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Un peu plus d'enthousiasme pour le transport collectif dans la région de Montréal

Des gens attendent le métro.

La part du transport collectif a continué de croître depuis cinq ans, alors que les déplacements en voiture ont diminué.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Hugo Prévost

L'engouement pour le transport collectif ne se dément pas dans la grande région montréalaise. Ce mode de déplacement a enregistré une croissance de 4 % entre 2013 et 2018, révèle la plus récente enquête Origine-Destination de l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM).

L'ARTM a en effet de quoi se réjouir, car non seulement sa grande enquête révèle que le transport collectif continue de gagner des adhérents, avec 417 000 usagers (soit un accroissement de 4 %), mais les déplacements en voiture ont également enregistré un léger recul.

Selon les données rendues publiques mardi, on note ainsi une diminution de 1 % du nombre de personnes n'utilisant que l'auto et la moto durant l'heure de pointe du matin, soit la période sur laquelle porte principalement le rapport. Il y a ainsi 15 000 automobiles de moins sur les routes à l'heure de pointe le matin qu'en 2013.

Si les données sont encourageantes, comme le souligne d'emblée le nouveau directeur général de l'ARTM, Benoît Gendron, il y a cependant encore loin de la coupe aux lèvres.

Le transport collectif progresse, oui, mais près de 70 % des déplacements de l'heure de pointe matinale sont toujours effectués en voiture seulement.

Cette réalité est tout autre lorsqu'il est question de se rendre au centre-ville de Montréal : près des trois quarts de ces déplacements s'effectuent en transport collectif.

Parallèlement à cet état de fait, on note une augmentation de 12 % des déplacements à destination des couronnes nord et sud de l'île de Montréal. Ce sont ainsi des gens qui vont travailler dans des villes où l'offre de transport collectif est parfois inadéquate, y compris en étant conçue uniquement pour se rendre et revenir de Montréal, ou n'existe carrément pas.

Il faut plus d'investissements, dit exo

Des investissements sont nécessaires pour qu'exo développe une offre de transport collectif plus diversifiée dans les couronnes pour contrer l'attrait de l'auto solo et son impact sur les changements climatiques, affirme Sylvain Yelle, directeur général de la société de transports exo.

À ses yeux, la croissance de 12 % des déplacements pour le travail dans les couronnes nord et sud confirme le besoin de mieux développer l'offre de transport collectif locale et entre les différents secteurs.

Une légère hausse du transport en commun

Une période faste à venir

Ces imperfections des différents réseaux de transport sous l'égide de l'ARTM n'empêchent pas son directeur général d'être optimiste.

Nous sommes très contents par rapport à la période vers laquelle nous nous dirigeons en matière d'investissements dans les transports collectifs, affirme M. Gendron en entrevue.

Ce sera une période faste [...]; nous allons lancer notre plan stratégique, une refonte tarifaire; on a également la révision de la politique de financement.

Le directeur général de l'ARTM reconnaît d'ailleurs que la croissance de la popularité du transport collectif est moindre que celle constatée à l'issue des deux précédentes enquêtes Origine-Destination. Ce qui est intéressant, dit-il, c'est que le nombre de déplacements en autobus, train et métro a crû par rapport au nombre total de déplacements, ce que M. Gendron appelle la « part modale ».

Cette augmentation-là, nous n'avions pas vu cela depuis 2008, ajoute-t-il, alors qu'une forte hausse du prix de l'essence avait quelque peu faussé les données.

Autobus de la STM.

Les 20 à 44 ans utilisent davantage les transports collectifs que les autres tranches de la population du Grand Montréal.

Photo : Radio-Canada

L'espoir de la jeunesse

Nous sommes en train de faire un certain virage, poursuit M. Gendron.

À preuve, souligne-t-il, les jeunes adultes sont beaucoup plus nombreux qu'autrefois à utiliser le transport collectif pour se déplacer. Ainsi, les 20 à 44 ans n'ont beau représenter que 35 % de la population de la grande région de Montréal, ils comptent pour 52 % de la clientèle du transport collectif, dont 59 % en métro, 48 % en bus et 53 % en train.

Avant, les jeunes prenaient le transport collectif pour aller aux études, puis dès qu'ils entraient sur le marché du travail, ils s'achetaient une automobile. Ce que nous constatons, maintenant, c'est qu'ils restent dans le transport collectif.

Benoît Gendron, directeur général de l'ARTM

Celui-ci souligne aussi que les prochaines années verront le parachèvement du grand chantier de train du Réseau express métropolitain (REM), qui devrait entraîner une forte augmentation de la fréquentation des transports collectifs.

Déjà, indique le directeur général de l'ARTM, l'arrivée progressive des trains Azur, dans le métro de Montréal, a permis d'augmenter l'offre de transport du réseau souterrain de l'ordre de 10 % à 15 %.

Aussitôt que nous augmentons l'offre de transport sur les réseaux structurants [les lignes de train et de métro, NDLR], nous arrivons à capacité.

Un ouvrier sur le chantier de la Rive-Sud du REM.

Lors de sa mise en service, le REM devrait entraîner une importante hausse de l'achalandage du réseau de transport collectif de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Un réseau saturé

Cet intérêt marqué pour le train et le métro, notamment, vient avec son lot d'inconvénients dans la région de Montréal. Nombreux sont les utilisateurs des réseaux qui se plaignent de la congestion. Sur les réseaux sociaux, les photos pullulent de la station de métro Berri-UQAM, au centre-ville de Montréal, qui est bondée à l'heure de pointe.

Cela explique d'ailleurs pourquoi la mairesse de Montréal, Valérie Plante, avait fait campagne pour se faire élire en promettant une nouvelle ligne de métro. Celle-ci viendrait désengorger la ligne orange qui représente la colonne vertébrale du réseau. Depuis, ses demandes répétées pour faire avancer le projet n'ont pas entièrement abouti du côté du gouvernement Legault. Au fédéral, la réélection des libéraux pourrait être de bon augure pour Montréal, mais il faudra attendre le budget, en mars, pour obtenir plus de précisions.

Benoît Gendron le reconnaît : Le financement, c'est le nerf de la guerre. Surtout lorsqu'il est question d'offrir des services aux municipalités éloignées, où se perpétue le phénomène de l'étalement urbain. Comment peut-on contrer cette mouvance vers les couronnes, où la population a gonflé de 50 %, voire 100 % depuis 20 ans?

C'est la question à 100 $!, s'esclaffe M. Gendron. Nous sommes en discussion avec la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) à propos de l'étalement urbain, justement pour développer une stratégie, de concert avec le gouvernement, pour disposer d'ententes avec les municipalités régionales de comté [MRC] et que l'on mette en place des réseaux de transport collectif, le tout à condition que le développement urbain y soit densifié.

L'ARTM doit d'ailleurs agir rapidement pour continuer d'inciter les habitants de la grande région de Montréal à délaisser la voiture : la CMM lui a fixé un objectif ambitieux, selon lequel les transports collectifs représenteront 35 % des déplacements d'ici 2031, soit 11 points de pourcentage de plus qu'à l'heure actuelle.

Ce sera un défi en soi, mentionne M. Gendron. Il va falloir que la croissance de l'offre de service soit au rendez-vous. Tout comme les investissements de la part des différents ordres de gouvernement.

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