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L'ex-réserviste Patrik Mathews arrêté aux États-Unis

Un homme devant une maison.

Patrik Mathews a été arrêté jeudi matin, selon le FBI.

Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

Thibault Jourdan
Chloé Dioré de Périgny

L’ex-réserviste des Forces armées canadiennes Patrik Mathews, qui était porté disparu depuis l’été dernier, a été arrêté aux États-Unis, a annoncé le FBI jeudi.

Selon David Fitz, un porte-parole du FBI, Patrik Mathews a été arrêté au Delaware avec un autre suspect, Brian Mark Lemley. Une troisième personne, William Garfield Bilbrough IV, a été arrêtée au Maryland. David Fitz ajoute que toutes les arrestations se sont déroulées sans incident.

Selon un communiqué de la cour de justice de Greenbelt, au Maryland, Patrik Mathews fait notamment face à des accusations de transport d’une arme à feu avec des munitions dans l’intention de commettre un crime et d’être un étranger en possession d’une arme à feu et de munitions.

Patrik Mathews pourrait écoper d’un maximum de 10 ans de prison pour chacune des accusations.

L’ancien réserviste militaire avait été démis de ses fonctions à cause de liens présumés avec le groupe néonazi The Base. En septembre dernier, les autorités américaines avaient annoncé qu’il avait franchi la frontière américano-canadienne illégalement.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait lancé un avis de recherche le concernant le 26 août 2019. Son véhicule avait été découvert, au début du mois de septembre, près de Piney, dans le sud-est du Manitoba, à seulement 9 km de la frontière américaine.

Selon les documents déposés au tribunal, les trois accusés, membres du groupe The Base, ont discuté sur les salons cryptés du groupe néonazi du recrutement, de la création d'un ethno-État blanc, d'actes de violence contre les communautés minoritaires (dont les Afro-Américains et les Juifs-Américains), de l'organisation de camps d'entraînement de style militaire et de façons de fabriquer des engins explosifs improvisés.

Léger soulagement dans la communauté 

Belle Jarniewski, la directrice générale du Centre du patrimoine juif de l’Ouest canadien, redoutait le pire pendant la cavale de Patrik Mathews. Elle dit être soulagée qu’il ait été arrêté.  

Il y a une centaine de groupes comme ceux-ci au Canada. [...] Je pense qu’il faut prendre ça très au sérieux.

Belle Jarniewski, directrice générale du Centre du patrimoine juif de l’Ouest canadien

Pour la même raison, Omar Kinnarath, du groupe Fascist Free Treaty 1, dit pouvoir difficilement affirmer que la communauté est plus en sécurité désormais. 

Je faisais partie des gens que le groupe ciblait à Winnipeg, alors oui, je suis plus serein, mais, des personnes ou groupes similaires, il y en a, et on doit être conscient de cela.

Quand on étudie ces groupes, on remarque qu’ils ont un réseau, des gens autour d’eux partout aux États-Unis pour les aider et les héberger, ajoute-t-il, pensant à la longue fuite de l’ex-réserviste. 

Sur les traces de Patrik Mathews

Les documents déposés au tribunal permettent en effet de retracer le parcours de Patrik Mathews depuis sa disparition, l’été dernier. 

On apprend ainsi que l’ex-réserviste des Forces armées canadiennes a traversé illégalement la frontière entre le Manitoba et le Minnesota le 19 août. Le 30 août, Brian Mark Lemley et William Garfield Bilbrough ont conduit depuis le Maryland pour récupérer Patrik Mathews, qui se trouvait alors au Michigan. Dès le lendemain, les trois hommes sont retournés au Maryland.

Leur périple ne s’est toutefois pas arrêté là. Le 3 novembre, les trois accusés sont partis de Virginie pour se rendre dans l’est du Maryland, où William Garfield Bilbrough habitait. Là, les trois hommes se sont séparés: Brian Mark Lemley et Patrik Mathews se sont rendus à Elkton, dans le Maryland, où ils ont loué une chambre dans un motel pour le Canadien. 

Le lendemain, Brian Mark Lemley a emmené Patrik Mathews au Delaware, où les deux hommes louaient un appartement dans lequel ils habitaient toujours.

En décembre 2019, les deux compères ont utilisé un récepteur commandé par Brian Mark Lemley, ainsi que d'autres pièces d'armes à feu, pour fabriquer un fusil d'assaut fonctionnel.

Toujours en décembre, les trois accusés auraient tenté de fabriquer une substance contrôlée, du DMT, dans l'appartement loué par Brian Mark Lemley et Patrik Mathews. Ils ont, par ailleurs, discuté des activités de The Base et ont parlé d’autres membres de l'organisation.

Enfin, en janvier, Brian Mark Lemley et Patrik Mathews ont acheté environ 1650 cartouches de munitions de 5,56 mm et 6,5 mm. Ils ont ensuite voyagé du Delaware à un champ de tir dans le Maryland, où ils se sont entraînés au fusil d'assaut.

Ils ont aussi récupéré des porte-plaques utilisés pour soutenir les gilets pare-balles ainsi qu’une partie des munitions achetées à l’ancienne résidence de Brian Mark Lemley, au Maryland.

La GRC se fait discrète

La GRC dit « être au courant de l’arrestation de Patrik Mathews par le FBI », mais refuse d'en dire plus, soulignant qu'elle « ne commente pas les enquêtes qui sont conduites par d’autres pays ».

Par ailleurs, le ministère de la Justice américain a indiqué qu’il n’accordera pas d’entrevues avant la semaine prochaine.

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