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Des Albertains réfléchissent à la réforme de l’aide médicale à mourir

Un patient dans un lit d'hôpital

Depuis la légalisation de l'aide médicale à mourir, en 2016, celle-ci a été prodiguée à 958 patients.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le passage à Calgary de la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, pour une consultation sur l’aide médicale à mourir donne à réfléchir à certains Albertains, dont une veuve et un médecin, qui profitent de l’occasion pour s’exprimer à ce sujet.

Les consultations lancées à la suite d’une décision de la Cour supérieure du Québec déclarant inconstitutionnelles certaines limites imposées au droit de recourir à l’aide médicale à mourir ont déjà suscité les réactions de plus de 100 000 Canadiens en ligne, a soutenu la ministre en conférence de presse.

Selon elle, des tables rondes organisées avec les médecins ont également porté fruit.

Penser « à ceux qui veulent mourir »

Parmi ceux qui parlent ouvertement ce qu’ils ont vécu auprès d’un proche ayant demandé l’aide médicale à mourir, Cynthia Clark soutient la réévaluation de la loi, mais déplore le manque d’intérêt du questionnaire pour les besoins des patients.

Son a reçu l’aide médicale à mourir l’été dernier après qu’on lui ait diagnostiqué un cancer avancé du cerveau.

Selon elle, le gouvernement se concentre trop sur la protection contre les morts accidentelles. « Ayant testé le système, je suis un peu déçue. J’aimerais qu’ils pensent à ceux qui veulent mourir. »

Elle aimerait voir la loi modifiée pour permettre à ceux qui veulent y recourir d’avoir accès à se service légal. « Beaucoup de patients doivent se battre pour en bénéficier parce que leur cas ne correspond pas à la définition d’une “mort imminente” ».

Des règles trop strictes, selon Mme Clark

Parmi les raisons les plus souvent évoquées, en Alberta, pour refuser l’aide médicale à mourir à ceux qui le demandent, il y a notamment les problèmes de santé mentale, l’incapacité à prendre une décision éclairée et l’incapacité à prévoir la mort naturelle dans un proche avenir.

D’autres critères fédéraux sont également considérés, comme l’obligation d’être majeur pour demander la mort assistée, la gravité de la maladie et le respect d’une période de réflexion de 10 jours avant de l’obtenir.

Ces critères ont été, pour Cynthia Clark, une source de stress lorsque son mari a fait sa demande. Pourtant, « il disait vouloir mourir de cette façon depuis le début », confie-t-elle.

Quand vient le délai de 10 jours pour vous assurer de votre décision et les deux rendez-vous médicaux arrivent enfin, c’est comme être en équilibre sur un fil.

Cynthia Clark, veuve d’un bénéficiaire de l’aide médicale à mourir

Peu après la prise de rendez-vous pour la procédure, la santé de son mari a périclité. « On a alors paniqué parce qu’il restait encore 4 jours » à la période réglementaire de 10 jours imposée par la loi, explique-t-elle.

Des règles « presque cruelles », affirme un médecin

Ce qu’ont vécu Cynthia Clark et son mari n’est pas rare, soutient le médecin urgentologue et évaluateur pour l’aide médicale à mourir Tom Rich.

« La principale peur des gens, c’est que leur état se détériore suffisamment, au cours des 10 jours de réflexion, pour qu’ils ne soient plus en mesure d’affirmer leur consentement éclairé », note-t-il. « Franchement, c’est presque cruel. »

Il évoque la possibilité de modifier la loi afin de permettre aux malades de donner d’avance des directives en vue de recevoir l’aide médicale à mourir. Le défi, croit-il, sera de définir ce qu’est un délai raisonnable pour donner son consentement d’avance.

« Si votre état se détériore au point où vous ne pouvez plus décider par vous-même, comment quelqu’un peut-il le faire à votre place? »

Néanmoins, le consentement préalable mérite d’être exploré, croit Mme Clark.

Selon Services de santé Alberta, 958 personnes ont reçu l’aide médicale à mourir et 190 ont vu leur demande rejetée depuis la légalisation de la pratique, en 2016.

Avec les informations de Benjamin Shingler, Catherine Cullen et de l’émission Calgary Eyeopener

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Alberta

Aide médicale à mourir