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Pas de Yukon Quest pour les jumelles Tweddell

Deux jeunes filles qui se ressemblent sourient à la caméra. Elles sont dehors dans la neige. Celle de droite a le bras droit passé sur les épaules de celle de gauche.

Louve (à gauche) et Lori Tweddell étaient les plus jeunes participantes du Yukon Quest 2019.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Claudiane Samson

Après des mois d’entraînement et des dizaines de milliers de dollars, Louve et Lori Tweddell ont épuisé leurs options et ne pourront pas participer à la longue course Yukon Quest, ni même à la plus courte version.

La course de traîneaux à chiens Yukon Quest prend le départ le 1er février de Fairbanks en Alaska en direction de Whitehorse. Quinze équipes sont inscrites à la longue version de 1600 km et 21 équipes à la courte version de 480 km.

Louve et Lori Tweddell, filles du meneur d’attelages d’expérience Luc Tweddell, devaient participer pour la première fois à la longue version, mais n’ont pas réussi à obtenir les qualifications requises. Et malgré plusieurs demandes, l'organisation du Yukon Quest refuse qu’elles passent à la plus courte version. 

J'étais très déçu de l'organisation de la Yukon Quest [...] Nous étions techniquement déjà inscrites, on voulait juste changer de course, alors on ne comprend pas encore vraiment pourquoi on a été refusées.

Louve Tweddell
Une fille pilote un traîneau à chiens. Derrière elle, une autre personne en fait de même. Tout autour et devant elles, les arbres et plantes sont tous blancs de neige.

Les sœurs Tweddell font courir leurs chiens tous les jours pour les préparer à la course.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Pour te dire honnêtement, au début tu te remets en question. Est-ce que mon année aura servi à quelque chose? Est-ce que ce que j'ai fait va m'emmener quelque part?

Lori Tweddell

Question de règlements

Les prérequis de la Yukon Quest au parcours de 1600 km exigent que les meneurs d'attelages aient terminé une course d'au moins 480 km, telle que la version courte du Yukon Quest. 

L'an dernier, la Yukon Quest de 480 km a été écourtée par l'organisation en raison des conditions de la piste. Cette année, les jumelles ont dû abandonner une course en Alaska en raison du froid extrême.

Les meneuses souhaitaient ainsi passer de la longue à la courte version, ce qui n'aurait exigé aucun changement logistique, mais une dérogation au règlement.

Carte de l'itinéraire

Carte de l'itinéraire que suivront les participants de la course internationale de traîneau à chiens Yukon Quest, de Fairbanks, en Alaska à Whitehorse, au Yukon.

Photo : Radio-Canada

Or, les règlements du Yukon Quest International ne prévoient aucune disposition pour passer d’une version à l’autre, selon la directrice générale canadienne, Shayna Hammer. Le seul règlement en place, explique-t-elle, est celui de l'inscription dont la date limite est le 3 janvier.

D’autres meneurs d’attelages ont demandé à pouvoir s’inscrire après le 3 janvier et leur demande leur a été refusée en fonction des règlements. Il n’était pas possible pour l'organisation d’accorder la requête de ceux qui souhaitaient effectuer des changements à leur course.

Shayna Hammer, directrice générale du Yukon Quest

Shayna Hammer affirme qu’une proposition de changement aux règlements sera présentée au futur comité une fois formé au printemps pour préparer la course de 2021. Les membres du comité des règlements, qui auraient étudié la demande des sœurs Tweddell, ont tous démissionné l’an dernier pour des divergences d'opinions avec le conseil d’administration, selon la directrice.

« C’est une situation malheureuse [dans laquelle se trouvent les sœurs Tweddell]. Mais il n’y a rien qui puisse être fait puisque l’organisation doit respecter les règlements de façon à préserver l’uniformité. »

Vives critiques du milieu

Sur les médias sociaux, les réactions n’ont pas tardé à la publication d’un explicatif de l’organisation. Si certains sont d’avis que les règlements sont immuables, d’autres, comme l’ancien membre du Comité de règlements et meneur de renommée, Frank Turner, estiment que cette décision envoie le mauvais message.

Elles ont abandonné pour le bien-être de leurs chiens, valeur centrale au Yukon Quest, dit-il. Elles ne devraient pas être pénalisées, mais bien saluées.

Il affirme par ailleurs que les règlements ne sont pas infaillibles et qu’ils doivent être appliqués avec jugement. On ne protège pas un mauvais règlement en disant que c’est la façon avec laquelle on a fait les choses dans le passé. S’il s’agit d’un mauvais règlement, il faut l’adresser sur-le-champ.

Le blogueur et ancien meneur d’attelages Sebastian Schnuelle pense aussi que la participation des sœurs Tweddell aurait dû être encouragée et non pas « rendue difficile artificiellement ». 

Elles auraient dû pouvoir participer. Elles étaient déjà inscrites à la longue course, leurs provisions auraient déjà été distribuées dans les points de contrôle, de raccourcir leur course à 480 km n’aurait pas eu de conséquences négatives, ni à la course ni à elles-mêmes.

Prendre le bon côté

Louve et Lori Tweddell affirment avoir mis quelques jours avant d’accepter la situation, et qu'elles sont touchées par les mots d’encouragement. Elles ont bon espoir que les règlements seront modifiés à l’avenir.

Au point où c’est rendu, c’est évident qu'on ne pourra pas faire d’autres grandes courses cette année, alors on a décidé de prendre une nouvelle approche et de s'amuser avec les chiens. Pour le reste de la saison, on va faire les courses locales.

Lori Tweddell

Elles entendent profiter de l’hiver en allant camper et chasser, et prendre du temps avec ceux et celles qui devaient venir les encourager au territoire. 

Les jumelles suivront par ailleurs la course à distance et encourager les participants. Malgré tout, on reste des fans!

Portrait de famille dans la neige avec, de gauche à droite : le père, la fille, la mère et l'autre jumelle. Tous sont habillés chaudement. Deux chiens sont devant eux.

La famille Tweddell

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

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Grand-Nord

Course de chiens de traineau