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Corridor Resources perd son permis de Terre-Neuve pour forer Old Harry

Une bouée indique le site du gisement Old Harry, en pleine mer.

Le gisement Old Harry est situé à 80 km au large des Îles-de-la-Madeleine.

Photo :  Pier Gagné

Joane Bérubé

Terre-Neuve révoque le permis qui autorisait la compagnie Corridor Resources à effectuer des travaux d’exploration pétrolière dans le gisement Old Harry.

L’entreprise n’a pas demandé de renouvellement de son permis le 15 janvier dernier. Les travaux d’exploration pétrolière et gazière dans la partie terre-neuvienne du gisement situé à environ 80 km au large des Îles-de-la-Madeleine sont donc abandonnés.

Corridor Resources n’a jamais réussi à s’adjoindre un partenaire majeur pour financer l’exploitation du gisement. Des travaux réalisés démontraient que le gisement contiendrait du gaz plutôt que du pétrole, ce qui aurait un impact sur la rentabilité de l’exploitation du gisement.

Il s’agit d’une grande victoire pour la Coalition Saint-Laurent qui milite depuis une dizaine d’années pour l’imposition d’un moratoire global sur la recherche d’hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent.

Une plateforme de forage en mer

Corridor Resources n'a jamais lancé de forages, même si elle détient des permis depuis 1996. (archives)

Photo : Getty Images / Jonathan Nackstrand (AFP)

La pression populaire a joué un rôle central dans cette décision, croit la porte-parole de la Coalition Saint-Laurent et présidente d’Attention Frag’îles, Danielle Giroux. Je me plais à dire que nous avons été le caillou dans l’engrenage, dit celle qui rappelle que la mobilisation citoyenne était présente dans les cinq provinces du golfe.

Cette mobilisation, ajoute-t-elle, a rejoint autant les milieux scientifiques que les communautés côtières que les Premières Nations. On a participé à tous les processus de consultations publiques, on a critiqué les lois, on a discuté avec les politiciens. On est allés à Terre-Neuve. Clairement, ce qui est ressorti, c’est qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale, ce qui a amené la compagnie à refaire ses devoirs, à mieux les faire.

Sylvain Archambault, biologiste à la Société pour la nature et les parcs du Canada, et aussi porte-parole de la Coalition Saint-Laurent, les forages devaient être effectués près des côtes, selon ce qui était projeté, ce qui aurait pu compromettre les activités touristiques ou de pêche, en cas de déversement pétrolier. Les gens avaient peur partout autour du golfe, soutient M. Archambault.

Il reste encore des permis

Corridor Ressources possède encore deux permis d’exploration pour la partie québécoise du gisement. Ils sont suspendus depuis 1997. Québec et Ottawa pourraient s’entendre pour les réactiver et adopter deux projets de loi « miroir », permettant les forages dans cette partie du golfe.

Une entente fédérale-provinciale a été signée en 2011.

Deux projets de loi, un à Ottawa, l’autre à Québec, ont été déposés en 2015, mais n’ont jamais été adoptés avant l'élection du gouvernement Trudeau. C’est certain qu’on va faire des pressions auprès du gouvernement pour faire annuler ces deux licences, indique Sylvain Archambault.

Aucun projet de loi n’est toutefois à l’étude présentement.

Moratoire demandé

La Coalition Saint-Laurent souhaiterait l’imposition d’un moratoire complet sur l’exploration d’hydrocarbures dans le golfe, comme c’est le cas présentement dans l’estuaire.

Une plage sur l'île de Grande Entrée, dans l'archipel des îles de la Madeleine

Une plage sur l'île de Grande Entrée, dans l'archipel des îles de la Madeleine (archives)

Photo : ICI Radio-Canada/Isabelle Larose

Pour le groupe, ce moratoire, qui toucherait les cinq provinces du golfe, est la seule manière d’avoir une assurance de protection à long terme. Le golfe, c’est une petite mer intérieure, fait valoir Sylvain Archambault. Si jamais il y a un accident dans le golfe, c’est tout le monde qui va écoper. Tout forage pourrait avoir des impacts sur les autres, et les autres n’ont pas un mot à dire là-dessus.

Danielle Giroux abonde dans le même sens. On crie victoire, mais on ne va pas lâcher le combat tant qu’on n’atteindra pas notre objectif d’une réelle protection du golfe des projets d’hydrocarbures.

Même sans catastrophe ou déversement, d’éventuels forages amplifieraient les risques pour des espèces menacées comme la baleine noire, estime M. Archambault

Le golfe, rappelle-t-il, est un milieu fragile déjà malmené par le réchauffement climatique et l’acidification des eaux.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Industrie pétrolière