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Virus chinois : près de 2000 personnes infectées, disent les scientifiques

Le reportage de de Nancy Caouette.

Photo : Reuters / Jason Lee

Agence France-Presse

Les autorités chinoises affirment que 45 personnes sont maintenant contaminées dans le pays par un mystérieux virus qui s’apparente au SRAS, un chiffre contesté par les scientifiques, qui parlent plutôt de près de 2000 personnes. Pendant ce temps, à l'étranger, les mesures se multiplient pour empêcher la maladie de se propager.

Quatre cas supplémentaires ont été recensés samedi, ce qui porte le nombre total à au moins 45 patients contaminés à Wuhan, au centre de la Chine, a mentionné la Commission municipale de l'hygiène et de la santé de cette ville, où l'ensemble des cas chinois ont été signalés depuis le mois dernier.

Mais le virus a probablement contaminé des centaines de personnes de plus que le chiffre officiel, selon des scientifiques d'un centre de recherches de l'Imperial College à Londres, qui conseille des institutions comme l'Organisation mondiale de la santé.

Ils affirment dans une étude que 1723 personnes contaminées est un chiffre bien plus probable. Ce bilan tient compte de la totalité des informations disponibles le 12 janvier.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs se sont basés sur le nombre de cas détectés jusqu'à présent hors de Chine – deux en Thaïlande et un au Japon – pour en déduire le nombre des personnes vraisemblablement infectées à Wuhan, sur la base des données des vols internationaux au départ de l'aéroport de Wuhan.

Pour que Wuhan ait exporté trois cas vers d'autres pays, il faut qu'il y ait beaucoup plus de cas que ce qui a été annoncé, a expliqué à la BBC le professeur Neil Ferguson, l'un des auteurs de l'étude.

Je suis nettement plus préoccupé que je ne l'étais il y a une semaine, a-t-il ajouté.

L'épidémie alimente les craintes d'une réapparition d'un virus de type SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), hautement contagieux, qui avait tué quelque 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong en 2002-2003.

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l'homme (comme un rhume), mais aussi d'autres plus graves, comme le SRAS.

L'enquête des autorités chinoises a permis de déterminer que beaucoup de patients contaminés travaillaient dans un marché de Wuhan spécialisé dans la vente en gros de fruits de mer et de poissons.

Mesures de prévention prises par plusieurs pays

L'inquiétude est désormais perceptible à l'étranger, où les mesures de prévention se multiplient.

Les États-Unis ont ainsi annoncé qu'à partir de vendredi, ils commençaient à filtrer les vols en provenance de Wuhan à l'aéroport de San Francisco et à l'aéroport JFK de New York – qui reçoivent tous deux des vols directs de Wuhan – de même qu'à celui de Los Angeles, où sont assurées de nombreuses correspondances.

Les passagers seront examinés par les équipes médicales, mais pas systématiquement soumis à un prélèvement.

La Thaïlande, où deux cas ont été recensés, a également renforcé les contrôles dans ses aéroports à l'approche des festivités du Nouvel An lunaire, une période qui suscite des inquiétudes quant à une éventuelle propagation du virus.

À cette occasion, des centaines de millions de Chinois empruntent autobus, trains et avions pour aller passer les fêtes en famille. Beaucoup vont également en vacances en Asie du Sud-Est.

Les autorités de Hong Kong ont renforcé leurs mesures de contrôle aux frontières du territoire autonome, notamment avec des détecteurs de température corporelle.

Au Canada, par contre, on estime que le risque que les citoyens soient contaminés est faible. Cette évaluation, affirme Santé Canada, est fondée sur le fait que le pays n'a pas de vols directs en provenance de Wuhan et que le nombre de voyageurs arrivant indirectement de Wuhan est faible.

Santé Canada diffusera toutefois des messages sur les écrans des arrivées aux aéroports internationaux de Toronto, de Montréal et de Vancouver qui rappelleront aux voyageurs de Wuhan d'informer un agent des services frontaliers de leurs symptômes grippaux s'ils en présentent.

Une question supplémentaire sera aussi ajoutée sur les formulaires aux bornes électroniques.

La Chine minimise le risque

Le virus suscite des inquiétudes croissantes après le décès mercredi en Chine d'un second patient, un homme de 69 ans, tombé malade le 31 décembre et qui a vu son état de santé s'aggraver cinq jours plus tard.

Malgré tout, les autorités sanitaires chinoises se sont voulues rassurantes cette semaine : selon elles, le risque d'une transmission du virus entre humains, s'il n'est pas exclu, est jugé faible.

Pour l'heure, les déplacements en Chine ne font l'objet d'aucune restriction, mais le sujet était largement commenté sur le réseau social Weibo.

Ce virus est incroyable, il peut aller à l'étranger, mais rester confiné à Wuhan, ironisait un internaute, pendant que certains soupçonnaient les autorités de minimiser la gravité de la situation.

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