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Suicide au Centre hospitalier Restigouche : difficile d’obtenir plus de détails

Le Réseau de santé Vitalité présente des recommandations déjà connues en répondant à une demande d’accès à l’information.

Un cadre de Martin Michaud, devant son père et son frère lisant ses lettres.

Au Centre hospitalier Restigouche, Martin Michaud passait le temps en écrivant. Son père et son frère, ci-dessus, lisent ses lettres.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Radio-Canada

Le Réseau de santé Vitalité présente peu de documents au sujet de son enquête interne sur le suicide d’un patient au Centre hospitalier Restigouche, l’hiver dernier.

La mort de Martin Michaud, âgé de 38 ans au moment des faits, a largement secoué le Nouveau-Brunswick en février 2019.

CBC tente depuis des mois d’obtenir les documents de Vitalité sur la mort de M. Michaud et sur l’enquête interne menée ensuite par Vitalité. CBC a fait une demande d’accès à l’information, mais Vitalité a refusé de remettre ses documents sur les circonstances des faits, en expliquant que cela permettrait d’identifier une personne.

CBC a fait appel de cette réponse. Après une révision menée par le bureau de l’ombudsman du Nouveau-Brunswick, Vitalité a remis un bref rapport d’incident et le texte de deux recommandations présentées à la suite des faits, soit celles de vérifier l’état des patients toutes les heures et celles de poursuivre les efforts de recrutement pour cet hôpital psychiatrique.

Une courte note de service indiquant uniquement la date des faits, le nom et l'âge du patient ainsi que le numéro de sa chambre.

Le Réseau de santé Vitalité présente ce bref rapport d'incident rédigé à la suite du suicide de Martin Michaud au Centre hospitalier Restigouche en février 2019.

Photo : Réseau de santé Vitalité

CBC continue de faire appel de cette réponse à sa demande d’accès à l’information.

Vitalité dit n’avoir aucun autre document sur sa propre enquête, selon le Bureau de l’ombudsman.

Le Réseau de santé Vitalité n’a pas voulu faire de commentaires dans le cadre de ce reportage.

Martin Michaud est mort durant la matinée du 9 février 2019, deux jours après la publication d’un rapport accablant du Bureau de l’ombudsman du Nouveau-Brunswick sur de multiples cas de mauvais traitements, de négligence et sur la pénurie criante de main-d’oeuvre au Centre hospitalier Restigouche. Vitalité a toujours soutenu que cet établissement était sécuritaire pour les patients.

Des membres de la famille Michaud ont exprimé leurs préoccupations après avoir appris, en lisant le rapport du coroner, que Martin Michaud était mort entre deux vérifications effectuées par le personnel médical à trois heures d’intervalle. Sa famille se demande si des vérifications plus fréquentes auraient pu éviter sa mort.

Le centre vu de l'extérieur.

Le Centre hospitalier Restigouche est l'hôpital psychiatrique du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

En septembre 2019, Vitalité a dit avoir révisé les méthodes de travail au centre hospitalier pour que les vérifications des patients aient lieu toutes les heures. Les employés doivent dorénavant prouver qu'ils visitent réellement les patients, entre autres en témoignant qu'ils respiraient, en inscrivant dans un registre l'heure de la vérification et en s'assurant que leur superviseur valide leurs rondes.

Des élus souhaitent une plus grande transparence

Le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon, aimerait qu’une enquête publique sur la mort de M. Michaud ait lieu. Il aimerait aussi que les plaintes sur les soins en milieu hospitalier soient traitées de façon indépendante.

Lorsque des gens meurent à l’hôpital ou en prison sous la responsabilité du gouvernement provincial, les circonstances des faits restent toujours secrètes, déplore David Coon.

La population ne sait jamais si les recommandations, quand elles sont rendues publiques, sont appropriées ou non pour prévenir les problèmes qui ont mené à ces morts, ajoute M. Coon.

Le porte-parole du Parti libéral en matière de santé, Jean-Claude D'Amours, et le chef de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, Kris Austin, réclament plus de transparence. M. D’Amours estime que les autorités devraient être particulièrement transparentes envers la famille de Martin Michaud.

Avec les renseignements de Karissa Donkin, de CBC

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