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Michel Cadotte obtient une libération conditionnelle

M. Cadotte parle au téléphone.

Michel Cadotte, le 28 mai 2019 au palais de justice de Montréal

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Stéphane Bordeleau

Après avoir essuyé un refus à l’automne 2019, l’homme de 58 ans emprisonné pour avoir mis fin aux jours de sa conjointe atteinte d’alzheimer en 2017 a obtenu lundi une libération conditionnelle.

Dans sa décision, la Commission des libérations conditionnelles explique que Michel Cadotte, qui a été condamné à deux ans moins un jour de prison en mai 2019 pour avoir étouffé sa conjointe gravement malade dans un CHSLD de Montréal, ne représente plus un danger pour la société et que le risque qu’il tue à nouveau est pratiquement inexistant.

La commission estime par ailleurs que Michel Cadotte a atteint ses objectifs de réhabilitation et que le fait de purger le reste de sa peine n’ajoutera rien à ce niveau.

Michel Cadotte aura cependant une période de probation de trois ans et devra accomplir 240 heures de travaux communautaires, en plus de se plier à une série d’autres conditions s’il veut rester en liberté.

Deuxième demande

Il s’agissait de la deuxième demande que Michel Cadotte présentait pour obtenir une libération conditionnelle depuis le début de son incarcération.

La première demande qu’il avait déposée en septembre 2019 avait été refusée par la Commission des libérations conditionnelles.

L’homme de 58 ans, qui s’occupait depuis de nombreuses années de sa compagne, Jocelyne Lizotte, 60 ans, qui était à un stade avancé de la maladie d’Alzheimer, a décidé en février 2017 de mettre un terme à ses souffrances en l’étouffant avec un oreiller dans la chambre du centre d'hébergement et de soins de longue durée Émilie-Gamelin, à Montréal, où elle demeurait.

Le visage de Jocelyne Lizotte

Jocelyne Lizotte était atteinte de la maladie d'Alzheimer à un stade avancé lorsque Michel Cadotte a mis fin à ses jours.

Photo : Radio-Canada

Mme Lizotte était atteinte de la maladie d’Alzheimer depuis 2008 et était hospitalisée depuis 2013. La nature de sa maladie faisait en sorte que l’aide médicale à mourir lui était refusée dans la mesure où elle n'était pas en mesure d'y consentir.

Après avoir mis fin aux jours de Mme Lizotte, Michel Cadotte avait prévenu lui-même le personnel de l’établissement du geste qu’il venait de commettre. Il avait également reconnu les faits devant les policiers venus l’arrêter, blâmant le manque de services, de soins et d’aide apportés à lui et sa conjointe.

Rappelons que la Couronne avait requis huit ans d’emprisonnement en soulignant que causer illégalement la mort d’un être humain constitue un acte répréhensible qui doit être sanctionné.

La juge Hélène Di Salvo en avait décidé autrement.

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