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L'impact des nouvelles règles encadrant les expéditions au mont Logan serait limité

Un hélicoptère posé devant le mont Logan.

Le nombre d'opérations de sauvetage en haute altitude sur le mont Logan ont augmenté de façon importante ces dernières années, selon Parcs Canada.

Photo : Parcs Canada

Claudiane Samson

L'impact pour les aventuriers des nouvelles restrictions imposées par Parcs Canada aux expéditions à destination du champ de glace Kluane et du plus haut sommet au pays qui s'y trouve, le mont Logan, sera limité, pense le guide de montagne Claude Vallier.

Parcs Canada a récemment annoncé que les expéditions hivernales sur le champ de glace du parc Kluane sont désormais interdites. Les expéditions en solitaire le sont également, et ce pendant toute l'année, sur le mont Logan. Finalement, les groupes entreprenant des expéditions sur le champ de glace ou le mont Logan aux époques de l'année où elles sont permises devront se munir d'une police d'assurance.

Ed Jager de Parcs Canada rappelle que de fait, les membres des expéditions de groupes ont l'avantage de pouvoir s’entraider advenant des problèmes. Les mois d’été sont également plus propices à une météo plus clémente en montagne.

« C’est un coin du monde incroyable et le travail de Parcs Canada est toujours d’offrir des occasions pour les Canadiens et les visiteurs de visiter les places donc on ne voulait pas simplement dire qu'il y a plus d'expéditions, mais on voulait prendre des décisions qui en diminuent les risques et augmentent les chances de succès des alpinistes. »

Vue aérienne du mont Logan.

Le mont Logan, le plus haut sommet au Canada avec 5959 mètres, est situé au Yukon à la frontière de l'Alaska.

Photo : Parcs Canada

Un impact limité

Le guide de montagne, skieur hors-piste et ancien membre du Peloton de Gendarmerie de haute montagne en France, Claude Vallier, ne croit pas que le moratoire aura beaucoup d'impact. Il souligne d’une part que le nombre d'expéditions en solitaire est infime et que les groupes sont généralement assurés.

De plus, la grande majorité des expéditions se font en dehors de la saison hivernale en raison du froid, des heures d'ensoleillement limité et des possibilités de tempêtes. En 2019, il y a eu une seule expédition en hiver dans le secteur.

Claude Vallier devant le mont Logan

Claude Vallier a fréquenté à plusieurs reprises le secteur du mont Logan.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

La plupart des groupes sont déjà assurés. Dès qu'on part en expédition quelque part, on pense toujours qu'il peut arriver quelque chose. [...] Surtout dans ce secteur-là, ce n'est pas du tourisme de masse, il y a vraiment très peu de gens sur une période vraiment très courte de l'année.

Claude Vallier, skieur hors-piste et guide de montagne

Claude Vallier est d’avis que le mont Logan est particulièrement dangereux pour les alpinistes en solitaire, car il faut traverser un glacier parsemé de crevasses pour y arriver. Il croit que les restrictions imposées permettront de calmer les « râleurs » qui dénoncent les frais d'évacuation parfois payés par les contribuables.

Des opérations de sauvetage qui peuvent coûter jusqu'à 100 000 $

Parcs Canada justifie en partie ses nouvelles restrictions par les coûts élevés des évacuations des sept dernières années et par les dangers encourus par le personnel de recherche et de sauvetage qui participent à ces opérations représentent.

Une telle opération peut coûter de 60 000 $ à 100 000 $, explique le directeur de l'expérience des visiteurs chez Parcs Canada, Ed Jager.

Par ailleurs, le faible taux d'oxygène au-dessus de 4000 mètres menace le bien-être du personnel et à cette altitude la portance des hélicoptères est réduite : le sommet du mont Logan atteint 5959 mètres.

On veut toujours s'assurer de la sécurité de nos visiteurs et aussi de la sécurité des membres de l'équipe qui font la recherche et sauvetage. On voyait aussi une augmentation dans les coûts financiers de ces opérations-là. Donc on ne voulait pas obliger les payeurs de taxes à assumer les coûts associés avec la recherche et sauvetage.

Ed Jager, directeur de l'expérience des visiteurs, Parcs Canada

Augmentation de la fréquentation du glacier et des sauvetages

Parcs Canada estime que 35 groupes s’aventurent chaque année dans le secteur dont le tiers environ sur les flancs du mont Logan.

Des trois expéditions en solitaire entreprises depuis 2015, deux se sont soldées par une évacuation par hélicoptère en haute altitude.

En 2017, deux séismes ont secoué le secteur alors que l'Argentine Natalia Martinez s'y trouvait, elle a dû être extirpée de la face est de la montagne.

Et en 2018, la Québécoise Monique Richard a dû être secourue alors qu'elle se trouvait à 5200 mètres d’altitude sur la voie du retour après avoir atteint le sommet du mont Logan en solitaire. Elle est d'ailleurs la première et la seule femme à avoir atteint le plus haut sommet du Canada en solitaire.

Monique Richard devant l'hélicoptère avec l'équipe de sauvetage

L'opération de sauvetage de Monique Richard a requis le travail de spécialistes de Parcs Canada à Kluane et Banff, de l'Alaska ainsi que la police.

Photo : Monique Richard

Pour ce qui est des groupes, en 2015, trois alpinistes pris dans des conditions météorologiques difficiles ont été secourus et en 2017, deux évacuations ont été nécessaires.

Le directeur Ed Jager rappelle que les restrictions sont temporaires et qu'aucun autre parc au pays ne fera l'objet de pareilles modalités.

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