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Chandail « violent » des syndiqués à l'école : le gouvernement recule

Un poing jaune levé sur un t-shirt.

Certains syndiqués se seraient fait dire que ce que le gouvernement appelle « logo du poing jaune fermé levé » apparaissait violent, raciste ou « de nature sexuelle ».

Photo : CBC / Ed Hunter

Radio-Canada

Après avoir demandé à des travailleurs syndiqués du milieu de l’éducation de cesser de porter des vêtements faisant référence à leur négociation avec la province, le gouvernement du Nouveau-Brunswick s’est ravisé en fin de journée vendredi et permettra aux travailleurs d’afficher leur logo en milieu scolaire.

Le ministère en avait particulièrement contre le chandail noir et jaune porté par plusieurs travailleurs. On y voit le dessin d’un poing fermé et la phrase « Négocions vers l’avant » et sa traduction anglaise. À l’arrière du t-shirt, on peut lire « Fier membre du SCFP » en français et en anglais. 

Ces derniers jours, sept districts scolaires du Nouveau-Brunswick ont reçu une note de service dans laquelle on demandait de retirer les vêtements arborant ce que le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance appelle le logo du poing jaune fermé levé.

Selon la province, ce logo peut être interprété par les étudiants comme un symbole intimidant ou violent.

Deux hommes de dos portant un t-shirt noir et jaune de leur syndicat.

C'est un t-shirt comme celui-ci que des syndiqués se sont fait reprocher de porter à l'école.

Photo : CBC / Ed Hunter

Un poing de nature sexuelle

Le Syndicat canadien de la fonction publique prévoyait vendredi déposer au moins 12 griefs, un pour chaque membre s’étant fait dire de couvrir le logo ou retirer ce vêtement. De plus, le syndicat envisageait de déposer une plainte auprès de la Commission du travail et de l'emploi du Nouveau-Brunswick.

Selon le SCFP, un travailleur syndiqué à Moncton s’est fait dire que le poing fermé sur son chandail était de nature sexuelle. Un syndiqué à Fredericton affirme quant à lui que des responsables scolaires lui ont dit que le logo était raciste.

Des dizaines de personnes marchent en brandissant des pancartes syndicales et en soufflant dans des cornets.

Certains syndiqués se seraient fait dire que ce que le gouvernement appelle « logo du poing jaune fermé levé » apparaissait violent, raciste ou « de nature sexuelle ».

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Paméla E. Boulay, directrice des relations avec les employées au ministère des Finances et au Conseil du Trésor, affirmait dans un courriel au syndicat le 14 janvier que les étudiants risquaient de ne pas comprendre la signification du logo. Elle écrit que la province s’inquiète que le poing puisse être perçu comme intimidant et violent envers eux.

Nous demandons aux employés leur coopération et d’exercer de la discrétion et du jugement quant aux moments et aux lieux pour porter le t-shirt ou d’autres vêtements affichant ce gros logo en présence des étudiants, écrivait Mme Boulay.

Volte-face du ministère

En fin de journée vendredi, le gouvernement a annoncé qu’il reculait.

Après avoir pris connaissance des préoccupations du SCFP à ce sujet, le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance a décidé que nous permettrons aux membres du SCFP d'afficher ce logo dans le milieu scolaire, a écrit vendredi le ministre de l'Éducation du Nouveau-Brunswick, Dominic Cardy.

La semaine prochaine, j'aurai des discussions avec les districts scolaires sur la manière dont nous pouvons permettre aux membres du SCFP d'utiliser le logo dans un contexte éducatif et comme une occasion d'apprentissage pour les élèves, poursuit M. Cardy.

Elle précise avoir parlé avec des représentants de la section locale 2745 du SCFP et les avoir encouragés à s'engager dans un processus visant à renseigner les gens du Nouveau-Brunswick sur l'histoire et la signification du symbole qui apparaît dans leur logo.

Selon elle, le symbole du poing levé a causé de la confusion et semé l’inquiétude dans la province.

Portés depuis deux ans

Simon Ouellette, le représentant syndical aux communications du SCFP, s’insurge devant la polémique de cette semaine. Le matériel de solidarité, incluant le t-shirt du syndicat, est porté par les membres depuis près de deux ans, écrivait-il avant que le gouvernement ne se ravise. Les travailleurs n’auraient jusqu’à maintenant eu aucun problème en milieu de travail.

Maintenant, les districts [scolaires] disent que ce symbole universel de solidarité et de respect leur semble offensif (sic), ajoute M. Ouellette.

Selon le président du SCFP au Nouveau-Brunswick, le gouvernement porte gravement atteinte à nos droits garantis par la Charte, notamment la liberté d'association et à la liberté d’expression en cherchant à réprimer le port des vêtements du syndicat.

Avec des renseignements de Shane Magee, CBC

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