique vient surtout aggraver des inégalités déjà indécentes, insiste de son côté Oxfam. L'ONG, traditionnelle trouble-fête à Davos, a indiqué lundi que les 2153 milliardaires du globe détenaient plus de richesses que 60 % de la population mondiale.

L'impact (du réchauffement climatique) sera plus dévastateur pour les plus pauvres, alors que les super-riches sauront comment s'en affranchir, et il y aura un apartheid climatique, assure à l'AFP Amitabh Behar, responsable d'Oxfam pour l'Inde présente à Davos.

La répartition des fruits de la croissance économique est une question d'autant plus brûlante que cette dernière restera poussive en 2020, selon le Fonds monétaire international (FMI), qui a revu lundi à la baisse sa prévision pour l'année à 3,3 %.

Dans un pays en proie à une intense colère sociale, le Liban, la présence à Davos du chef de la diplomatie Gebran Bassil passe d'ailleurs très mal. Deux pétitions ont été lancées pour réclamer son annulation et ont recueilli des milliers de signatures.

Autre point chaud du globe : le Venezuela. L'opposant Juan Guaido, qu'une cinquantaine de pays reconnaissent comme président par intérim, doit venir à Davos jeudi.

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