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Usine Bitfarms : des citoyens sherbrookois toujours incommodés par le bruit

De serveurs comme on peut en retrouver dans l'usine Bitfarms de Sherbrooke.

De serveurs comme on peut en retrouver dans l'usine Bitfarms de Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada / Bahador Zabihiyan

John Sébastien Naïs

Une vingtaine de citoyens incommodés par le bruit qui émane de l’usine Bitfarms, située sur la rue de la Pointe, près du parc Lucien-Blanchard, sont venus faire part de leur exaspération lors du conseil municipal de lundi soir.

La construction du mur antibruit, en décembre dernier, n’aura donc pas eu l’effet escompté pour de nombreux résidents qui vivent aux alentours de l’usine sherbrookoise appartenant à l'entreprise de cryptomonnaies.

Ce mur-là, on voit que ça n’améliore pas beaucoup les choses. Ça fait que le bruit est redistribué ailleurs.

Noémi Roy, une citoyenne qui habite proche de l’usine

Dans les mois à venir, l’entreprise effectuera des travaux estimés à 200 000 $. Ces travaux comprennent la fermeture de l’entrée principale, la construction d’une nouvelle entrée ainsi qu’un chemin d’accès en forme de L qui permettront de réduire le bruit davantage.

Cette nouvelle configuration ne fera que déplacer le problème, croit Mme Roy.

Ça fera comme un L des deux côtés de l’usine. Mais ça fera en sorte que les résidents de la rue Denault, eux, ils vont avoir tout le bruit qu’on est supposé avoir. [Le bruit] sera rejeté vers le haut, avance-t-elle.

Noémi Roy, tout comme les autres citoyens réunis au conseil municipal de lundi, ne compte pas lâcher l’affaire.

On veut démontrer qu’on est là et qu’on ne lâchera pas. On a acheté des résidences. Il y a des gens que ça fait longtemps qu’ils sont là. Qui avaient une quiétude, une qualité de vie et puis eux, ils arrivent, et ils défont tout ça, se désole-t-elle. 

[Ça a des impacts sur] la faune, la flore. Il y a des espèces d’oiseaux qu’on ne voit plus. Ça a un impact majeur sur plein d’aspects de la vie.

Noémi Roy, une citoyenne qui habite proche de l’usine

La chaleur, une autre préoccupation

Autre préoccupation des citoyens : la chaleur qui se dégage de l’usine.

Marcel Cyr, porte-parole du groupe de citoyens pour le retour au silence, explique être allé faire des tests samedi dernier. Et ses résultats sont effarants, selon ses propres dires.

De la clôture qui sépare le terrain de la STS de celui de l’usine, j’ai mis un thermomètre sur la clôture, à environ 60 pieds de l’usine, en l’espace de deux ou trois minutes maximum, la température est passée de -14 à -2 degrés, lance-t-il

Il n’y avait que 10 ventilateurs qui fonctionnaient samedi après-midi. De façon normale, sur ce côté-là, il y a entre 18 à 24 ventilateurs qui fonctionnent, continue Marcel Cyr.

Ce dernier craint que la situation ne s’aggrave cet été, lorsqu’il fera entre 25 et 30 degrés à l’extérieur.

Mea culpa de la Ville

De son côté, la Ville de Sherbrooke reconnaît que lors des consultations avec l’entreprise Bitfarms, cette dernière avait clairement mentionné que ses installations pouvaient créer du bruit.

Si on regarde l’expérience qu’ils ont vécue ailleurs, je pense qu’on aurait dû, de notre côté, s’assurer de ne pas créer ce genre de nuisance, reconnaît Marc Denault, conseiller municipal du district du Golf qui s’occupe du dossier.

Ça fait six mois qu’on travaille à trouver des solutions. Je pense que si le problème avait été identifié plus initialement, ça aurait été beaucoup plus facile.

Marc Denault, conseiller municipal du district du Golf

Marc Denault a donc décidé de demander à la vérificatrice générale, en décembre dernier, de saisir le dossier afin de savoir ce qui a amené la Ville de Sherbrooke à vendre le terrain à Bitfarms.

Je veux m’assurer que la vérificatrice générale fasse la lumière sur le processus pour que ça ne se reproduise plus autant dans ce secteur-là qu’ailleurs, explique-t-il.

Selon M. Denault, plusieurs rencontres ont déjà eu lieu entre la Ville de Sherbrooke et l’entreprise Bitfarms. Une autre rencontre aura lieu, mardi, pour se doter et se donner une orientation à court terme sur les implantations et les interventions qui vont être faites, conclut M. Denault.

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