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Le GMF d’Aylmer est passé de 10 à 4 médecins

L'écriteau de la clinique sur l'immeuble.

La Clinique médicale du Vieux-Aylmer, à Gatineau

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le Groupe de médecine familiale (GMF) d’Aylmer doit composer avec l’absence de 6 de ses 10 médecins, certaines de façon permanente. D’ici l’été, environ 2000 patients se retrouveront orphelins.

Deux médecins ont pris leur retraite à la fin décembre et trois autres sont en congé de maternité, explique le Dr Alain Couët. qui travaille au GMF.

Le Centre médical du Vieux-Aylmer a également annoncé sur son site Internet que la Dre Nancy Guirguis ne travaillera plus pour le GMF à partir du 1er février. Ses patients pourront consulter le GMF pour des urgences mineures jusqu’au 29 février, peut-on lire. Mais après cette date, les patients n’auront plus accès au GMF et seront invités à consulter une autre clinique qui accepte des patients non-inscrits, ajoute-t-on.

Pour l’instant, un seul nouveau médecin a été recruté pour remplacer ces départs. Il doit entrer en poste dans les prochains mois.

Depuis ces absences, beaucoup plus de patients inscrits au GMF d’Aylmer consultent la clinique d’urgence, qui fonctionne sur rendez-vous, parce que leur médecin n'est pas disponible. Comme les médecins ne peuvent pas tous les recevoir, plusieurs doivent se rabattre sur des cliniques sans rendez-vous.

Le Dr Couët est interviewé dans son bureau du GMF.

Dr Alain Couët, médecin de famille au Groupe de médecine familiale (GMF) d’Aylmer.

Photo : Radio-Canada

La situation crée une importante pression sur les médecins restants. On n’a plus le temps, on n’a pas les ressources, lance le Dr Couët. Il faut s’occuper de nos propres patients aussi.

Nous sommes débordés, nous sommes brûlés.

Dr Alain Couët, médecin au GMF d’Aylmer

Le Dr Couët, qui suit 1600 patients, compte lui-même prendre sa retraite cet été, après plus de 41 ans de pratique en médecine familiale.

Je voudrais ralentir, je ne peux pas, soutient-il. Cet hiver, je vais travailler plus d’heures chaque semaine que j’ai travaillé dans les quatre dernières années. Il prévoit tout de même de ralentir la cadence à compter du printemps.

Des patients à la recherche de médecins

Lorsqu’un patient perd son médecin de famille, il doit lui-même trouver un autre médecin ou s’inscrire sur la liste d’attente du Guichet d'accès pour un médecin de famille (GAMF).

La situation n’est pas unique à l’Outaouais. L’ensemble du Québec doit composer avec une pénurie de médecins et les régions s’arrachent les diplômés.

Pour le député libéral de Pontiac, André Fortin, il faudrait faciliter le remplacement des départs à la retraite. On semble attendre qu’un médecin s’en aille, que les patients se retrouvent orphelins avant d’en octroyer un nouveau et ça ne peut pas fonctionner comme ça, résume-t-il.

Aujourd’hui, le ministère n’a pas de solution. Ça doit changer, parce que des situations comme celle-là ne peuvent pas se reproduire ad vitam aeternam.

André Fortin, député de Pontiac

On peut mieux faire cette transition-là si on permet à un médecin d’arriver avant ou au moment où un médecin prend sa retraite, ajoute le député libéral.

Des contraintes administratives

Le mode de rémunération des médecins complique également le remplacement des congés de maternité.

Un médecin intéressé serait pénalisé financièrement parce qu’il verrait les patients d’un médecin absent sans avoir de patients à lui qui sont inscrits, explique le Dr Couët. C’est impossible de contourner ça. C’est un obstacle administratif.

La structure de rémunération, les mécanismes incitatifs pour avoir des patients inscrits font en sorte qu’il est impossible d’avoir des médecins remplaçants. Ça nous brise les jambes.

Dr Alain Couët, médecin de famille, GMF d’Aylmer

De son côté, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec explique que les Plans régionaux d'effectifs médicaux (PREM) (en médecine de famille) sont conçus pour répartir équitablement les effectifs à travers la province afin de répondre aux besoins.

Pour les PREM commençant le 1er décembre 2020, 12 places ont été autorisées dans le RLS de Grande-Rivière–Hull–Gatineau. Le ministère assure que toutes les places ont été comblées.

La ministre Danielle McCann a pour sa part refusé de commenter le dossier.

Le député Fortin aimerait quant à lui que Québec délimite avec plus de précisions les secteurs géographiques où les médecins peuvent travailler.

Si on octroie un poste de nouveau médecin à une région, par exemple la région d'Aylmer, ce serait plus simple si on sait qu'un médecin va prendre sa retraite à telle date, explique-t-il.

Avec les informations de Josée Guérin et de Jérôme Bergeron

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