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« Il s'agit de la palissade de Beaucours », maintient l'équipe d'archéologues

Un chercheur en uniforme se tient debout devant un morceau de bois.

Un processus délicat de conservation des billots découverts en 2018 est entrepris pour préserver les vestiges.

Photo : Courtoisie ministère de la Culture et des Communications

Sébastien Tanguay
Mis à jour le 

L’équipe d'archéologues qui a mis au jour les vestiges trouvés il y a deux ans dans le Vieux-Québec maintient sa conclusion : les fondations de la palissade de Beaucours ont bel et bien été exhumées, même si des chercheurs de l’Université Laval prétendent le contraire.

Une guerre d'interprétations entre deux expertises se dessine dans ce dossier qui ne semblait laisser place à aucun doute au moment de son annonce publique, en novembre 2018.

D'une part, la firme Ruralys, responsable des fouilles, réitère sa conclusion, soit que les vestiges appartiennent au rempart palissadé.

La palissade de la discorde

Les analyses, sur un site archéologique, se basent sur un ensemble de données, précise Dominique Lalande, directrice générale de la firme Ruralys. Des données sur le terrain, la position des sols, les artéfacts et les vestiges... Les analyses spécialisées sont complémentaires : il s’agit d’un élément parmi tant d’autres.

L’équipe d'archéologues admet cependant que les résultats fournis par un laboratoire de l’Université Laval en novembre dernier l’ont surprise. L’analyse dendrochronologique datait deux échantillons prélevés sur la structure retrouvée de 1751 et de 1775, soit un écart de 58 et 82 ans par rapport à la palissade installée en 1693.

Martin Simard, auteur du rapport produit par l'Université Laval, maintient que ses conclusions sont les bonnes. Rarement des résultats obtenus dans son laboratoire n’ont été aussi concluants, affirmait-il lundi matin au micro de Première heure.

Nos probabilités sont exceptionnelles, a-t-il souligné.

Contre-expertise

À la réception de ces résultats, l’équipe de Ruralys a commandé une contre-expertise auprès d’un laboratoire de Miami. Utilisant la technique de datation radiocarbone, ou carbone-14, les analystes floridiens concluent que l’échantillon analysé provient à plus de 95 % d’une période variant de 1470 à 1640, à un écart de plus ou moins 30 ans.

Avec les informations dont nous disposons, nous continuons de croire qu’il s’agit des remparts palissadés de Beaucours. Toutes les données vont dans ce sens-là.

Dominique Lalande, directrice générale de la firme Ruralys

Cette contre-expertise, soutient la firme Ruralys, positionne nettement ce vestige au 17e siècle, vers 1640-1670, selon le document, ce qui est un peu trop récent par rapport à 1693, mais tout de même acceptable pour ce type de datation.

Dominique Lalande admet toutefois que si un rapport de datation ne suffit pas à infirmer une hypothèse, un autre rapport de datation ne suffit pas à la confirmer non plus.

En recherche, il y a de la nuance; la science, ce n’est pas exact à 100 %, nuance la directrice générale de Ruralys. Il y a des zones d’ombre, mais pour l’instant, nous sommes confortables avec notre interprétation. Ce n’est pas un élément d’une analyse qui va invalider nos conclusions, même si, oui, cette analyse nous a ébranlés.

Pour l’instant, nous maintenons, et nous verrons quand il y aura d’autres recherches qui viendront préciser ou infirmer.

Dominique Lalande, directrice générale de la firme Ruralys

L’annonce que la palissade ne serait ni une palissade ni datée de 1693 aurait été faite sans le contexte nécessaire, selon Dominique Lalande. Elle peine à expliquer les conclusions de l'Université Laval.

Annonce publique

L’annonce que les vestiges découverts en 2018 constituaient les fondations du rempart palissadé de Beaucours a eu lieu publiquement le 6 novembre 2018.

À l’époque, le premier ministre et le maire de Québec, François Legault et Régis Labeaume, affichaient la certitude qu’il s’agissait des vestiges de 1693.

Dominique Lalande précise qu'à ce moment, bien que les fouilles aient été entreprises quelques semaines avant l'annonce, il n’existait ni rapport de fouilles ni datation dendrochronologique ou radiocarbone pour confirmer l'authenticité de la découverte.

Contacté par Radio-Canada, le ministère de la Culture indique qu'un large consensus était déjà en place au moment de l'annonce.

« À l'époque, Ruralys avait réalisé certains travaux, un historien avait été consulté, des archéologues de Parcs Canada étaient catégoriques : tout le monde était unanime concernant la nature des vestiges découverts », explique le ministère.

Interrogé sur le sujet, le maire de Québec, Régis Labeaume, a fait état d'un débat qui est en cours.

« On pensait que c'était exceptionnel, historique : à ce que je lis, visiblement, il y a un débat à conclure. »

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