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McGill défend son refus de retirer les hydrocarbures de ses portefeuilles

Des flammes brûlent au sommet de deux cheminées, dans une raffinerie de pétrole.

Le désinvestissement des hydrocarbures constitue un « geste symbolique », selon Suzanne Fortier.

Photo : iStock

La Presse canadienne

La principale de McGill défend l'engagement de l'université montréalaise à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, à la suite de la démission d'un professeur pour protester contre le refus de l'institution de « sortir du pétrole ».

Suzanne Fortier estime que la réduction de son empreinte carbone globale sera finalement plus efficace que le geste symbolique de retirer les hydrocarbures de son portefeuille d'investissements.

Nous travaillons avec un plan très concret pour réduire nos émissions de carbone et nous examinons chacun de nos investissements pour voir où nous pouvons atteindre un niveau d'émission de carbone plus faible dans notre portefeuille, et nous assurer que nous pouvons respecter les objectifs et les échéanciers, a déclaré Mme Fortier en entrevue téléphonique.

Le conseil des gouverneurs de McGill s'est prononcé le 5 décembre contre ce désinvestissement, alors que le sénat de l'université et plusieurs associations étudiantes réclamaient une telle mesure. Gregory Mikkelson, un professeur de philosophie spécialisé en éthique environnementale, a alors décidé de démissionner.

Gregory Mikkelson

Gregory Mikkelson a enseigné la philosophie et l'écologie à McGill pendant 18 ans.

Photo : Radio-Canada / CBC/Ainslie MacLellan

Dans une entrevue, M. Mikkelson explique que ce troisième refus du conseil d'administration en sept ans non seulement est discutable moralement, mais il sape aussi le travail des universitaires et des chercheurs qui ont longtemps sonné l'alarme sur les risques du changement climatique.

M. Mikkelson estime également que la décision de McGill est particulièrement flagrante aujourd'hui, étant donné que le sénat ainsi que toutes les organisations de professeurs, d'étudiants et de personnel qui ont examiné la question ont voté en faveur du désinvestissement.

Mme Fortier, quant à elle, plaide que les combustibles fossiles ne représentent qu'à peu près 2 % du portefeuille de l'université, soit environ 32 millions de dollars, et qu'une décision de se retirer serait donc essentiellement symbolique.

La vice-chancelière soutient par ailleurs qu'un désinvestissement pourrait être financièrement délicat, car il impliquerait de se retirer de tous les fonds qui n'interdisent pas explicitement les investissements dans les combustibles fossiles, même s'ils n'en détiennent pas actuellement.

La principale de McGill soutient que la réduction des émissions de gaz à effet de serre est un problème complexe qui nécessitera une réévaluation globale de la façon dont les gens se déplacent, se nourrissent et achètent des marchandises.

Nous essayons de trouver des solutions concrètes; les gestes symboliques, nous laisserons cela aux autres.

Suzanne Fortier, principale de McGill

Accentuer la pression

Plusieurs autres universités canadiennes, dont l'Université Concordia, l'Université Laval ou l'Université de la Colombie-Britannique, ont récemment décidé de désinvestir dans les combustibles fossiles.

Audrey Nelles, une organisatrice de Divest McGill, salue la position de l'Université de réduire son empreinte carbone, mais elle estime que cette décision devrait être jumelée à un désinvestissement. L'étudiante de première année soutient que son groupe prévoit de renforcer ses moyens de pression – des militants de Divest McGill ont déjà occupé le bureau de la principale et organisé des sit-in à l'extérieur des bâtiments administratifs.

Quant à M. Mikkelson, il croit que sa démission a déjà servi à sensibiliser la population à la cause environnementale, à en juger par l'attention des médias dont il bénéficie depuis sa démission. Mon téléphone ne dérougit pas, dit-il.

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