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Il y a 20 ans disparaissait Anne Hébert

Anne Hébert en 1952

Anne Hébert est décédée le 22 janvier 2000.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 22 janvier 2000 s'est éteinte l'une des grandes figures de la littérature d’ici. Anne Hébert laissait en héritage une œuvre riche et unique.

Elle était l'une des plus grandes écrivaines du Canada d’expression française.

Et moi, je crois à la vertu de la poésie. Je crois au salut qui vient de toute parole juste, vécue et exprimée.

Anne Hébert

Une auteure au rayonnement international

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Reportage du 22 janvier 2000

Le décès d’Anne Hébert a été souligné au Réseau de l'information de Radio-Canada, notamment par le journaliste Claude Desbiens, qui présente le jour de son départ une biographie de l’auteure.

Anne Hébert a écrit au cours de sa vie un recueil de nouvelles, cinq pièces de théâtre, cinq recueils de poésie et 10 romans.

Si l’œuvre d’Anne Hébert est relativement peu prolifique, cela ne l’a pas empêchée de rayonner au Canada et à l’étranger.

La liste des prix littéraires qu’elle a reçus est impressionnante. Elle a remporté trois fois du Prix du Gouverneur général du Canada.

Elle a également obtenu le très convoité prix Femina et le prix de l’Académie royale de Belgique, entre autres.

Son prestige était tel qu’en 1978, les premiers ministres du Canada et du Québec, Pierre Elliott Trudeau et René Lévesque, ont songé à la nommer lieutenante-gouverneure de la Belle Province.

S’éloigner pour se réaliser

Anne Hébert est née en 1916 à Sainte-Catherine-de-Fossambault, dans la région de Portneuf, dans une famille qui comptait plusieurs lettrés.

Elle comprenait notamment l’historien François-Xavier Garneau.

Il faut y ajouter son beau cousin, Hector de Saint-Denys-Garneau, dont l’œuvre est considérée de nos jours parmi les plus originales de la poésie québécoise.

Malgré des racines très solidement ancrées dans la région de Québec et au Canada, Anne Hébert décidera de vivre une bonne partie de sa vie en France.

Certains lui ont reproché cet éloignement, qu’ils percevaient comme une critique envers le pays natal.

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Carrefour, 27 novembre 1956

Le 27 novembre 1956, la journaliste Judith Jasmin propose à l’émission Carrefour une entrevue avec Anne Hébert.

Cette dernière est installée depuis quelque temps déjà à Paris.

Les images nous présentent de prime abord une femme douce, calme et réservée.

La journaliste Judith Jasmin interroge l’écrivaine sur ce qu’elle voit et fait dans la capitale française. Elle lui demande également son opinion sur un sujet qui, de l’aveu même de l’intervieweuse, constitue une question épineuse.

Judith Jasmin parle de la différence entre la langue parlée et la langue écrite chez les populations en France et au Canada.

Les réponses d’Anne Hébert peuvent être perçues comme des critiques voilées contre le Canada français : elle peut tous les jours voir du bon théâtre, les gens du peuple utilisent une langue riche pour s’exprimer, ils n’agissent pas comme des automates.

Plus tard dans sa vie, Anne Hébert a pourfendu, toujours calmement, l’influence de l’Église catholique sur la société québécoise.

Elle considère comme ayant été néfaste l'influence que cette dernière a eue au Canada français, et au Québec notamment, sur le plan culturel.

Pour se réaliser, elle a cru devoir s’éloigner du Canada, même si elle revenait souvent visiter sa terre natale.

Cette absence volontaire allait durer jusqu’en 1998.

Une écrivaine dont le cinéma montre la révolte

Sous des dehors de douceur et de réserve, Anne Hébert est une écrivaine révoltée.

En 1950, la publication de son recueil de nouvelles, Le torrent, claque comme un coup de fouet. La violence dans l’histoire de François Perrault et de sa mère Claudine et le rejet de certaines valeurs de la société québécoise scandalisent plus d’un éditeur et plus d’un lecteur.

Le torrent est néanmoins devenu un classique de la littérature québécoise. Il a notamment fait l’objet d’une adaptation cinématographique par le réalisateur Simon Lavoie en 2012.

Fait un peu oublié, Anne Hébert a écrit des scénarios de films dans les années 1950 et 1960.

En 1970, Anne Hébert crée un événement littéraire et cinématographique en publiant le roman Kamouraska.

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Femme d'aujourd'hui, 2 décembre 1970

Le 2 décembre 1970, Femme d’aujourd’hui présente une entrevue qu’effectue la journaliste Marie-Josée Beaudoin avec Anne Hébert.

L’écrivaine y raconte la genèse du roman, décrit les personnages et parle des éléments qui conditionnent la violence des sentiments et des comportements de ces derniers.

Roman inspiré d’un fait divers, Kamouraska raconte une histoire passionnelle entre Élisabeth d’Aulnières et le docteur George Nelson.

L'embrasement d'Élisabeth et de son amant aboutira à l’assassinat d’Antoine Tassy, seigneur de Kamouraska et époux d’Élisabeth D’Aulnières.

Œuvre de grands espaces enneigés, de rêves et de passions romantiques refoulées et qui bientôt se déchaînent, le roman possède des qualités dont vont rapidement s’emparer les lecteurs puis les cinéastes.

En 1973 apparaît sur les grands écrans le film éponyme du cinéaste Claude Jutra. Mettant en vedettes Geneviève Bujold, Philippe Léotard et Richard Jordan, Kamouraska deviendra un classique du cinéma québécois.

En 1987, Anne Hébert collabore à l’écriture du scénario du film Les fous de Bassan tiré de son roman au même titre par le cinéaste Yves Simoneau.

Son dernier roman, Un habit de lumière, est publié en 1999.

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