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Le défi de parler des arts visuels : le point de vue de deux Gaspésiens

Un monument pour Mary Ann de Jean-Robert Drouillard (Québec).

Un monument pour Mary Ann de Jean-Robert Drouillard dans le Vieux-Québec (archives)

Photo : Radio-Canada / Alice Chiche

Brigitte Dubé

La semaine dernière, l’artiste visuel Benjamin J. Allard lançait une pétition pour réclamer une meilleure représentation des arts visuels à Radio-Canada. Bien conscients du problème, le sculpteur Jean-Robert Drouillard et la consultante numérique Édith Jolicœur, deux Gaspésiens, estiment qu’un travail de vulgarisation pourrait remédier à la situation, du moins en partie.

Au moment de publier ces lignes, la pétition avait recueilli plus de 8960 signatures sur un objectif de 10 000.

On peut y lire, notamment : Les artistes invité·e·s aux émissions de la chaîne ne représentent en rien la diversité et la richesse des artistes visuels du Québec. Il·le·s (sic) font soit partie d’un boys club très sélect. Les rares chroniques qui traitent de ce sujet témoignent généralement d’un manque d’inspiration et de connaissances par rapport à ce milieu.

D’autres formes d’art privilégiées, mais plus accessibles

Une oeuvre représentant des adolescents portant des chandails d'équipe sportive peut maintenant être vue devant le stade olympique de Montréal. Les adolescents se tiennent bien droits, positionnés en hauteur sur des colonnes grises.

Oeuvre d'art public réalisée par l'artiste Jean-Robert Drouillard.

Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

Il y a des artistes québécois qui exposent à l’international et dont on n’entend jamais parler, déplore le sculpteur gaspésien Jean-Robert Drouillard. Et si l’humoriste Stéphane Rousseau expose, tout le monde en parle.

Par contre, il reconnaît que d’autres formes d’art comme la chanson ou le cinéma sont plus accessibles pour le public en général et les chroniqueurs.

Les gens ont peur de rentrer dans une galerie d’art. Ils ont peur de se sentir niaiseux.

Jean-Robert Drouillard, sculpteur gaspésien

C’est sûr qu’il y a quelque chose d’hermétique dans le monde des arts visuels, admet-il. Selon lui, les artistes visuels en général sont peu portés sur les compromis.

Souvent, on est seuls face à nous-mêmes dans notre atelier. Le discours autour de notre travail, c’est pas notre force.

Jean-Robert Drouillard, sculpteur gaspésien

Il croit qu’un travail de vulgarisation est nécessaire. Il faudrait qu’on commence par inviter les bonnes personnes pour en parler, des historiens ou des professeurs d’art, dit-il.

Le sculpteur fait un parallèle avec la poésie, moins accessible, mais qui a gagné, selon lui, une certaine popularité grâce à l’émission de radio Plus on est de fous, plus on lit. On comprend mieux la littérature et il commence à se passer quelque chose avec la poésie, estime-t-il.

Pas toujours facile de décrire leur travail en mots

Édith Jolicoeur

Édith Jolicoeur

Photo : MagBag - Magali Deslauriers

L’ancienne artiste professionnelle, aujourd’hui consultante numérique, Édith Jolicœur observe aussi que les artistes ne sont pas tous très à l’aise de décrire leur travail en mots. Également, ils n’ont pas tous des relationnistes de presse.

Comme Jean-Robert Drouillard, elle estime qu’un travail de vulgarisation serait nécessaire. Si les artistes n’ont pas déjà vulgarisé leur art, comment on veut que les animateurs en parlent s’ils n’ont pas de mots?, demande-t-elle.

Les artistes ont aussi une responsabilité, un petit travail de description à faire qui n’est pas toujours là. Ça peut être difficile pour les chroniqueurs de faire une entrevue en arts visuels.

Édith Jolicœur, ancienne artiste professionnelle

Toutefois, nuance-t-elle, certains ne souhaitent pas faire de médiation. Pour eux, ça enlève une partie de leur rigueur. Ça leur appartient et on doit les respecter, mais ça peut expliquer en partie le manque de représentation.

Par ailleurs, Édith Jolicœur ajoute que la façon dont une oeuvre est expliquée peut parfois être rebutante.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Arts visuels