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Plus de fonctionnaires déclarent avoir des problèmes avec Phénix, selon un questionnaire interne

Une femme, entourée de manifestants, porte un chandail sur lequel on peut lire : « Brûlés par Phénix ».

Des employés ont manifesté en février dernier pour dénoncer le système de paye Phénix (archives).

Photo : Radio-Canada

Mama Afou

Davantage d'employés de la fonction publique fédérale déclarent que leur paye a été affectée par les ratés du système Phénix, selon un questionnaire annuel interne mené en 2019 auprès des fonctionnaires fédéraux.

Ce sont 74 % des répondants (environ 134 060) qui ont déclaré que leur paye a été touchée par les problèmes de Phénix, soit une hausse de 4 % par rapport à 2018 (70 %, ou environ 113 100 répondants), selon les résultats du Sondage auprès des fonctionnaires fédéraux (SAFF) du Secrétariat du Conseil du Trésor.

Par ailleurs, 59 % des employés ont indiqué qu’ils ont eu à composer avec un nouveau problème relatif à leur paye ou à toute autre rémunération au cours des 12 derniers mois.

Depuis sa mise en oeuvre il y a quatre ans, le système de paye Phénix utilisé pour rémunérer la fonction publique fédérale a connu de nombreux ratés qui continuent d’affecter les employés.

Participation au SAFF de 2019

  • Au total, 86 ministères et organismes ont participé
  • 292 750 employés ont été invités à remplir le sondage
  • 182 306 réponses ont été reçues
  • Le taux de réponse a été de 62,3 % (57,7 % en 2018)

(Source : Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada)

Toutefois, des améliorations sont à noter. Au total, 20 % des employés ont indiqué que les problèmes liés au système de paye Phénix ont influé sur leur décision de chercher ou d’accepter un autre poste, une baisse par rapport à 2018 (22 %).

De plus, 25 % des employés sont satisfaits du soutien qu’ils reçoivent du Centre des services de paye pour les aider à régler leurs problèmes, une hausse par rapport à 2018 (19 %).

Le SAFF a été mené du 22 juillet au 6 septembre 2019, selon le site Internet du gouvernement fédéral. Ce questionnaire a été géré par la firme Advanis pour le compte du Bureau de la dirigeante principale des ressources humaines au Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada. Notons que la marge d'erreur n'a pas été précisée.

« Pas d'améliorations », selon l'AFPC

Pour la vice-présidente exécutive nationale de l'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC), Magali Picard, ces chiffres montrent qu’il n'y a encore rien de résolu.

Ce qu’il y a de plus étonnant et de plus choquant pour moi avec ces statistiques-là, c’est de voir qu’il n’y a pas d’améliorations.

Magali Picard, vice-présidente exécutive nationale de l'AFPC
Mme Picard accorde une entrevue dans son bureau.

La vice-présidente exécutive nationale de l'Alliance de la Fonction publique du Canada, Magali Picard (archives).

Photo : Radio-Canada

Le vice-président national à l’Institut professionnel de la fonction publique (IPFP), Stéphane Aubry, ne s’étonne pas non plus de ces résultats et croit que cette situation pourrait se poursuivre.

C’est une situation qui perdure depuis quatre ans et qui n’est pas à veille d’être résolue. On va voir la situation continuer pour des années avant que tout soit réglé, affirme-t-il.

Le stress lié à Phénix

Le stress lié aux ratés de Phénix se fait encore sentir parmi les fonctionnaires fédéraux. En effet, 28 % des répondants au questionnaire interne indiquent que les problèmes liés à la paye ou à d’autres aspects de la rémunération sont parmi les causes principales de stress au travail.

Pour Magali Picard, ces résultats sont le reflet de ce qu'elle voit sur le terrain. Jamais, je n’ai connu un niveau de stress comme celui qu'on vit dans la fonction publique fédérale depuis la mise en oeuvre de Phénix. Vous savez, les problèmes d’argent, ça amène des problèmes partout, assure-t-elle.

Cette situation amène de nombreux fonctionnaires à refuser un nouveau poste par crainte de subir des problèmes de rémunération, souligne Mme Picard.

Les gens se privent et vous le voyez dans le sondage que près de 50 % ont refusé d’appliquer ou encore d'accepter des promotions parce qu’ils se disent : "S’il faut que je change encore quelque chose dans mon dossier de paye, je vais encore être plus touché ou je vais commencer à avoir des problèmes avec Phénix", conclut-elle.

Selon le rapport du Directeur parlementaire du budget (DPB), rendu public en juin dernier, remplacer Phénix est moins coûteux que de le réparer. Acquérir un nouveau logiciel, le tester puis former les employés pour l'utiliser peut coûter 57 millions de dollars de plus sur 6 ans, avait-il alors estimé.

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Ottawa-Gatineau

Politique fédérale