•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des assurances refusées à des centres de tri québécois jugés à risque

Ballots de matières recyclables au centre de tri de Longueuil

Les primes d'assurances des centres de tri ont augmentées de manière importante.

Photo : Radio-Canada

Jean-Philippe Robillard

Alors que certains centres de tri débordent en raison de la période des fêtes, plusieurs compagnies d'assurance refusent de les assurer en raison des risques liés à leur fonctionnement. La vétusté des installations de certains centres ferait craindre le pire aux assureurs. On redoute des fermetures.

Depuis quelques mois, des propriétaires des centres de tri privés ont des difficultés à contracter des polices d’assurance pour protéger leurs installations et lorsqu’ils y parviennent leurs primes grimpent en flèche.

Les assureurs sont extrêmement frileux et ça nous pose de graves problèmes, explique un propriétaire d'un centre de tri qui désire conserver l’anonymat pour des raisons commerciales.

Il affirme qu’il est incapable d’avoir une police d’assurance pour protéger son établissement. On n’a même pas de proposition sur la table et je n’ai jamais réclamé. J’espère que je vais en trouver, ajoute-t-il. Quand on investit environ cinq millions, on voudrait bien assurer nos équipements s’il arrive quelque chose.

Selon nos informations, environ la moitié de la vingtaine de centres de tri du Québec est touchée, ce qui pourrait fragiliser davantage leur rentabilité qui est déjà durement touchée par la fermeture des frontières de la Chine à nos matières récupérées et par la baisse des prix des matières recyclables sur les marchés mondiaux.

Il y a des assureurs qui ne veulent même pas faire d'offres, précise pour sa part un courtier d'assurance qui désire conserver l’anonymat.

Des primes qui montent en flèche

La plupart des assureurs refusent maintenant d’offrir une protection aux centres de tri et les rares qui acceptent ont augmenté considérablement leurs primes.

Ce courtier a vu les primes grimper en flèche au cours des derniers mois.

J’ai vu des cas de sept fois la prime de l’année d’avant avec des limites d’assurance beaucoup plus base, raconte-t-il. Les assureurs n’étaient pas nombreux à offrir des protections à ces gens-là. Et là, plusieurs se sont retirés soi-disant qu’ils ont des pertes ou de mauvaises réclamations.

Le propriétaire d'un centre de tri aurait vu ses primes passer de 30 000 $ à 300 000 $ par année. Les primes d’un autre auraient augmenté de 45 000 $ à 400 000 $ par année. Un courtier spécialisé dans cette industrie affirme que le nombre de réclamations, qui est peu selon lui après analyse, ne justifie pas les augmentations demandées par les assureurs.

Depuis que la Chine a fermé sa frontière aux matières récupérées et que les autres pays d'Asie resserrent leurs contrôles sur la qualité du plastique ou du papier importé, les centres de tri ont beaucoup de difficulté à vendre et à écouler leurs matières sur les marchés mondiaux. Ils n'ont d’autres choix que d’entreposer ce qu’ils n’arrivent pas à vendre. Des ballots de papier et de sacs de plastique sont donc stockés à l’intérieur et à l’extérieur des centres de tri.

Pour les assureurs, les risques liés aux centres de tri sont devenus trop grands en raison notamment de leurs équipements et des risques d’incendie.

Le directeur des communications et des affaires publiques du Bureau d'assurance du Canada (BAC), Pierre Babinsky, affirme que le BAC a été saisi du dossier récemment et qu'il analyse la situation.

On sait qu'il y a des centres de tri qui sont très modernes et il y en a qui sont des désastres en attente, puis le ministère est conscient qu'il y a une certaine désuétude au niveau de l'équipement, explique-t-il. Si on traite du papier avec des machines qui sont défectueuses ou peuvent causer des étincelles et, pour un assureur, ça va être une aggravation du risque s'il n'y a pas de gicleurs ou de surveillant la nuit.

Il est devant une route passante à Montréal.

Pierre Babinsky, directeur des communications et des affaires publiques au Bureau d'assurance du Canada

Photo : Radio-Canada

Cette augmentation des primes d'assurances survient alors que les revenus des centres de tri sont en fortes baisses.

Dans l'industrie, on craint des fermetures, des faillites, selon un expert de l'industrie qui désire aussi conserver l'anonymat.

Quand tu n'es plus assuré, si tu es en location tu es obligé de fermer et ceux que la bâtisse leur appartienne risque de tout perdre si le feu prend, déplore-t-il.

Le centre de tri de Saint-Hubert a d’ailleurs déjà fermé ses portes.

S'il des centres de tri ferment comme celui de Saint-Hubert, on va envoyer nos trucs récupérés où?

Un courtier d'assurance

Le Conseil des entreprises en technologies environnementales du Québec travaille à un plan pour aider les centres de tri. Il demande notamment l'aide du gouvernement du Québec.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Recyclage

Société