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Une application utilisée par la police peut identifier les gens à partir d’une seule photo

Des personnes dans la foule d'un concert avec des carrés sur leur visage. Simulation d'un système de reconnaissance faciale.

La technologie de reconnaissance faciale de Clearview est utilisée par plus de 600 services policiers, dont certains sont canadiens, selon l'entreprise.

Photo : Twitter / Fight for the Future

Radio-Canada

Une enquête du New York Times lève le voile sur Clearview, une entreprise en démarrage qui a développé dans le plus grand des secrets une application de reconnaissance faciale qui peut identifier les gens à partir d’une seule photo de leur visage. Utilisée par plus de 600 services policiers, Clearview pourrait « mettre fin à la vie privée telle que nous la connaissons », selon le quotidien. 

C’est que la base de données de l’application renferme plus de 3 milliards de photos de personnes puisées de Facebook, YouTube, Venmo et des millions d’autres sites web. Se servir de ces images de cette manière irait à l’encontre des politiques d’utilisation de la plupart de ces services. Le fondateur de l’entreprise dit que Facebook est au courant de ses pratiques.

Clearview fonctionne exactement comme vous vous l'imaginez. Il suffit de téléverser une photo de la personne que vous désirez identifier, et l’application vous montre toutes les images publiques de la personne en question, en plus des sources de chacun des clichés. Selon l’entreprise, l’application a un taux d’efficacité de 75 %, et fonctionne même si le visage est obstrué ou capté sous un angle qui n'est pas optimal.

L’entreprise explique que les forces de l’ordre fédérales américaines, dont le FBI et le département de la Sécurité intérieure, se servent de son application. Des services de police canadiens en feraient également usage. Clearview ne spécifie toutefois pas quels sont les corps policiers canadiens qui utilisent son application.

Questionnée par Radio-Canada, la Sûreté du Québec a confirmé ne pas avoir recours à Clearview. La Gendarmerie royale du Canada a refusé de commenter, expliquant qu’elle ne faisait aucun commentaire sur des outils ou techniques d'enquête spécifiques.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) dit pour sa part ne pas pouvoir confirmer ou infirmer que le SPVM utilise une quelconque technologie de reconnaissance faciale, rappelant au passage qu'il s’assure toujours de mener ses opérations et ses enquêtes en respectant les lois en vigueur.

Clearview affirme avoir aidé les autorités à identifier des prédateurs sexuels, des gens impliqués dans des histoires de vol d’identité et même une personne trouvée morte sur un trottoir.

Même si sa technologie de reconnaissance faciale existe depuis la fin de 2017, Clearview est restée invisible au public jusqu’en décembre 2019, quand la police floridienne a révélé s’être servie de cette application pour identifier une voleuse à l’étalage.

Réglementation

Cette enquête paraît alors que la Commission européenne doit faire des propositions, le 19 février prochain, pour développer une approche réglementaire sur l’IA dans l’Union européenne. Elle pourrait alors bannir la reconnaissance faciale de l’espace public pour une période de cinq ans.

Plusieurs villes américaines, dont San Francisco, Oakland, Sommerville et Brookline ont d’ailleurs banni la reconnaissance faciale dans la dernière année.

L'organisme de défense de la vie privée Fight for the Future a réagi à l’enquête du New York Times en réclamant une interdiction totale de la reconnaissance faciale propulsée par l’intelligence artificielle. Cette position a aussi été adoptée par d’autres groupes de défense des droits de la personne comme Demand Progress et l’Union américaine pour les libertés civiles.

Avec les informations de The New York Times

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