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L’arrestation de proches de Patrik Mathews met en lumière une milice secrète

Un homme vu en gros plan. Il est revêtu de l'uniforme de l'armée. La photo a été prise à l'extérieur, en hiver. L'arrière-plan montre d'autres soldats et des véhicules de l'armée.

Patrik Mathews, qu’on voit ici dans une photo datant de 2015, est un réserviste de l’armée canadienne soupçonné d’appartenir à un groupe néo-nazi appelé The Base.

Photo : Radio-Canada / archives CBC

Radio-Canada

L’arrestation par le Federal Bureau of Investigation (FBI) des États-Unis de quatre autres personnes soupçonnées d’être membres du même groupe extrémiste que l’ancien réserviste militaire manitobain Patrik Mathews, lève le voile sur l’univers violent dans lequel il baignait.

L’homme arrêté au Wisconsin et les trois autres, arrêtés en Georgie, sont notamment soupçonnés d’avoir comploté pour commettre des meurtres et déstabiliser le gouvernement américain.

Les accusations portées contre eux incluent des chefs de conspiration en vue de commettre un meurtre et d’appartenance à un groupe criminel.

Ces arrestations suivent de quelques jours à peine celle de l’ancien réserviste et de deux autres membres du groupe The Base au Delaware et au Maryland.

Des documents déposés par différents corps policiers parlent d’un membre de The Base « ayant traversé la frontière américaine illégalement » dont la description correspond à celle de Patrik Mathews.

Selon ces documents, l’homme en question serait resté auprès d’un autre membre du groupe en Georgie pendant quelques mois, avant d’être considéré comme « incompétent » et « stupide », au point de devenir la cible potentielle d’un meurtre.

La police pense que le principal centre d’entraînement de la milice The Base était une maison et une terre d’un peu plus de 42 hectares aux environs de Silver Creek, en Georgie.

Fruit d’une opération secrète

L’infiltration du groupe The Base par le FBI a commencé en juillet 2019, lorsqu’un agent s’est joint au groupe après une entrevue en ligne suivie d’un rendez-vous en personne avec deux membres.

Le lendemain, deux autres membres se sont joints à eux pour un entraînement de tir à l’arme à feu.

Selon le FBI, l’agent soupçonnait cet entraînement d’être un moyen, pour le groupe, « de se préparer à ce qu’ils appelaient le “boogaloo”, un terme utilisé pour décrire un effondrement des États-Unis et la guerre de races qui suivrait ».

Au début du mois d’octobre, l’agent infiltré dit avoir rencontré de nouveau des membres du groupe. La description de l’un d’entre eux, surnommé TB, correspond à celle de Patrik Mathews.

Celui-ci aurait alors décrit un journaliste l’ayant dénoncé et qui pourrait être Ryan Thorpe, du Winnipeg Free Press.

TB aurait alors « décrit le journaliste et ses semblables comme “essentiellement antifascistes” et comme des ennemis de The Base, ajoutant que “toute participation à des activités antifascistes est passible de mort », rapportent les documents déposés en cours par le FBI.

Lors d’une autre rencontre, du 31 octobre au 3 novembre 2019, un membre du groupe aurait évoqué un plan fomenté avec TB en vue d’assassiner des « antifascistes » du voisinage.

Le membre en question s’est toutefois abstenu « de mettre le plan en œuvre, croyant que TB était incompétent et qu’ils se feraient prendre », ajoutent les policiers.

Le 13 décembre, un autre camp de formation de The Base a eu lieu et les membres étaient notamment invités à apporter des armes à feu et des munitions.

Selon l’agent infiltré, l’un d’entre eux « prévoyait tuer deux hauts-gradés antifascistes », un couple du voisinage, afin « d’envoyer un message clair indiquant que des gestes antifascistes comme la dénonciation de suprémacistes blancs ne resterait pas sans conséquence ».

Le lendemain, l’agent a conduit deux membres du groupe à la maison du couple afin d’effectuer une opération de reconnaissance.

Le plan, qui devait être mis en branle vers la fin du mois de février, consistait à forcer la serrure de l’entrée et à tuer le couple à l’aide de revolvers ne laissant pas tomber de douilles.

Une série de mesures permettant de laisser le moins de traces possible était également prévue, dont l’incendie de la maison.

Des cellules indépendantes

« L’enquête sur The Base montre que ses cellules jouissent d’une grande autonomie et que la coordination de leurs activités criminelles n’est pas centralisée, leur permettant de nier plus facilement toute implication directe », note le FBI dans sa déposition.

Le groupe The Base a été fondé en 2018 par des nationalistes blancs « prêts pour une insurrection violente contre différentes cibles, dont le gouvernement américain et des groupes à majorité non blanche », précisent les documents.

Les forces de l’ordre craignaient également que des membres participent à une manifestation en faveur du port d’armes à feu à l’Assemblée législative de l’État de Virginie lundi.

Cette manifestation a poussé le gouverneur de l’État à déclarer l’état d’urgence mercredi dernier en raison de « preuves crédibles qu’une milice armée comptait prendre d’assaut » le bâtiment.

Avec les informations de Karen Pauls et Angela Johnston

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