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Après les paniers de légumes, les paniers de pain

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Un boulanger pétrit sa pâte pendant que des pains cuits refroidissent sur des grilles.

Le système de commande et de livraison de pain permet d'éviter les surplus de production.

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

De jeunes entrepreneurs du Bas-Saint-Laurent se sont lancés récemment dans la production et la distribution de paniers de pain. Une façon pour eux d'aborder autrement le métier de boulanger, mais aussi de contrer le gaspillage alimentaire.

Les fourneaux et les minuteries fonctionnent à plein régime chez Ève Lapierre et Fabien Demandolx, qui se sont aménagé une boulangerie au sous-sol de leur maison de L’Isle-Verte.

Forts de leur expérience en boulangerie, l'une à la vente, l'autre à la production, Ève et Fabien se sont lancés dans une aventure peu commune, il y a de cela quelques mois : celle de faire leurs propres pains à domicile, puis de les livrer directement au consommateur.

Les jeunes entrepreneurs se sont inspirés des paniers de légumes offerts par les maraîchers de la région pour offrir des paniers de pain.

Le couple prépare la pâte des futurs pains à enfourner.

Ève Lapierre et Fabien Demandolx à l'œuvre dans leurs locaux de L'Isle-Verte.

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

On a notre gamme de pains au levain qui met vraiment en valeur les grains de fermiers locaux, et toute notre gamme de produits sucrés salés vont être imaginés à partir des produits de maraîchage, donc [à partir] des fruits et des légumes qui poussent dans le coin, décrit Ève Lapierre, copropriétaire de Racines boulangerie fermière.

Après avoir fait leur commande en ligne, les clients peuvent ensuite récupérer leurs pains chaque semaine à différents points de chute entre Rivière-du-Loup et Rimouski.

La boulangerie fermière de Fabien et Ève produit actuellement entre 350 et 400 pains par semaine. Ces pains se retrouvent sur la table d'une cinquantaine de familles de la région. Les producteurs s'attendent à voir ce nombre augmenter dans les prochains mois.

Une cliente attend de payer pendant que les boulangers emballent les vivres.

Distribution de pain et de produits salés et sucrés au café de l'Université du Québec à Rimouski

Photo : Radio-Canada

C’est de montrer que c'est pas beaucoup plus cher, en tout cas, même peut-être moins cher d'acheter directement à nous que d'aller acheter du pain à l'épicerie.

Ève Lapierre, copropriétaire de Racines boulangerie fermière

Par les paniers de pain, ce qu'on propose, c'est que ça devienne le pain de tous les jours. [...] Les gens prennent moins de pain au début, l'essayent, et, quand ils commencent à l'aimer, ils se disent "OK, on va le manger tout le temps, ce pain-là", explique Ève Lapierre.

L'utilisation du levain dans la fabrication permet d'ailleurs au pain de se conserver plus longtemps, jusqu’à la prochaine distribution.

Pour Fabien Demandolx, qui fait du pain depuis une quinzaine d'années, c'est une occasion de sortir un peu de ses fourneaux et de créer une réelle relation avec ses clients.

Les gens sont super accueillants. Je n'ai pas l'habitude de vendre ce que je fais, et là, c'est super gratifiant de vendre les produits que je fais aux gens qui vont les manger. C'est un bel échange, je trouve.

Fabien Demandolx, copropriétaire de Racines boulangerie fermière
Une pâtisserie en pleine confection sur une planche.

La boulangerie Mélilot dessert plusieurs restaurants à Rimouski.

Photo : Radio-Canada

La boulangerie et pâtisserie Mélilot, à Rimouski, gère aussi deux fois par semaine sa propre distribution de pain directement aux consommateurs.

La copropriétaire de l’entreprise, Sarah Bourdon, estime que ce type de mise en marché évite toute forme de gaspillage :

On n'a pas de pertes. On fait vraiment juste des pains à la commande, exactement le nombre dont on a besoin. Donc, on n'a pas de pains qui [vont] à la poubelle [ni] des extras.

Sarah Bourdon, copropriétaire de Mélilot

Sarah et son conjoint Jacob font surtout affaire avec les restaurants, mais la livraison chez les particuliers est aussi appelée à se développer.

Cette offre se fait connaître pour l'instant surtout par le bouche-à-oreille.

Ce n’est pas quelque chose qui est commun, d'acheter son pain sur Internet et de le faire livrer chez soi, c'est quelque chose que les gens [doivent apprendre] à développer de leur côté, parce qu'ils n'y pensent pas, explique Sarah Bourdon.

Sarah Bourdon devant son four à pain.

Sarah Bourdon, la copropriétaire de la boulangerie et pâtisserie Mélilot, travaille également à domicile. Son conjoint Jacob se charge de livrer les commandes à leurs clients.

Photo : Radio-Canada

La demande est là. Le défi, c'est de faire connaître ce concept de distribution-là.

Ève Lapierre, copropriétaire de Racines boulangerie fermière

Et la liberté des artisans se fait d'ailleurs plus grande, alors qu’ils jouissent d'un horaire bien moins contraignant que dans une boulangerie traditionnelle.

Je peux commencer à 7 h, si j'en ai envie. C'est quand même super cool, ça. On n'a pas besoin d'ouvrir à 8 h [ni de s’assurer que] toute la boutique soit remplie de viennoiseries et tout ça, non. Nous, on fait notre truc, on l'apporte aux gens, c'est frais du jour pareil, et les gens, ils ont ça chez eux. Moi, je trouve que c'est même encore mieux. T'apportes ça vers les gens plutôt que ce soient les gens qui aillent vers toi, conclut Fabien Demandolx.

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