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Les écoles françaises de l'Î.-P.-É. veulent prendre un virage

Des manteaux d'élèves dans un vestiaire d'une école. Une affiche indique « Ici, on parle français ».

Plusieurs nouveaux élèves dans les écoles francophones n'ont aucune connaissance de la langue française.

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

François Pierre Dufault
Mis à jour le 

La Commission scolaire de langue française (CSLF) de l'Île-du-Prince-Édouard songe à adopter des changements à sa politique sur l’admission des élèves afin, dit-elle, de « mieux circonscrire l’accès des élèves de parents non-ayants droit » à une éducation de langue française.

L'administration scolaire a deux changements dans sa mire.

D'abord, la CSLF souhaite soumettre les élèves qui ne sont pas des ayants droit à l'éducation de langue française à un processus d'admission plus rigoureux, qui comprendrait un examen obligatoire de leurs aptitudes en français.

Les élèves non-ayants droit sont ceux dont les parents et les grands-parents ne sont pas francophones et n'ont jamais fréquenté une école de langue française.

Pas d'admission sans preuve

Ensuite, la CSLF compte demander aux parents qui veulent inscrire leur enfant en tant qu'ayant droit dans une école de langue française de prouver, à l'aide de documents officiels ou d'archives, qu'ils sont eux-mêmes des ayants droit ou que leurs parents étaient des ayants droit.

Le but de ces deux changements serait, pour l'administration scolaire, de démontrer que les élèves admis dans les six écoles de langue française de l'Île-du-Prince-Édouard sont bel et bien des ayants droit, ou qu'ils ont les compétences nécessaires pour fréquenter l'école française sans ralentir l'apprentissage des autres élèves.

Dans un communiqué, vendredi, la CSLF reconnaît que l’arrivée de plusieurs élèves ne maîtrisant pas le français a suscité une perception au sein de la communauté acadienne et francophone selon laquelle la CSLF gérait des écoles bilingues.

La croissance des effectifs à la CSLF s’explique par le fait que plusieurs parents ayants droit réalisent les avantages d’une éducation de langue française, mais plusieurs parents immigrants et francophiles l’ont aussi réalisé et veulent que leur enfant reçoive la même éducation de qualité en français.

Extrait d'un communiqué de la Commission scolaire de langue française de l'Île-du-Prince-Édouard

Depuis plusieurs années, la CSLF demande au gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard davantage de ressources pour la francisation des élèves qu'elle accepte dans ses écoles, mais qui ne maîtrisent pas suffisamment la langue française au moment de leur admission pour bien comprendre les matières enseignées en classe.

Des services de francisation sont offerts à une centaine d’élèves de la maternelle à la deuxième année dans les six écoles de langue française de la province.

Familles exogames ou anglicisées

La CSLF a franchi le cap des 1000 élèves pour la première fois en 2019.

Selon l'administration scolaire, la très grande majorité des élèves inscrits dans les écoles de langue française de l'Île-du-Prince-Édouard sont des ayants droit à l’éducation dans la langue de la minorité en vertu de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés.

Toutefois, bon nombre de ces élèves proviennent de familles exogames ou anglicisées, où le français n'est pas la langue d'usage à la maison.

Les commissaires de la CSLF prévoient adopter une politique sur l’admission des élèves révisée lors de leur prochaine réunion mensuelle, le 10 mars.

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Éducation