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Le drapeau franco-ontarien vert et blanc

C’est le 20 janvier 1910 qu’est né l’AFÉO, l’ancêtre de l’AFO.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

De l’eau a coulé sous les ponts depuis les tout premiers balbutiements de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario.

L’organisme provincial ne s’est pas toujours nommé ainsi et, au fil des ans, sa mission et sa raison d’être ont changé.

Créée lors d’un grand congrès du 18 au 20 janvier 1910, et devant 1200 délégués, c’est d’abord sous le nom d'Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario (ACFÉO), qu’elle voit le jour.

À l’époque, c’était pour réclamer du gouvernement que le français soit reconnu comme langue officielle en éducation élémentaire et secondaire, de même qu’à l’école normale, où les enseignants étaient formés.

Photo d’époque dans laquelle des élèves manifestent contre le Règlement 17 à Ottawa.

Des élèves manifestent contre le Règlement 17 à Ottawa.

Photo : Centre de recherche en civilisation canadienne-française (CRCCF)

Mais déjà, avant même sa fondation, l’ACFÉO tirait ses racines d’un congrès de Canadiens français à Windsor qui avait eu lieu en 1883.

Il y a eu un premier regroupement de francophones, et même à cette époque, la question scolaire préoccupe beaucoup les gens, explique Paul-François Sylvestre, auteur d’un livre sur le centenaire de l’AFO. En disant [le gouvernement] que l’anglais est la langue d’éducation dans toutes les écoles, l’ACFÉO devient donc très active lors du Règlement 17, qui interdisait l’enseignement du français dans les écoles ontariennes.

Elle a aussi été très présente auprès des quintuplées Dionne, puisque leurs parents ont obtenu son aide pour assurer une éducation française et catholique à ces pupilles de l’État. Le défunt professeur Gaëtan Gervais, cofondateur du drapeau franco-ontarien, en parle dans un livre consacré aux quintuplées.

En 1969, l’ACFÉO devient l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO).

Le gouvernement Robarts, à l’époque, avait fait adopter des lois qui créeraient spécifiquement des écoles de langue française, explique M. Sylvestre. Comme la question scolaire était moins préoccupante, l’ACFÉO laisse tomber Éducation dans son acronyme.

Les quintuplées Dionne en 1937.

Détail d’une photo des jumelles Dionne prise par N. E. A. Service inc. (1937)

Photo : Domaine public

Le premier président de l’ACFO, Roger N. Séguin, est davantage préoccupé par les questions économiques et culturelles pour les Franco-Ontariens.

Nous sommes à l’aube de la maison d’édition Prise de parole, dit-il. L’ACFO est désormais là pour tous les secteurs.

M. Sylvestre souligne que ce sont les crises qui mobilisent.

Il cite entre autres SOS Montfort de 1997 à 2001 et, plus récemment, le jeudi noir de 2018, le durcissement de ton de Doug Ford envers la francophonie.

En 2018, l’AFO est rapidement devenue un interlocuteur crédible et un point de rencontre pour ceux qui voulaient réagir, dit Martin Normand, politologue et spécialiste des enjeux francophones à l’Université d’Ottawa.

Une foule est rassemblée dans des gradins.

Foule en liesse au grand rassemblement du 22 mars 1997 pour la survie de l’hôpital Montfort à Ottawa, que le gouvernement Harris voulait transformer en centre ambulatoire.

Photo : Radio-Canada

En 2006, l’ACFO se redéfinit et devient l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

L’organisme a alors été complètement revu, dit le professeur Normand.

L’AFO est née de la fusion de l’ACFO provinciale et de la Direction Entente Canada communauté — Ontario (DECCO).

Évolution de l’AFO :

  • Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario (ACFÉO) — de 1910 à 1969
  • Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) — de 1969 à 2004
  • Assemblée des communautés franco-ontariennes (ACFO) — de 2004 à 2006
  • Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO)— de 2006 à nos jours

Représentation

Au fil des ans, il a été reproché à l’AFO de ne pas être représentative de l’ensemble de la francophonie en Ontario.

Il y a de grands différends idéologiques, politiques au sein de la communauté franco-ontarienne, donc elle (AFO) ne peut porter la voix individuelle de toutes les opinions qui ont cours dans la francophonie ontarienne, explique M. Normand.

Parmi ces groupes, on compte les minorités ethniques et culturelles qui réclament une plus grande place au sein de l’organisme.

Il ajoute que l’AFO doit demeurer réactive et à l’écoute de tous les groupes et de leurs critiques.

Un homme en chemise blanche qui marche devant des manifestants.

À la suite de coupes dans les services en français, la communauté francophone aux quatre coins de la province s’est mobilisée en participant à « La Résistance », avec le président de l’AFO, Carol Jolin.

Photo : Radio-Canada

Faire revivre l’histoire

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario entend souligner ses 110 ans en 2020 en publiant pendant l’année des articles historiques sur des événements qui ont marqué son organisation.

Des célébrations seront aussi organisées dans différentes villes ainsi qu'un congrès à Ottawa autour du thème : « Agir pour l’avenir ».

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