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L'ayatollah Khamenei minimise les manifestations contre le régime

L'ayatollah lève le bras gauche pour saluer les fidèles.

C'était le première fois en huit ans que l'ayatollah Khamenei prononçait un sermon lors de la grande prière du vendredi.

Photo : The Associated Press

Agence France-Presse

Le guide suprême d'Iran, Ali Khamenei, a maintenu vendredi une attitude ferme contre les Occidentaux et laissé entendre que les manifestations antipouvoir survenues après la catastrophe aérienne n'étaient pas représentatives de l'ensemble du peuple.

Ultime décideur dans les principaux dossiers de la République islamique, l'ayatollah Khamenei s'en est particulièrement pris aux Européens, accusés d'être les valets des États-Unis concernant le dossier nucléaire, lors de son prêche à la mosquée Mosalla de Téhéran.

Le guide suprême, qui dirigeait la grande prière hebdomadaire pour la première fois en huit ans, a aussi attaqué les États-Unis, évoquant les clowns américains qui mentent selon lui de la façon la plus vicieuse.

Réagissant aux propos de l'ayatollah, le président américain Donald Trump l'a appelé à surveiller son langage.

Le soi-disant "Guide suprême" d'Iran, qui n'est plus très suprême ces derniers temps, a dit des choses méchantes concernant les États-Unis et l'Europe. Leur économie s'effondre et leur peuple souffre. Il devrait faire très attention à ses mots!

Donald Trump sur Twitter

Le prêche a été entrecoupé par les slogans Mort à l'Amérique et Mort à Israël de la foule, qui débordait largement de la mosquée sur l'esplanade alentour, selon des images de la télévision d'État.

Au début du mois, les États-Unis et l'Iran ont paru à deux doigts de l'affrontement militaire direct.

Le 3 janvier, les États-Unis ont tué dans une attaque de drone à Bagdad le général iranien Qassem Soleimani, un dirigeant des Gardiens de la révolution, armée idéologique de l'Iran, et architecte de la stratégie d'influence régionale iranienne.

Cinq jours plus tard, le 8 janvier, l'Iran a tiré des missiles sur deux bases abritant des Américains en Irak et a blessé 11 soldats américains. Le même jour, l'Iran a abattu par erreur avec un missile un Boeing d'Ukraine International Airlines (UIA), quelques minutes après son décollage de Téhéran. La catastrophe a fait 176 morts, en majorité des Iraniens et des Canadiens.

Accident amer

Une foule de croyants lors de la prière du vendredi.

Sur cette photo publiée par le bureau de l'ayatollah Khamenei, on aperçoit une foule, poing levé, qui acclame le guide suprême.

Photo : The Associated Press / enei.ir

Ce drame est un accident amer qui a brûlé notre coeur, a déclaré Ali Khamenei.

Mais certains ont essayé de [l'utiliser pour faire] oublier le grand martyre et le sacrifice de Soleimani.

Il faisait allusion aux manifestations éparses de colère contre les autorités, qui ont eu lieu à partir de samedi à Téhéran et dans d'autres villes après le drame de l'avion et le temps – trois jours – mis par les forces armées pour reconnaître leur responsabilité dans l'écrasement.

Louant l'action de Soleimani, présenté comme le commandant le plus puissant de la lutte contre le terrorisme, l'ayatollah Khamenei a déclaré que le peuple iranien était en faveur de la fermeté et de la résistance face aux ennemis.

Le jour où des dizaines de millions de personnes en Iran, et des centaines de milliers en Irak et dans d'autres pays, sont descendues dans les rues pour rendre hommage à Soleimani, ce jour est un jour de Dieu. Le jour où les missiles du Corps [des Gardiens de la révolution] ont détruit la base de l'armée américaine en Irak est aussi l'un de ces jours de Dieu.

L'ayatollah Khamenei

Si la tension entre les ennemis américain et iranien semble être retombée après la catastrophe aérienne, celle-ci a suscité l'indignation en Iran.

La police toujours déployée à Téhéran

La police antiémeute a été déployée en force à Téhéran après l'organisation quotidienne de manifestations antipouvoir depuis que l'Iran a reconnu le 11 janvier une erreur dans l'écrasement.

Concentrées surtout à Téhéran, les manifestations sont néanmoins apparues d'une ampleur nettement inférieure à la vague de contestation nationale de novembre contre la hausse du prix de l'essence, matée par une répression ayant fait au moins 300 morts, d'après Amnistie internationale.

Selon des images diffusées sur les réseaux sociaux, une cérémonie jeudi à la mémoire des victimes de l'écrasement à Ispahan (centre) a tourné à la manifestation hostile aux autorités.

Après le prêche de M. Khamenei, la télévision d'État a diffusé des images de rassemblements de soutien au pouvoir et aux forces armées dans des villes de province.

C'est un général des Gardiens de la révolution qui a endossé la responsabilité totale du drame de l'avion et affirmé que celui-ci avait été causé par l'opérateur d'une batterie de missile qui avait pris le Boeing pour un missile de croisière, en pleine alerte des forces iraniennes face à une éventuelle riposte américaine.

Des jeunes lèvent le bras et tiennent une pancarte sur laquelle est écrit en farsi : « Votre erreur était intentionnelle, votre mensonge était intentionnel. »

Des étudiants de l'Université Amir Kabir, à Téhéran, dénoncent les mensonges du régime, le 11 janvier 2020.

Photo : Getty Images / STR

Sur le dossier nucléaire qui empoisonne les relations de l'Iran avec la communauté internationale, Ali Khamenei a accusé les gouvernements britannique, français et allemand de faire preuve de lâcheté face aux États-Unis.

Il est prouvé maintenant [...] que ces trois gouvernements européens sont les valets de l'Amérique et ces gouvernements lâches attendent que l'Iran se soumette, a dit l'ayatollah, qui affirme régulièrement que les Occidentaux ne sont pas dignes de confiance.

Washington s'est retiré en 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien, rétablissant des sanctions asphyxiantes contre l'Iran. En riposte, Téhéran s'est affranchi d'engagements pris dans le cadre de ce pacte. Paris, Berlin et Londres, parties prenantes de l'accord, ont déclenché un mécanisme pour tenter de contraindre Téhéran à revenir au respect total du texte.

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