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Nouvel appui pour un programme national d’alimentation saine à l’école

Un plateau avec une petite brique de lait, un lunch avec des croûtons, un poivron vert, des tomates, des brocolis, une pêche.

Seuls 19 % des jeunes de 12 à 19 ans du Grand Sudbury consomment le nombre de portions de fruits et légumes recommandé par le Guide alimentaire canadien.

Photo : Associated Press / Hans Pennink

Zacharie Routhier

Le Service de santé publique de Sudbury invite les gouvernements provinciaux et fédéral à étudier la possibilité de créer un programme universel d’alimentation saine à l’école.

Celui-ci prendrait la forme d’un repas ou d’une collation santé offerte à tous les élèves canadiens, de la maternelle à la 12e année.

Ainsi, le Service de santé publique de Sudbury emboîte le pas aux services de santé publique de Toronto, de Peterborough et de Windsor-Essex, qui ont toutes adopté des positions similaires.

La motion, avant d'être adoptée à majorité au conseil d’administration, a été critiquée par certains membres. Des voix se sont notamment élevées pour décrier l’ingérence du gouvernement dans une question qui est de la responsabilité des parents.

Pallier les manques

Pour la Dre Penny Sutcliff, médecin hygiéniste en chef de l’agence, la motion vise avant tout à reconnaître que certains enfants commencent leur journée sans repas, ou n’ont pas accès à une alimentation saine au quotidien.

Elle mentionne également qu’un programme universel ne remplacerait pas les initiatives actuelles, comme le Programme de distribution de fruits et de légumes dans le Nord de l'Ontario, qui offre deux portions de fruits et légumes locaux chaque semaine à plus de 35 000 élèves de janvier à juin.

L’idée est plutôt de combler les manques d’un système hétéroclite en débloquant une source de financement stable, tout en prenant en compte les besoins des provinces, territoires et Premières Nations.

Peu de fruits et légumes pour les jeunes Ontariens

Selon les chiffres de la Santé publique de Sudbury, seuls 19 % des jeunes de 12 à 19 ans de la région consomment le nombre de portions de fruits et de légumes recommandé par le Guide alimentaire canadien.

Les nombres sont similaires pour le reste de l’Ontario, soulève Alyssa Rumford, diététiste au Service de santé publique de Sudbury.

On sait qu'une bonne nutrition aide les étudiants à réussir à l’école. Ça aide la santé physique, la santé mentale ainsi que le développement.

Alyssa Rumford, diététiste au Service de santé publique de Sudbury
Une femme pose devant un logo Sudbury & District.

Pour Alyssa Rumford, l'objectif de la motion est de démontrer qu'un programme national pourrait avoir des impacts positifs dans les écoles.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

Circonstances politiques favorables?

Dans le cadre de sa nouvelle politique alimentaire, le gouvernement fédéral s'est engagé à tenir des consultations sur la mise en place d'un programme national d'alimentation dans les écoles.

Il a assorti sa politique d'une enveloppe de 134,4 M$ sur cinq ans afin de financer des initiatives visant à rendre le système alimentaire canadien plus sain et plus durable.

La Coalition pour une saine alimentation scolaire, créée il y a cinq ans, y voit une occasion inespérée.

Tout le monde nous disait qu’on n’allait jamais voir un tel programme.

Debbie Field, coordonnatrice de la Coalition pour une saine alimentation scolaire

Dans un mémoire soumis en prévision du prochain budget fédéral, l’organisme propose au gouvernement de Justin Trudeau de débloquer 360 M$ pour lancer une initiative d'alimentation scolaire universelle.

Cela équivaut à près de 20 % du 1,88 milliard de dollars qu’elle coûterait annuellement, selon les calculs de l’organisme.

Un investissement qui rapporterait, affirme Gisèle Yasmeen, directrice générale du Réseau pour une alimentation durable, dont fait partie la coalition. Elle pointe les chiffres de la Fondation des maladies du cœur du Canada, qui évalue les coûts annuels des maladies liées à l’alimentation à 26 milliards de dollars.

Le Canada est le seul pays du G7 à ne pas avoir de programme national d’alimentation à l'école. Cependant, celui des États-Unis, par exemple, ne s'adresse qu'aux enfants des familles à faibles revenus.

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Nord de l'Ontario

Nutrition