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L’ex-chef de Wôlinak Denis Landry cité à procès

L'homme qui parle avec son avocat.

L’ex-chef de Wôlinak Denis Landry au palais de justice de Trois-Rivières, le 17 janvier 2020

Photo : Radio-Canada

Maude Montembeault

L’enquête préliminaire de Denis Landry, l’ancien chef du conseil de bande de Wôlinak, accusé de fraude, a eu lieu vendredi palais de justice de Trois-Rivières. Il aurait dérobé plus de 5000 $ des coffres du conseil de bande.

C’est justement l’actuel conseil de bande, avec à sa tête le chef Michel Bernard, qui est à l’origine de la plainte. Signe que les tensions entre les Landry et les Bernard ne se sont pas estompées, le chef en poste a haussé le ton lors de son témoignage vendredi. Il a accusé l’avocat de Denis Landry de mentir, de parler à travers son chapeau et lui a également demandé d’admettre qu’il a raison.

Me Paul-Yvan Martin a cherché à savoir si le fond de l’affaire ne serait pas le litige sur le statut d’indien des Landry. À notre avis, c’est la preuve qu’on est en présence d’un débat, d’une chicane de clochers, a-t-il résumé en entrevue.

Ce n’est pas parce que tu passes vingt-cinq ans en Afrique que tu deviens Africain, a quant à lui répondu Michel Bernard devant le juge. Depuis des années, les Landry et les Bernard se partagent le pouvoir à Wôlinak et multiplient les recours les uns contre les autres.

Michel Bernard dans le corridor du palais de justice.

Le chef de Wôlinak, Michel Bernard, a témoigné vendredi au palais de justice de Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada

Remettre de l’ordre dans les finances

L’ancienne directrice des terres de Wôlinak Katharina Trottier a expliqué que le successeur de monsieur Landry au poste de chef, Michel Bernard, avait pour objectif de redresser les finances de la bande qui était en prétutelle, aussi appelé plan d’action de gestion par le ministère des Affaires autochtones. Elle a donc épluché les frais de dépenses des élus.

Selon elle, plusieurs demandes de remboursement de Denis Landry n’étaient pas signées par des membres de la direction du conseil et soulevaient des interrogations. Par exemple, elle jugeait inapproprié que des frais d’avocats pour des litiges judiciaires entre les Landry et les Bernard soient réclamés au conseil de bande. Aussi, des frais pour de la chasse communautaire, qui consiste à partager le résultat de la chasse avec la communauté, auraient été réclamés par l’ex-chef. Selon Katharina Trottier, ce genre de dépenses seraient injustifiées.

En contre-interrogatoire, l’avocat de Denis Landry, Me Paul-Yvan Martin, a tenté de démontrer que la majorité des chèques émis ont été signés par le directeur général et la directrice des finances du conseil de bande. Il a questionné madame Trottier afin de comprendre pourquoi ceux-ci ne sont pas également visés par la plainte de fraude.

L'homme debout dans un corridor du palais de justice.

L’ex-chef de Wôlinak Denis Landry au palais de justice de Trois-Rivières, le 17 janvier 2020

Photo : Radio-Canada

Trois certificats de naissance aux frais de la bande

À la barre des témoins, Michel Bernard a confié au juge Jacques Lacoursière que le plus surprenant pour lui a été de découvrir qu’un remboursement pour trois certificats de naissance aurait été réclamé. Selon lui, Denis Landry aurait voulu faire rembourser son propre certificat de naissance et ceux de ses deux parents.

Le chef a élaboré sur les dépenses liées à la chasse communautaire qui aurait eu lieu à l’extérieur du territoire de la communauté, soit à Yamachiche. Il s’est insurgé contre le fait que les fonds de la bande aient pu servir pour une affaire qu’il considère au bénéfice des Landry et non à l’ensemble de la communauté.

Injonction pour freiner la construction du casino

Parallèlement à l’enquête préliminaire, les avocats de Denis Landry comptent déposer la semaine prochaine une injonction réclamant que des travaux en vue de la construction d’un casino sur la réserve soient suspendus.

Me Paul-Yvan Martin prétend qu’en attente d’élections depuis juin 2018, les élus n’ont actuellement pas la légitimité de donner l’aval à un tel projet. Ce qu’on craint, c’est qu’il y ait des ententes contractuelles qui aient été signées illégalement.

Le chef actuel, Michel Bernard, a confirmé à Radio-Canada que des travaux de démolition sont actuellement en cours à cet effet sur le chemin Leblanc. Il a refusé de nous accorder une entrevue.

Un séquestre-administrateur

Le conseil de bande de Wôlinak n'a actuellement pas quorum pour fonctionner. Aucune élection n'a eu lieu pour remplacer trois membres dont les mandats ont pris fin en juin 2018 et pour un poste devenu vacant, souligne Services aux Autochtones Canada.

D’ici la tenue d’élections, Ottawa a nommé un séquestre-administrateur pour superviser les opérations de la bande. La date du procès de Denis Landry sera connue le 9 avril.

La priorité du Ministère est de s’assurer de la continuité de la livraison des programmes et des services essentiels à la population de Wôlinak, a indiqué, par courriel, la porte-parole de Services aux Autochtones Canada, Leslie Michelson.

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