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Urgences engorgées : la FIQ réclame une loi sur les ratios infirmière-patients

Nancy Bédard en conférence de presse.

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Nancy Bédard, a tenu une conférence de presse jeudi concernant le débordement dans les urgences des hôpitaux.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Une partie de la solution au problème d'engorgement des urgences réside dans l'implantation et la généralisation des projets de ratios infirmière-patients, estime la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).

La FIQ, qui représente 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnelles en soins, croit que la situation chaotique qui existe présentement dans les urgences du Québec serait moins difficile si ces fameux ratios avaient été déjà implantés.

C’est de notoriété publique, la FIQ veut une loi qui limitera le nombre de patients que peut prendre en charge une professionnelle en soins ou une équipe de soins, a affirmé la présidente de la FIQ en point de presse jeudi.

Il ne fait plus aucun doute que pour donner des soins de qualité et sécuritaires à la population et à nos patients au Québec, ça prend une loi sur les ratios, a ajouté Nancy Bédard.

Seize projets pilotes ont été lancés sous l'ancien ministre de la Santé, Gaétan Barrette, afin de vérifier la pertinence et l'efficacité d'implanter de tels ratios infirmière-patients. Ces ratios variaient selon l'unité de soins : urgence, soins de longue durée, chirurgie, soutien à domicile, médecine.

Les études scientifiques le démontraient depuis plus de 15 ans, mais le ministère voulait qu’on le démontre au Québec. C’est chose faite.

Jérôme Rousseau, vice-président de la FIQ et responsable politique du dossier des ratios

Le dernier de ces 16 projets pilotes a pris fin en décembre dernier. Selon Jérôme Rousseau, 13 comités sur 16 en sont venus à la conclusion que les ratios sont pertinents et bénéfiques, tant pour les professionnels en soin que pour les patients.

Or, la ministre de la Santé, Danielle McCann, a déjà indiqué qu'elle voulait attendre la fin de tous les projets pilotes, puis les analyser, avant d'en tirer les conclusions qui s'imposent.

Devant ces délais, la présidente de la FIQ semble s'impatienter. Elle estime que la situation est urgente et que l'efficacité et la pertinence de ces ratios ont depuis longtemps été démontrées. Depuis quelques mois, c’est silence radio de la part de la ministre McCann, a-t-elle déploré, soulignant au passage que son organisation était prête à travailler avec la ministre dès maintenant.

De meilleurs soins... et de meilleures conditions

La FIQ a par ailleurs tenu à souligner que ces ratios, en plus de garantir de meilleurs soins aux patients, ont permis d'avoir des infirmières moins épuisées, qui font moins de temps supplémentaire obligatoire (TSO).

Quand tu rentres travailler, que tu sais que tu as déjà fait deux "16 heures", que pour le prochain quart où tu vas rentrer il manque encore huit personnes... Tu es déjà à bout de souffle; tu vas devoir encore rester pour un autre 16 heures. [...] Un moment donné, les professionnelles en soins ne veulent plus travailler dans les urgences et s'en vont.

Nancy Bédard, présidente de la FIQ

Selon la FIQ, les ratios infirmière-patients réduisent l'absentéisme au travail ainsi que le recours à l'assurance invalidité.

En campagne électorale, il y a plus d’un an, la Coalition avenir Québec avait promis d’en finir avec le TSO comme mode de gestion pour pallier le manque de personnel dans le réseau de la santé.

Un passant marche devant un établissement de santé où l'affiche est accrochée. On peut lire : « Le temps supplémentaire obligatoire, ç'a assez duré! »

Une affiche dénonce le recours au temps supplémentaire obligatoire dans le réseau de la santé.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La ministre McCann a aussi annoncé l'ouverture de cliniques d'hiver pour éponger le surplus de patients qui se rendent dans les urgences en raison de symptômes grippaux pendant cette saison.

Or, malgré l’ouverture, au début de décembre, de plus de 55 de ces cliniques – ou de la prolongation des heures d'ouverture de cliniques déjà existantes –, la majorité des salles d’urgence du Québec continuent de déborder.

Avec les informations de La Presse canadienne

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