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Des patients désorientés s’introduisent dans la chambre d’autres usagers à Magog

Des places en CHSLD sont attendues à Magog

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

En pleine nuit ou de jour, des patients souffrant de troubles cognitifs se sont introduits à de nombreuses reprises dans les chambres d'autres usagers de l’unité des soins de courte durée de l’hôpital de Magog en décembre dernier. Des incidents qui ont suscité un sentiment d’insécurité chez certains d’entre eux.

Selon les informations obtenues par Radio-Canada, au moins deux personnes ont signalé le problème au Comité des usagers et des résidents Memphrémagog disant craindre pour leur sécurité.

L’un de ces plaignants est non-voyant. Ce septuagénaire a raconté à Radio-Canada que la situation s’est répétée près d’une dizaine de fois lors de son hospitalisation en décembre dernier.

L’homme affirme avoir craint pour sa sécurité et sa santé, alors qu’il n’était pas en mesure d’identifier les personnes qui s’introduisaient dans sa chambre. Sa femme aurait aussi été bousculée par un usager plus agressif.

Un autre patient a signalé un problème similaire au Comité au cours de la même période.

« Il y a un département réservé uniquement pour les personnes en attente de CHSLD, mais qui déborde. Ce département déborde sur le département de courte durée à l'hôpital », explique sa présidente, Michèle Salvail.

La situation est déplorable selon le Syndicat des professionnels en soins des Cantons-de-l’Est associé à la FIQ.

Les gens qui sont hospitalisés ont droit à une tranquillité dans leur chambre et de se sentir en sécurité. Ce n’est pas à eux de gérer les autres patients.

Sophie Séguin, Syndicat des professionnels en soins des Cantons-de-l’Est associé à la FIQ

Un équilibre difficile à atteindre

Le réseau de la Santé de l'Estrie n'a pas souhaité accorder d’entrevue sur cet enjeu. Un conseiller en communication a indiqué par courriel que lorsqu'une telle situation se présente des mesures sont mises en place pour assurer la sécurité de tous.

Il faut savoir que l’équilibre entre une offre de service de qualité et la sécurité des autres usagers ainsi que celle du personnel est un défi constant. De plus, l’établissement met tout en oeuvre pour s’assurer que l’usager se retrouve dans le bon milieu d’hébergement, dans les meilleurs délais, peut-on lire dans le courriel.

Sans commenter un cas précis, le CIUSSS de l’Estrie - CHUS affirme dans ce même courriel que son personnel effectue une surveillance constante et qu’il ajoute des ressources lorsqu'un patient présentant des troubles cognitifs est accueilli sur l’unité des soins de courte durée.

L'hôpital de Magog

Le centre de prélèvement de l'hôpital de Magog devra être déplacé pour offrir de nouvelles places en CHSLD.

Photo : Radio-Canada

Manque de place en soins de longue durée

Le manque de lits à l’étage des soins de longue durée serait en partie à l'origine du problème dénoncé par ces patients.

Certains usagers qui présentent des troubles cognitifs parfois sévères sont donc plutôt hébergés à l’unité de soins de courte durée, selon le Syndicat des professionnels en soins des Cantons-de-l’Est associé à la FIQ.

Ce n’est pas surprenant, mais c’est inquiétant. On ne devrait pas mixer deux types de clientèle complètement différentes. Des patients qui sont en attente d’hébergement devraient être dans des lits d’hébergement de longue durée, avec les bons professionnels en soin et des unités sécurisées, estime leur présidente Sophie Séguin.

Des patients, souffrant d’Alzheimer ou de démence, peuvent aussi représenter un risque d’infection pour les autres usagers lorsqu'ils s'aventurent dans une autre chambre.

L'ajout de lits en CHSLD se fait attendre

L’ajout prochain de 31 lits en CHSLD pour la région de Magog, annoncé il y a plus d’un an, pourrait permettre de mieux répondre aux besoins des usagers.

En Estrie, au niveau démographique, on a plus de gens âgés et ça force sur le système de santé, car il faudrait avoir plus de lits d’hébergement. Les projets qui arrivent ne sont pas suffisants déjà, mais il faut au moins les mettre en branle, ajoute Sophie Séguin.

Aucun soumissionnaire n'a toutefois répondu au premier appel d'offres pour déplacer le service de prélèvement qui permettrait l’agrandissement de l’hôpital de Magog.

Un deuxième appel d'offres devait se terminer à la mi-janvier, mais il a été retardé en raison d’un addenda.

Cette situation entraîne ainsi des retards à l’échéancier pour la création de ces places qui étaient prévues pour l’automne 2020.

Avec les informations de Louis-Philippe Bourdeau et Mélissa Fauteux

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