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La grève s'essouffle en France, mais ce pourrait n'être que momentané

« Le gouvernement n'en a pas fini avec ce mouvement social », avertit un expert.

Deux hommes portent des fusées de détresse allumées, qui dégagent beaucoup de fumée.

Malgré un certain ralentissement de la grève, des manifestants ont marché lundi dans les rues de Versailles pour protester contre la réforme des régimes de retraite.

Photo : Getty Images / AFP / Philippe Lopez

Agence France-Presse

La grève contre la réforme des retraites en France s'essouffle, mais des opposants s'essaient à de nouvelles formes d'action, plus ciblées et parfois plus radicales.

Lundi, au 47e jour de la mobilisation, la grève dans les transports publics semblait être à bout de souffle : le trafic était quasiment normal sur les rails et 11 lignes sur 16 dans le métro parisien affichaient un service complet. Le contraste était grand avec ces dernières semaines, où les transports publics étaient largement paralysés dans la région parisienne.

Le gros de la vague de mobilisation traditionnelle, par la voie des manifestations et des grèves reconductibles, est en train de refluer progressivement.

Stéphane Sirot, historien des mouvements sociaux

Pour autant, le mécontentement reste aussi vif, ce qui conduit les opposants à trouver d'autres modalités d'action, poursuit M. Sirot.

De fait, les salariés ont encore de l'imagination pour montrer leur mécontentement, observait le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, dans une interview publiée dimanche par le quotidien Le Parisien.

Des avocats, qui eux poursuivent leur grève, ont jeté à terre, symboliquement, leurs robes noires; des enseignants ont fait de même avec leurs manuels scolaires; des musiciens grévistes de l'Opéra de Paris ont donné un concert gratuit en plein air...

Des dizaines de musiciens lèvent leurs instruments devant une foule; derrière eux, une bannière indique : « Opéra de Paris en grève ».

Des musiciens de l'Opéra de Paris ont exprimé leur mécontentement en se produisant gratuitement en plein air.

Photo : Reuters / Charles Platiau

Des poussées de violence

Ces derniers jours, la contestation a aussi pris des formes plus radicales. Vendredi, à Paris, des militants se sont introduits au siège de la CFDT, un syndicat réformiste qui a récemment accepté un compromis avec le gouvernement.

La réforme, qui fait partie de la volonté du président Emmanuel Macron de transformer la France, vise à abolir les régimes spéciaux des retraites, qui permettent notamment aux cheminots de partir plus tôt à la retraite.

La CFDT va porter plainte lundi matin, a annoncé le chef de file du syndicat, Laurent Berger, dénonçant violence, insultes et crachats sur des salariés.

Ces violences sont une honte pour notre démocratie, a réagi vendredi soir Emmanuel Macron.

Le même jour, des opposants ont tenté de pénétrer dans un théâtre parisien où M. Macron passait la soirée. Le président et son épouse ont dû être sécurisés pendant quelques minutes.

Une enquête a par ailleurs été ouverte après un départ de feu vraisemblablement criminel dans une brasserie emblématique de Paris, La Rotonde, prisée du président qui y avait fêté sa qualification pour le second tour de la présidentielle en 2017.

Le lien entre le départ de feu et l'opposition à M. Macron n'a pas été établi même si a été retrouvé à proximité de la brasserie un gilet jaune, emblème de ces Français qui manifestent depuis plus d'un an, parfois violemment, contre la politique fiscale et sociale du président.

Fin de conflit et poussée de violences, titre lundi le quotidien Le Figaro.

« Musée du Louvre en grève », est-il écrit sur une banderole tenue par des manifestants devant la pyramide de verre de l'endroit.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des manifestants bloquaient l'entrée du Louvre, il y a quelques jours.

Photo : Reuters / Gonzalo Fuentes

Non, ce n’est pas fini

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a estimé lundi que l'intimidation et la menace n'ont pas leur place dans une démocratie.

Nous condamnons toute forme de violence, a commenté dimanche Philippe Martinez.

Ce sont des actions d'interpellation dynamiques et fortes, mais pour moi le terme "violence" ne s'applique pas.

Éric Beynel, porte-parole de l'Union syndicale Solidaires

On ne peut pas parler de radicalisation. C'est inadapté et déplacé, estime également Stéphane Sirot. L'historien souligne cependant que face à un pouvoir politique qui joue le pourrissement, on voit surgir des formes d'intervention plus spontanées, dynamiques, moins contrôlables qui donc peuvent déraper, d'autant plus qu'elles ne sont pas encadrées stricto sensu par les syndicats.

Les formes d'action plus classiques, comme les grèves, n'ont cependant pas dit leur dernier mot.

Le métro parisien avait certes retrouvé lundi un trafic quasi normal, mais c'est parce que les conducteurs souhaitaient reprendre des forces avant la prochaine mobilisation prévue vendredi, jour où sera présenté le projet de réforme en conseil des ministres, a souligné l'Unsa, syndicat majoritaire dans le métro parisien.

À la SNCF (opérateur du rail), la grève est loin d'être finie, a indiqué dimanche Cédric Robert, porte-parole de la CGT-Cheminots, qui annonce un retour significatif des grévistes pour vendredi.

Pour Stéphane Sirot, le gouvernement n'en a pas fini avec ce mouvement social.

Quelques hommes manifestent devant un bureau de la SNCF.

La Société nationale des chemins de fer français à un retour en force des grévistes vendredi.

Photo : Reuters / Gonzalo Fuentes

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