•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La petite enfance au Yukon : une priorité de la communauté francophone

Un enfant court dans un couloir vers d'autres enfants.

La petite enfance figure parmi les priorités des organismes francophones du Yukon.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Radio-Canada

Dans le cadre du deuxième colloque sur la petite enfance offert par les organismes francophones du Yukon une cinquantaine de participants discutent d’éducation par la nature, de discipline, de prévention des agressions sexuelles ou encore du trouble d’opposition chez les petits.

La petite enfance doit être une priorité pour la communauté puisque « tout se joue avant six ans », affirme l'organisatrice, Geneviève Tremblay, coordonnatrice à la petite enfance à la Commission scolaire francophone du Yukon.

Des gens sur une scène devant un écran avec le titre de la conférence.

Le Colloque en petite enfance a invité les parents de la communauté à une conférence sur la discipline.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Plus tôt on intervient, mieux vont grandir nos petits, donc on veut outiller autant les parents que les éducateurs de la garderie que les enseignants à l’école. Donc c’est vraiment une activité pour la communauté francophone.

Geneviève Tremblay, organisatrice, Colloque en petite enfance

Les défis d’attachement en milieu minoritaire

La conférencière Nancy Doyon a amené vendredi les participants à réfléchir aux liens d'attachement chez l'enfant qui, chaque année ou parfois plus souvent, est forcé de changer d’éducatrices.

« Particulièrement, les besoins des tout petits, ce sont des besoins de stabilité, de prévisibilité. Tous les liens d'attachement entre zéro et cinq ans vont avoir un impact majeur sur son développement par la suite, que ce soit la confiance en soi ou l’estime de soi. »

Des enfants et une éducatrice assis sur de petites chaises en bois à une table mangent.

Le recrutement de personnel à la Garderie du petit cheval blanc est un défi de taille.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

La spécialiste est d’avis que le système de garderies actuel avec ses multiples figures d’autorité peut être néfaste pour le développement affectif de certains enfants.

Elle remarque par ailleurs qu'en milieu francophone minoritaire, les difficultés de recrutement et de rétention de personnel rendent cette stabilité d'autant plus difficile à atteindre. Elle recommande entre autres aux éducatrices d'avoir une certaine retenue pour éviter un bris de relation trop difficile pour l’enfant.

Nancy Doyon sourit à la caméra dans une salle de conférence.

La conférencière et coach familiale Nancy Doyon a partagé son expertise entourant les enfants opposants et la discipline avec les participants.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

La réalité du Yukon fait qu'il y a beaucoup de gens qui sont ici de façon temporaire et qui partent malheureusement alors c’est sûr que c’est un enjeu supplémentaire.

Nancy Doyon, conférencière, spécialiste en petite enfance

La jeune Franco-Yukonnaise Annie Martin, une éducatrice qui fréquentait la garderie lorsqu'elle était petite, est aux premières loges de ce roulement de personnel.

« Je parlais à une autre éducatrice de la garderie qui est là depuis huit ans et elle n’a pas vu beaucoup d'éducatrices rester plus que trois ans. Moi je vais entamer en novembre ma cinquième année alors je sens que je crée un bon environnement pour les enfants parce qu'ils me voient beaucoup. »

Annie Martin parmi d'autres sourit en écoutant quelqu'un parler.

Annie Martin (gauche) a fréquenté enfant la Garderie du petit cheval blanc où elle travaille depuis près de cinq ans.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Le discours fait réfléchir l'éducatrice Mélanie Bourgignon arrivée de France il y a six mois et qui n’a pas encore décidé combien de temps elle restera au Yukon.

Je n'avais jamais vraiment réfléchi au lien d'attachement et tout ça. On essaie de faire au mieux au quotidien pour répondre à leurs besoins. Je ne me suis jamais retenue en me disant: “Oh non! Je vais bientôt partir,“ mais là, ça fait réfléchir.

Mélanie Bourgignon, éducatrice

Nancy Doyon rappelle toutefois que d'autres aspects de la communauté peuvent compenser, comme le niveau de stress moins élevé que dans les grandes villes ou l’entraide entre les membres.

« Je pense que l'environnement favorable vient compenser pour peut-être cette espèce d'instabilité là et en même temps comme la communauté francophone elle est petite ici les enfants côtoient sensiblement toujours les mêmes adultes et ça c'est aidant. »

Une salle pleine de gens assis à des tables qui écoutent quelqu'un parler.

Le Colloque en français sur la petite enfance à lieu tous les deux ans à Whitehorse.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Éducation par la nature

Sous le thème « Insufflons un vent de fraîcheur », les participants ont également discuté d’éducation en forêt, une approche que souhaite développer la Garderie du petit cheval blanc dont l’édifice principal est situé près d’une ceinture verte. L’organisme avait d'ailleurs choisi de fermer ses portes pour permettre au personnel d’assister aux présentations.

La garderie du petit cheval blanc, la Commission scolaire francophone du Yukon, l’Association franco-yukonnaise et Les Essentielles entendent déjà tenir un troisième colloque sur la petite enfance en 2022. L’événement attire chaque fois des participants d’ailleurs au pays et comptait cette année deux participants Franco-Ténois.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Grand-Nord

Éducation