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Vivre avec moins de 600 $ par mois

Joyce Wheaton vit de l'aide sociale depuis quatre ans. Le montant reçu ne lui permet que de payer son loyer.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Rose St-Pierre

Avec un peu moins de 600 $ par mois, plusieurs bénéficiaires de l’aide sociale ne peuvent se sortir la tête de l’eau. Une situation que reconnaît même le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs.

Les prestataires d'aide sociale se plaignent d’un manque de soutien du gouvernement. Et lorsque leurs proches veulent leur donner un coup de main, ils risquent de nuire au bénéficiaire, mettant en péril leur survie financière.

Joyce Wheaton, résidente de Rexton, au Nouveau-Brunswick, fait partie des laissés pour compte de l'aide sociale. Il y a 4 ans, après avoir été escorte pendant 20 ans, elle se tourne vers le gouvernement pour obtenir du soutien.

Joyce souhaite entamer une transition et prendre soin de sa santé mentale, elle qui souffre de schizophrénie sévère.

Mais le montant de ses prestations d’assurance sociale lui permet à peine de payer son loyer.

Mon loyer est 575 $ et le chèque est juste 576 $, il me reste juste 1 $ par mois. Qu’est-ce que tu fais avec 1 $ par mois?

Joyce Wheaton

Son père propose alors d’assumer les coûts de sa facture d’électricité afin de donner un coup de pouce financier à sa fille.

La facture d'électricité était sous le nom de mon père. Mais ils considéraient ça comme [une tierce partie], explique-t-elle. Ces dons, aux yeux du gouvernement, doivent être soustraits de sa prestation d’aide sociale.

Moi, mon nom est pas sur le document. C’est entre mon père et la compagnie, se défend Joyce Wheaton.

Quatre ans plus tard, le gouvernement du Nouveau-Brunswick lui réclame près de 10 000 $.

Ils le savaient dès le début que la facture était sous le nom de mon père. Pourquoi pas me le dire quatre ans passés, ajoute-t-elle.

On a pas assez pour vivre, puis là t’essaies de nous enterrer. C’est de même que ça se sent vraiment en dedans.

Joyce Wheaton

Ce serait très difficile de vivre avec les taux actuels, reconnaît Blaine Higgs

Alors que sa prestation ne lui permettait pas de payer ses dépenses courantes, Joyce Wheaton hérite maintenant d’une dette.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, reconnaît que les prestations d'aide sociale sont trop basses pour permettre aux prestataires de couvrir leurs besoins de base.

Higgs reconnaît que l’aide sociale est insuffisante

Bénéficiaire d’aide sociale et enfants à charge

Une femme est assise à une table de cuisine devant un petit salon.

Jennifer Sturge est mère seule et a la garde de ses enfants quelques jours par semaine. Malgré tout, elle touche un peu moins de 600 $ par mois du gouvernement pour subvenir aux besoins de sa famille.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

L’été dernier, Jennifer Sturge a confié temporairement la garde de ses deux jeunes enfants à leur marraine. En procédure de divorce, elle ne peut plus subvenir aux besoins de ses enfants.

Elle remet alors la prestation d’aide sociale réservée à ses enfants à leur tutrice.

Quelques mois plus tard, elle reprend la garde à temps partiel de ses enfants, mais n’a pas droit à une partie des prestations qui leur est réservée.

J’ai même pas assez d’argent pour payer ma rente, plus mon bill d’électrique à part de ça, vous allez me refuser 200 $ par mois, vraiment, là, s’indigne-t-elle.

Sa prestation d’aide sociale du gouvernement du Nouveau-Brunswick ne couvre pas le prix de son loyer. Je reçois, 537, pis mon loyer est 600 $, explique-t-elle.

La mère seule craint manquer d’argent pour subvenir aux besoins de ses enfants, dont elle reprend la garde complète ce mois-ci.

Ça s’adonne je suis dans une mauvaise situation, [je suis mère seule. J'ai besoin d'aide. J'ai besoin de soutien]. Le système est cassé. Ça fait de la peine pour les enfants.

Jennifer Sturge exige plus de soutien de la part du gouvernement pendant qu’elle apprend à subvenir seule aux besoins de sa famille.

Comme si tu continues à me dire que je suis pas bonne assez, une personne vient qu’elle croit ça. Puis le système est supposé être là pour nous aider. Mais des fois, c’est pas le cas.

Jennifer Sturge

Selon elle, les prestataires d’aide sociale sont promis à l’échec, malgré leurs efforts pour se remettre sur pied financièrement. C’est pas un bon feeling comme constamment feeler que t’es [voué à l'échec]. C’est dur sur le moral.

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