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Amanda Simard : de progressiste-conservatrice à libérale

Le chef libéral intérimaire John Fraser et la députée Amanda Simard en conférence de presse.

Le chef libéral intérimaire John Fraser et la députée Amanda Simard

Photo : Assemblée législative de l'Ontario

Julie-Anne Lamoureux

ANALYSE | Il y a deux ans, Amanda Simard se préparait pour les élections au printemps. Elle était progressiste-conservatrice et croyait dur comme fer que son parti était le mieux placé pour diriger la province.

Elle a travaillé d'arrache-pied et a réussi à ravir aux libéraux leur château fort de Glengarry-Prescott-Russell.

La suite, on la connaît. Des annonces de compressions en francophonie. Et comme adjointe parlementaire aux Affaires francophones, Amanda Simard n'avait pas été informée ni consultée.

Amanda Simard répond aux questions d'une journaliste au milieu d'une foule.

La députée indépendante de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard lors d'un rassemblement à Rockland en Ontario.

Photo : Radio-Canada

La rupture avec le parti s'en est suivie. Amanda Simard est devenue le symbole de la défense des droits des francophones, partout au pays.

Le vent dans les voiles pour les libéraux?

Cette semaine, elle disait que ses valeurs étaient alignées avec celles du Parti libéral de l'Ontario, le parti contre lequel elle s'est mesurée au printemps 2018 et qu'elle souhaitait chasser du pouvoir. 

Amanda Simard a pourtant dû expliquer pourquoi elle avait voté en faveur du retrait de l’Ontario du marché du carbone lorsqu’elle était conservatrice alors que son nouveau parti s’y oppose.

Les transfuges ont rarement la cote et elle devra vivre avec cette étiquette.

Pourtant, dans son cas, il y a un contexte. Elle ne s'est pas négocié un poste de ministre ou n'accède pas au pouvoir en adhérant aux libéraux. Au contraire.

On ne peut l'accuser d'être opportuniste. Oui, le parti vient d'obtenir un sondage favorable. Mais même en ajoutant le siège d'Amanda Simard, il n'en détient que six à l'Assemblée législative et n'a toujours pas le statut de parti officiel.

Il n'en demeure pas moins que les libéraux de Queen's Park jubilent.

Le chef intérimaire John Fraser parle du parti comme de celui qui défend les droits linguistiques de la communauté franco-ontarienne. Maintenant, les libéraux peuvent mettre un visage sur cette affirmation pour le prouver, celui d'Amanda Simard.

Son adhésion arrive au moment où le parti entame les dernières semaines de sa course à la direction qui culminera le 7 mars. Une course qui a bien besoin de visibilité. L'arrivée d'Amanda Simard lui donne un nouveau souffle.

Une réconciliation difficile?

Mais Amanda Simard n'a pas que des amis.

Dans sa circonscription de Glengarry-Prescott-Russell, les libéraux qui se sont battus contre elle aux dernières élections ne l'accueillent pas à bras ouverts. L'association locale travaillait déjà à trouver un nouveau candidat pour représenter le parti aux prochaines élections et souhaite avoir une course à l'investiture en bonne et due forme.

Jean-Marc Lalonde répond aux questions d'un journaliste.

L'ancien député libéral de la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell, Jean-Marc Lalonde.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

L'ancien député Jean-Marc Lalonde se disait d'ailleurs très déçu cette semaine de l'arrivée d'Amanda Simard.

Plusieurs maires de la région l'ont critiqué dans la dernière année, l'accusant de ne pas être présente sur le terrain. Les tensions existent bel et bien dans la région.

L'atterrissage libéral d'Amanda Simard aura donc son lot de défis.

Défis conservateurs

Pour les conservateurs également.

Le retour d'Amanda Simard à l'avant-plan dans l'actualité est un rappel des ratés de la dernière année.

Un homme en veston avec une cravate.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford.

Photo : Radio-Canada

Le parti de Doug Ford a eu du mal à se sortir de cette crise linguistique qu'il avait lui-même créée. Amanda Simard n'était chez les conservateurs qu'une députée d'arrière-ban.

Elle est devenue cette semaine une membre influente chez les libéraux.

Le premier ministre Doug Ford, de passage à Parry Sound, a souhaité bonne chance à Amanda Simard lorsque Radio-Canada l'a questionné sur les récents événements.

A-t-il des regrets sur la façon dont son parti a traité la députée de Glengarry-Prescott-Russell? Nous l'avons traitée de façon phénoménale, a-t-il répondu, pesant ses mots.

C'est un terrain miné. Il l'a appris à ses dépens au cours de la dernière année.

La politologue regarde la caméra

Geneviève Tellier, politologue à l’Université d’Ottawa

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Pour la politologue Geneviève Tellier de l'Université d'Ottawa, cette annonce montre que les conservateurs ont bien de la difficulté à aller chercher des appuis dans les milieux francophones.

Rien pour aider : cette annonce survient alors que l'ombudsman vient de nommer la nouvelle commissaire aux services en français rappelant aux Franco-Ontariens qu'ils n'ont plus de commissariat à part entière.

Le passage d'Amanda Simard chez les libéraux n'est pas non plus une bonne nouvelle pour les néo-démocrates qui se définissent souvent comme les champions de la défense des droits des francophones en Ontario.

Ce sont eux qui sont dans l'Opposition officielle et qui en principe sont en attente de former le prochain gouvernement. Il est vrai que de passer des conservateurs aux néo-démocrates relèverait de l'acrobatie pour la députée franco-ontarienne.

Mais les néo-démocrates ne doivent pas se réjouir de voir la Amanda Simard passer chez les libéraux. Un symbole fort et important.

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Toronto

Politique provinciale