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L'Alberta change son modèle de financement universitaire

Le ministre de l'Enseignement supérieur Demetrios Nicolaides en conférence

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Demetrios Nicolaides, défend la nouvelle formule de financement.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le gouvernement de l'Alberta annonce un changement dans le financement des études postsecondaires qui sera dorénavant basé sur un modèle de performance effectif à compter du 1er avril 2020 ainsi que la mise en place d’une convention de gestion de placement sur trois ans.

Le gouvernement affirme que ce système de financement n'est pas nouveau dans les études postsecondaires puisque plusieurs pays et une trentaine d'États américains utilisent ce même système depuis 10 ans. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Demetrios Nicolaides, justifie cette décision par la situation économique actuelle.

Le nouveau modèle sera non-compétitif, c’est-à-dire que les universités n'auront pas à se faire concurrence en vue d’obtenir du financement, mais elles devront améliorer leur propre performance.

Les institutions ne se feront pas concurrence pour l'argent des contribuables

Demetrios Nicolaides, ministre de l'Enseignement supérieur.

Une vingtaine d’indicateurs seront employés pour mesurer la performance des universités, dont le taux de réussite et de diplomation d'un programme.

Mais les étudiants et les établissements universitaires pourront à leur tour déterminer leurs propres critères d’évaluation de performance qui pourront fluctuer d’une université à l’autre.

Tandis que certaines voix s'élèvent déjà pour dénoncer une attaque contre les écoles qui se concentrent sur les arts libéraux et les sciences humaines, le ministre de l'Enseignement supérieur se veut rassurant : « Les apprenants ont des besoins différents et des demandes différentes. Parce que nous avons créé un système dans lequel nous pouvons développer individuellement des objectifs et conclure des accords individuels, je pense que cela ne désavantagera aucune de nos institutions. »

Chaque établissement pourra établir ses propres priorités, ainsi que certains objectifs.

Demetrios Nicolaides, ministre de l'Enseignement supérieur.

Selon lui, la priorité absolue de l'Université de Calgary, par exemple, serait probablement différente de la priorité absolue de la Faculté des arts de l’Université de l'Alberta.

Date limite du 1er avril

Une fois les mesures établies, si par exemple, une université n'atteint que 90 % de ses objectifs, elle ne recevra que 90 % de son financement provincial.

Ces accords de financement seront en place pour des intervalles de trois ans plutôt que pour des renouvellements annuels.

« Changer de cap chaque année ne donne pas à nos institutions la flexibilité et la liberté dont elles ont besoin pour améliorer et atteindre leurs objectifs », explique M. Nicolaides.

La part du financement provincial lié au rendement commencera à 15 % pour la prochaine année scolaire. Il atteindra un maximum de 40 % d'ici 2023.

L’avis des étudiants 

Sadiya Nazir, présidente du Conseil des étudiants universitaires de l'Alberta, qui représente les étudiants des établissements albertains, a déclaré qu'elle était prudemment optimiste, mais qu’elle exige davantage d'informations.

« Toutes ces mesures doivent assurer aux étudiants qui travaillent à temps partiel ou qui ont des familles qu'ils ne seront pas négativement affectés », prévient-elle.

L’autre grande préoccupation de son organisation concerne la transparence.  Elle souhaite la garantie que le public aura accès aux raisons pour lesquelles les mesures ont été choisies, mais aussi l’incidence qu’elles auront sur les étudiants.

Adam Brown, vice-président externe de l'Union étudiante de l'Université de l'Alberta reste prudent également.

« Les étudiants vont déjà payer plus, ils vont avoir quoi comme bénéfices? », s’interroge-t-il. 

Garrett Koehler, du Conseil exécutif des étudiants de l'Alberta, qui représente les étudiants des collèges de l'Alberta, a déclaré que son organisation était ravie des changements : « Je pense que cela forcera les institutions et l'administration à réfléchir un peu plus attentivement à quoi ils dépensent leur argent. »

Ces mesures permettront aux étudiants, aux institutions et aux contribuables d'économiser de l'argent.

Garrett Koehler, du Conseil exécutif des étudiants de l'Alberta

Réponse de l'opposition

Le Nouveau Parti démocratique a déclaré que ces mesures forceraient les établissements postsecondaires à suivre des mesures supplémentaires.

« Le PCU, en matière d'enseignement supérieur, c’est l'augmentation des frais de scolarité, l'élimination des crédits d'impôt pour études et frais de scolarité, l'augmentation des intérêts sur les prêts étudiants et la réduction des subventions pour les universités et les collèges, le tout pour payer les 4,7 milliards de dollars de ce gouvernement », a déclaré la députée Sarah Hoffman dans un communiqué.

« Le ministre Nicolaides devrait plutôt se concentrer sur la suppression des coupes dévastatrices qu'ils ont déjà imposées », écrit le communiqué.

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