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Un cafouillage à la cour municipale mène à l’acquittement de Jaggi Singh

Arrestation de Jaggi Singh lors d'une manifestation antifasciste à Québec, le 20 août 2017.

Des policiers de l'escouade antiémeute avaient procédé à l'arrestation de Jaggi Singh le 20 août 2017 à Québec.

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Louis Gagné

Le militant Jaggi Singh a été acquitté mercredi des accusations d’entrave à un agent de la paix et de supposition de personne qui pesaient contre lui. L’absence de la procureure chargée du dossier, en congé de maternité, et l’incapacité du procureur en chef municipal à plaider en anglais ont amené le juge Pierre Bordeleau à prononcer l’acquittement de M. Singh.

Le célèbre militant altermondialiste et antifasciste avait été arrêté à Québec le 20 août 2017 en marge d’une manifestation organisée par le groupe identitaire La Meute contre l’immigration illégale.

Des centaines de militants pro-immigration s’étaient rendus au centre-ville de Québec afin de mener une contre-manifestation. Le rassemblement avait dégénéré et mené à l’intervention de l’escouade antiémeute.

Lors de son arrestation, Jaggi Singh avait déclaré aux policiers habiter au Colisée et s’appeler Michel Goulet, en référence à l’ancien joueur vedette des Nordiques de Québec, d’où l’accusation de supposition de personne.

Absence

Son procès devait commencer mercredi matin à la cour municipale située sur la route de l’Église, dans le secteur de Sainte-Foy. Trois jours de délibérations étaient prévus.

Jaggi Singh, menottes aux poignets, est escorté par un policier.

Jaggi Singh lors de sa comparution à la cour municipale de Québec en août 2017

Photo : Radio-Canada

Or, à la surprise générale, la procureure affectée au dossier, Me Marie-Hélène Guillemette, brillait par son absence. L’avocate est présentement en congé de maternité. Une information qui n’aurait pas été communiquée à toute l’équipe de procureurs de la Ville de Québec.

L’absence de Me Guillemette, combinée à l’incapacité du procureur en chef municipal, Steve Marquis, à plaider la cause en anglais, langue avec laquelle Jaggi Singh est le plus à l’aise, n’a laissé d’autre choix au juge Bordeleau que de prononcer l’acquittement.

« Sabotage »

À peine libéré des procédures intentées contre lui, Jaggi Singh a accusé le procureur en chef d’avoir saboté le procès pour éviter des révélations embarrassantes pour la justice, la police et la mairie de Québec.

Honnêtement, le fait que les procureurs arrivent aujourd’hui, après avoir suivi le dossier pendant près de deux ans et demi avec des avocats qui parlent bien en anglais, qui [comprennent] bien l’anglais, qui disent : "On n’est pas prêts à procéder parce que personne ne parle anglais", c’est ridicule, a réagi M. Singh en entrevue à Radio-Canada.

Les accusations contre moi n’avaient pas de fondement légal. C’était politique et aujourd’hui, ils ont trouvé une technicalité pour éviter un procès.

Jaggi Singh, militant

Le militant acquitté a souligné le manque de professionnalisme et de compétence des procureurs à Québec.

Les membres de La Meute réunis lors d'une manifestation contre « l’immigration illégale » à Québec

Jaggi Singh avait été arrêté en marge d'une manifestation du groupe identitaire La Meute contre « l'immigration illégale ».

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Jaggi Singh soutient que sa maîtrise du français était assez bonne pour que son procès n’ait pas à se dérouler uniquement en anglais.

« Choquant »

Selon lui, il suffisait qu’un procureur soit capable de comprendre la langue de Shakespeare lors de l’étude de certains éléments de preuve ou de jurisprudence dans cette langue.

C’est vraiment choquant qu’on soit incapable d’avoir un procureur à Québec qui peut faire ça dans un procès, a dénoncé le militant.

De son côté, la Ville de Québec a préféré ne pas commenter les événements ayant mené à l’acquittement de Jaggi Singh.

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