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L'ONU veut la fin des ingérences étrangères en Libye

Ghassan Salamé, émissaire de l'ONU sur la Libye

Ghassan Salamé, émissaire de l'ONU sur la Libye

Photo : Reuters / Guglielmo Mangiapane

Agence France-Presse

L'émissaire de l'ONU sur la Libye, Ghassan Salamé, a exhorté les autres pays à y « cesser » leurs ingérences, dans un entretien avec l'AFP à la veille d'un sommet international visant à consolider la trêve militaire actuelle et à relancer le processus de paix.

Entre l'arrivée sur le terrain de militaires turcs, la présence soupçonnée de mercenaires russes et l'afflux continu d'armes livrées par plusieurs États, la communauté internationale craint de voir le conflit en Libye dégénérer en nouvelle Syrie et s'internationaliser davantage.

Toute ingérence étrangère peut avoir un effet d'aspirine à court terme, a dit M. Salamé samedi à Berlin dans une allusion notamment au cessez-le-feu entré en vigueur le 12 janvier en Libye, à l'initiative de Moscou et d'Ankara.

Mais la Libye a besoin que toutes les ingérences étrangères cessent. C'est un des objectifs de cette conférence dans la capitale allemande, a-t-il assuré.

Les Libyens appellent les puissances étrangères et ces dernières, en intervenant, approfondissent les divisions parmi les Libyens. C'est un cercle vicieux qu'il faut rompre, a relevé le Libanais.

Berlin : dernière chance pour la paix?

Dimanche à Berlin, les dirigeants des pays impliqués dans le conflit en Libye se retrouvent pour un sommet de l'ONU avec, en particulier, l'objectif de consolider le cessez-le-feu.

Parce qu'on a aujourd'hui simplement une trêve. Nous voulons la transformer en un véritable cessez-le-feu avec observation, séparation [des deux camps rivaux], repositionnement des armes lourdes [en dehors des zones urbaines], etc., a dit M. Salamé.

Il faut que cette trêve tienne [...] Et j'espère qu'à Berlin on aura l'occasion de la transformer en une cessation des hostilités en bonne et due forme, a-t-il déclaré.

Un navire pétrolier turc.

Le contrôle de la Méditerranée est un enjeu commercial et géostratégique majeur dans la région.

Photo : Reuters / Murad Sezer

Ankara soutient M. Sarraj, y compris militairement, tandis que Moscou, malgré ses dénégations, est soupçonné d'appuyer le maréchal Haftar avec des armes, de l'argent et des mercenaires.

Dans leur déclaration finale, les chefs d'État devraient principalement s'engager à respecter l'embargo sur les armes imposé à la Libye depuis 2011, mais resté lettre morte.

Ils doivent aussi insister sur leur appui à la relance du processus politique, lors d'une réunion interlibyenne prévue pour avant la fin du mois à Genève, selon M. Salamé.

Je ne suis pas assez pessimiste pour dire que Berlin ne servira à rien, mais je ne suis pas non plus assez naïf pour dire que ce sera la fin des divisions internationales, a souligné l'émissaire de l'ONU.

En attendant, chacun des pays impliqués continue à défendre son allié libyen qui sert le plus ses intérêts.

Samedi encore, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui sera dimanche à Berlin, a évoqué une résurgence des groupes djihadistes si le GNA venait à être renversé.

L'Europe fera face à une nouvelle série de problèmes et de menaces en cas de chute du gouvernement légitime libyen, a écrit M. Erdogan sur le site Internet Politico.

Plusieurs autres pays seront représentés dimanche à la conférence organisée dans la capitale allemande sous l'égide des Nations unies, dont la Russie, les États-Unis, la Chine, l'Italie et la France.

Sur le terrain, si la trêve continue d'être relativement respectée, le conflit pourrait prendre une tournure dramatique sur le plan économique.

Les pro-Haftar bloquent les principaux terminaux pétroliers

Une usine pétrochimique.

La Libye est le pays africain ayant les plus importantes réserves de pétrole. Ci-dessus, une usine pétrochimique à Ras Lanuf.

Photo : Reuters / Esam Al-Fetori

Des forces loyales au maréchal Khalifa Haftar, l'un des protagonistes majeurs du conflit en Libye, ont bloqué samedi les principaux terminaux pétroliers situés dans l'est du pays, a rapporté la Compagnie nationale de pétrole (NOC).

Dans un communiqué, la NOC a annoncé l'arrêt des exportations dans les ports du croissant pétrolier, poumon de l'économie libyenne : Brega, Ras Lanouf, al-Sedra et al-Hariga.

En raison de ce blocage, la production quotidienne de pétrole au pays passera de 1,3 million de barils à 500 000 barils, ce qui entraînera un manque à gagner de 55 millions de dollars par jour, selon la NOC.

Celle-ci a déclaré la force majeure sur les sites concernés, une mesure invoquée dans des circonstances exceptionnelles qui permet une exonération de la responsabilité de la NOC en cas de non-respect des contrats de livraison de pétrole.

Un char d'assaut sur une remorque tirée par un camion.

Des membres de l'Armée nationale libyenne (LNA), commandés par Khalifa Haftar, équipent les véhicules militaires.

Photo : Reuters / Esam Al-Fetori

Un groupe proche du maréchal Haftar, l'homme fort de l'est de la Libye, avait appelé vendredi le blocage des exportations pétrolières du pays pour protester contre l'intervention turque dans le conflit, ce qui avait suscité les inquiétudes de la NOC.

La NOC avait alors dénoncé des outils de pression pour des négociations politiques, à deux jours de la tenue d'une conférence internationale à Berlin visant à relancer un processus de paix en Libye.

Le maréchal Haftar a lancé en avril 2019 une offensive pour s'emparer de Tripoli, la capitale, où siège le Gouvernement d'union nationale (GNA).

Son porte-parole, Ahmad al-Mismari, a dit dans la nuit de vendredi à samedi que la fermeture des champs et des terminaux pétroliers est une décision purement populaire. C'est le peuple qui l'a décidée.

Dans une interview accordée à l'AFP samedi à Berlin avant l'annonce des blocages, l'émissaire de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé, n'a pas exclu qu'ils aient des motivations politiques liées à la conférence de Berlin.

C'est possible que cela ait un lien. Son timing est, disons-le, un peu louche, a noté M. Salamé.

Notre ligne est claire à l'ONU. Il ne faut pas jouer avec le pétrole, parce que c'est le gagne-pain des Libyens. Sans pétrole, les Libyens meurent de faim, a-t-il prévenu.

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