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Une femme d’affaires saskatchewanaise promet de rembourser 62 000 $ d’argent public

Heather Abbey, qui regarde la photographe, debout dans le corridor d'un hôtel.

Heather Abbey, 38 ans, est une femme d'affaires de la Première Nation de Little Pine, au nord-ouest de North Battleford, en Saskatchewan.

Photo : Alicia Bridges

Samuel Desbiens

Une femme d’affaires de la Première Nation de Little Pine, Heather Abbey, entend rembourser les 62 000 $ d’argent public que lui réclame Creative Saskatchewan, une agence qui vient en aide à des entreprises du milieu artistique ou à des artistes en Saskatchewan.

Des allégations de mauvaise gestion financière et de promesses non tenues par Heather Abbey ont incité l’agence saskatchewanaise à se pencher sur cinq projets entrepris par la femme d’affaires entre 2015 et 2019. Au cours de cette période, Creative Saskatchewan a fourni à la compagnie de Mme Abbey, Indig inc., plus de 160 000 $ d’argent public.

Deux des cinq projets examinés ont été jugés comme un échec par Creative Saskatchewan, notamment la mission commerciale au Japon marquée de mésaventures que la femme d’affaires a organisée en juillet dernier.

Au départ, j’ai offert de rembourser chaque cent que j’ai obtenu par des subventions, mais Creative Saskatchewan a voulu faire preuve de diligence raisonnable, note Heather Abbey. Je vais rembourser les deux subventions reçues [pour les deux projets qui ont échoué].

Gros plan sur le visage de Heather Abbey qui regarde le photographe.

Au fil des ans, Heather Abbey a accumulé plusieurs dettes.

Photo : Courtoisie

En août 2019, une enquête de CBC/Radio-Canada a révélé que seulement 3 des 15 participants à la mission commerciale au Japon habitaient en Saskatchewan, ce qui était pourtant un critère essentiel pour obtenir la subvention. Heather Abbey avait également laissé des factures impayées au Japon, dont une de 15 000 $ en frais d’annulation et de non-présentation dans un hôtel de Tokyo.

Une seconde enquête plus approfondie a également montré que la femme de 38 ans avait obtenu 25 000 $ pour installer une boutique dans un magasin de Saskatoon. En septembre 2019, Heather Abbey mentionnait toutefois ce projet était annulé.

J’ai l’impression d’avoir fait toutes les erreurs possibles [...] Maintenant, je peux consacrer du temps à les réparer et à devenir une meilleure personne qui ne se lance pas dans des projets sans avoir de plan solide, insiste-t-elle.

Les trois autres initiatives, qui ont nécessité des investissements de 100 000 $ de la part de l’agence, ont été considérées comme des réussites par l’organisation provinciale.

Ces projets ont, entre autres, permis à Mme Abbey de mettre sur pied des formations destinées aux artistes autochtones et de créer des sites web.

Neuf personnes autochtones posent côte à côte dans un décor lumineux et coloré.

Une quinzaine de créateurs autochtones se sont rendus au Japon, à l'été dernier, pour faire connaître leur travail et promouvoir leur culture, mais le séjour n'a pas été à la hauteur de leurs attentes.

Photo : Agnes Woodward

De lourdes dettes

Heather Abbey n’a cependant pas que le montant de 62 000 $ d’argent public à Creative Saskatchewan à rembourser, puisqu’elle a de nombreuses dettes enregistrées à son dossier.

Les documents juridiques et les dossiers du gouvernement provincial révèlent que deux coopératives de crédit et deux propriétaires exigent 64 000 $ à la femme d’affaires pour divers prêts, ainsi qu’un loyer impayé.

Nous commençons par demander le remboursement de l’argent. Si elle n’est pas en mesure de le faire, nous procéderons à l'examen de toutes les options qui s’offrent à nous. Chaque décision que nous prenons est basée sur le respect et la protection des fonds publics, explique le directeur des communications de Creative Saskatchewan, Craig Lederhouse.

Un nouveau processus de traitement des plaintes

D’autres entrepreneurs de la Saskatchewan confient aussi avoir eu de mauvaises expériences avec Heather Abbey par le passé.

C’est le cas du président-directeur général de Danger Dynamite, à Saskatoon, Frank Collins, qui a conçu un site web pour l’entreprise de la femme d’affaires sans jamais avoir été payé. Il dit avoir contacté Creative Saskatchewan en mars 2019 pour lui faire part de ses problèmes avec Heather Abbey, mais n'a pas reçu de réponse adéquate de sa part.

Creative Saskatchewan s’en est complètement lavé les mains, affirme-t-il.

Gros plan sur Frank Collins, assis sur un banc, qui regarde le photographe.

Le président-directeur général de Danger Dynamite, à Saskatoon, Frank Collins, affirme avoir eu un conflit avec Heather Abbey au sujet d'un site web qu'il a conçu pour elle par le passé.

Photo : Frank Collins

Creative Saskatchewan précise qu’elle n’a pas l’intention d’intervenir dans les différends commerciaux entre les différents entrepreneurs, mais qu’elle enregistrera désormais ce type de plaintes dans un nouveau processus de traitement des plaintes.

Nous voulons être en mesure de gérer les plaintes de manière formelle et de veiller à ce qu’elles soient examinées convenablement dans l’éventualité où le demandeur sollicite à nouveau du financement à l'avenir, conclut Craig Lederhouse.

Avec les informations de Bonnie Allen

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