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À Washington, dernière Marche des femmes avant l'élection présidentielle

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Des manifestantes brandissant des pancartes contre Donald Trump devant la Maison-Blanche

Le reportage de Jacaudrey Charbonneau.

Photo : Getty Images / Zach Gibson

Agence France-Presse

Quelques milliers de manifestants et manifestantes se sont réunis samedi à Washington pour la quatrième édition de la « Marche des femmes », ce rendez-vous annuel de protestation contre la politique de Donald Trump et de lutte pour le droit des femmes et des minorités.

Je suis encore plus scandalisée que je l'étais il y a trois ans, a écrit sur une pancarte Kim Elliott, une résidente de Washington d'une quarantaine d'années.

On savait tous que Trump allait être horrible, et il est encore pire que ce que l'on réalise.

Kim Elliott

Elle manifestait avec sa fille de 7 ans qui participait, avec enthousiasme, à sa première Marche des femmes.

Un ballon représentant Donald Trump avec une couche. On voit une partie de l'obélisque à Washington.

Des milliers de personnes ont participé à la quatrième Marche des femmes, à Washington.

Photo : Reuters / Michael McCoy

Comme elles, une petite foule de femmes de 7 à 77 ans, féministes affirmées venues entre amies ou en famille et vêtues du traditionnel bonnet rose, marchaient et chantaient derrière la Maison-Blanche, dans le froid et sous de fins flocons de neige.

En 2017, symboliquement, ce défilé avait eu lieu pour sa première édition au lendemain de la cérémonie de prestation de serment du magnat de l'immobilier new-yorkais, et avait marqué la première grande réaction de la société civile à son accession au pouvoir.

Les manifestants et manifestantes étaient près de 500 000 à Washington et des millions à travers le pays pour dénoncer sa victoire face à Hillary Clinton et acquise malgré les polémiques sur son attitude vis-à-vis des femmes.

La place d'une femme est à la Chambre... et au Sénat.

Trois ans plus tard, la foule est clairsemée sur la petite place de la capitale américaine d'où s'élance la marche et à peine 6000  personnes disaient participer à l'événement sur Facebook.

J'ai vu des cabinets plus malins chez Ikea, La place d'une femme est à la Chambre... et au Sénat: les messages politiques rivalisaient d'humour, malgré la gravité des thèmes abordés.

Lauren Sloniger, une habitante de la banlieue de Washington de 26 ans, a décidé de jouer sur l'ironie générationnelle en adressant sur sa pancarte un OK Boomer, (Cause toujours le baby-boomer, en français) au président Donald Trump, 73 ans, qui a assuré n'avoir rien fait de mal dans l'affaire qui lui vaut une procédure en destitution au Congrès.

Le message qu'elle veut adresser au milliardaire républicain : On a vu ce que t'as fait, on va te dénoncer.

Des manifestantes derrière une barrière brandissant des pancartes avec des slogans anti Trump.

Des centaines de personnes se sont réunies pour la Marche des femmes à New York.

Photo : The Associated Press / Eduardo Munoz Alvarez

D'autres villes américaines

Des rassemblements avaient lieu dans d'autres villes américaines, dont New York, où deux milliers de personnes se sont rassemblées à Times Square. Elles ont notamment écouté Evelyn Yang, la femme du candidat à la primaire démocrate Andrew Yang qui a raconté récemment dans les médias avoir été agressée sexuellement par son médecin lors de sa grossesse.

Peu importe qui est le candidat qui sera face à Donald Trump, cette personne devra faire du droit des femmes une priorité pour aider notre grande nation

Rebecca Snell

La jeune femme, habillée en noir et portant un bonnet rouge, a interprété Le violeur, c'est toi, la chorégraphie chilienne devenue hymne international contre les violences faites aux femmes.

C'est encore pire que ce qu'on imaginait, soupire pour sa part Catherine Stevens, 57 ans, qui a fait le long trajet en train de Boston à Washington pendant la nuit.

J'ai des amis conservateurs qui sont horrifiés par les attaques contre Roe v. Wade, l'arrêt de la Cour suprême qui a légalisé l'avortement en 1973 et qui est fragilisé depuis l'arrivée au pouvoir de M. Trump, explique-t-elle.

Alors qu'elle s'interroge sur une forme de complaisance des participants qui expliquerait l'essoufflement de la mobilisation, les organisateurs, sur scène, remercient les manifestants présents malgré les conditions météo défavorables pour leur engagement, leur ardeur, leur insolence et leur ténacité.

Tout le monde s'accorde en tout cas sur le même point : si Donald Trump est réélu en novembre, le mouvement reprendra comme jamais.

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