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Suicide au Centre hospitalier Restigouche : Vitalité explique l’absence de documents

Le centre vu de l'extérieur.

Le Centre hospitalier Restigouche est l'hôpital psychiatrique du Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Radio-Canada

Des lois empêchent le Réseau de santé Vitalité de produire plus de documents sur des événements tragiques, comme le suicide récent d’un patient au Centre hospitalier Restigouche.

La mort du patient Martin Michaud, âgé de 38 ans au moment des faits, a ébranlé le Nouveau-Brunswick en février 2019.

CBC tente depuis des mois d’obtenir les documents de Vitalité sur la mort de M. Michaud et sur l’enquête interne menée à ce sujet, mais le réseau de santé n’a présenté qu’un bref signalement d’incident et deux recommandations qui étaient déjà publiques.

Comme vous le savez, nous ne pouvons entraver la Loi sur les renseignements personnels aux patients en entrant dans les détails du dossier. Toutefois, le Réseau suit la Loi sur la qualité des soins de santé et sécurité des patients qui a été implantée le 1er juillet 2018, indique le porte-parole de Vitalité, Thomas Lizotte.

Une courte note de service indiquant uniquement la date des faits, le nom et l'âge du patient ainsi que le numéro de sa chambre.

Le Réseau de santé Vitalité présente ce bref rapport d'incident rédigé à la suite du suicide de Martin Michaud au Centre hospitalier Restigouche en février 2019.

Photo : Réseau de santé Vitalité

Le dossier du patient est le document principal dans toute revue d’événement préjudiciable ainsi que le rapport d’incident qui signale l’événement. Le suivi qui découle de cet événement se fait en équipe, et seulement les recommandations qui en ressortent sont notées. Les recommandations sont ensuite acheminées au comité régional de la qualité ainsi qu’au comité de qualité du C. A. pour approbation. Le rapport d’incident et les recommandations ont été partagés avec le demandeur, explique Thomas Lizotte.

Les recommandations en question sont de vérifier l’état des patients toutes les heures et de poursuivre les efforts de recrutement pour cet hôpital psychiatrique.

Les questions de la famille Michaud restent sans réponse

La famille Michaud n’a reçu encore aucune communication de la part de Vitalité, déplore Roland Michaud, père de Martin.

Moi, je m’attendais d’avoir plus d’information. On a eu l’information du coroner, mais de l’hôpital, pas un mot, de Vitalité, pas un mot. C’est ce que je trouve déplorable. Même presque un an après, je trouve ça déplorable, je trouve ça un peu choquant, affirme Roland Michaud.

C’est désolant. Je sens qu’ils retiennent de l’information qui devrait être publique.

Roland Michaud, père de Martin Michaud

Martin Michaud est mort durant la matinée du 9 février 2019, deux jours après la publication d’un rapport du Bureau de l’ombudsman du Nouveau-Brunswick sur de multiples cas de mauvais traitements, de négligence et sur la pénurie criante de main-d’oeuvre au Centre hospitalier Restigouche. Vitalité a toujours soutenu que cet établissement était sécuritaire pour les patients.

Charles Murray en entrevue dans un studio de télévision.

L'ombudsman du Nouveau-Brunswick, Charles Murray, entend continuer de poser des questions dans cette affaire. « C’est en effet notre rôle dans le système », dit-il.

Photo : Radio-Canada

Que pense l’ombudsman aujourd’hui de la manière dont les autorités médicales ont géré cette affaire?

On encourage toujours une culture de transparence plutôt qu’une culture d’omerta, une culture de soins plutôt qu’une culture de contrôle, disons. On comprend que parfois les gens préfèrent penser que peut-être les détails dans notre rapport ont été dépassés. Ce qu’on voit dans le cas de Michaud, c’est que les problèmes continuent, et l’effort qu’on doit mettre en place pour régler ces problèmes, ce doit être continuel. Alors, c’est bien clair qu’il reste beaucoup de tâches à faire, beaucoup d’étapes qui restent à prendre, affirme l’ombudsman Charles Murray.

Appels pour une plus grande transparence

Le chef du Parti vert, David Coon, aimerait qu’une enquête publique sur la mort de M. Michaud ait lieu.

Un hôpital comme Restigouche est une institution publique. Il est très important lorsqu'il y a une personne décédée de, pour le public, de comprendre les circonstances, de comprendre les raisons pourquoi, de comprendre le contexte afin de décider si les recommandations pour l'avenir sont les meilleures voies. Maintenant, il n'y a aucune transparence, aucune responsabilité. C'est inacceptable, explique David Coon.

En l’absence de documents, le député libéral Jean-Claude D’Amours se demande s’il y a bel et bien eu une enquête interne.

Lorsqu'on s'attend au niveau de notre organisme de santé Vitalité de faire le travail correctement, on s'attend aussi qu'il soit en mesure de pouvoir avoir les documents nécessaires. De faire les recommandations, c'est une chose. De faire des recommandations sans être en mesure de fournir un rapport d'enquête, c'en est une autre. Il faut bien réaliser, comprendre. On peut se poser des questions. Est-ce qu'il y a réellement eu une enquête de faite? Est-ce qu'il y a eu le travail nécessaire qui devait être fait?, s’interroge M. D’Amours.

Un cadre de Martin Michaud, devant son père et son frère qui lisent ses lettres.

La famille de Martin Michaud se demande notamment si sa mort était évitable.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Le rapport du coroner précise que Martin Michaud est mort entre deux vérifications effectuées à trois heures d’intervalle par le personnel médical du Centre hospitalier Restigouche.

Vitalité a annoncé en septembre 2019 une révision des méthodes de travail à cet hôpital pour que les vérifications des patients aient lieu toutes les heures. Les employés doivent dorénavant prouver qu'ils visitent réellement les patients, entre autres en témoignant qu'ils respiraient, en inscrivant dans un registre l'heure de la vérification et en s'assurant que leur superviseur valide leurs rondes.

Avec des renseignements de Wildinette Paul

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