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Pas de formation en sécurité à la Boucherie Huot, selon des ex-employés

Carl Huot et Bernard Huot sont accusés de négligence criminelle

Carl Huot et Bernard Huot sont accusés de négligence criminelle

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Marie-Pier Mercier

Les employés de la Boucherie Huot apprenaient « au fur et à mesure » et n'avaient aucune formation sur la santé et sécurité au travail, ont affirmé des ex-employés de l'entreprise, mercredi.

Jean-François Fortier et Mario Bernier ont témoigné au procès de Bernard Huot et son fils, Carl Huot, accusés de négligence criminelle.

En novembre 2016, un des employés de la boucherie, Olivier Bouchard, a trébuché dans la voûte d’un hachoir industriel et a subi d'importantes blessures.

L’homme qui était alors âgé de 18 ans a subi une importante fracture du crâne. Il vit avec plusieurs séquelles depuis.

Des employés sans formation

Jean-François Fortier commence à travailler à la Boucherie Huot aux alentours de 2015, sans formation préalable dans le domaine.

« On apprenait au fur et à mesure chaque jour », dit-il, ajoutant qu'il n'avait reçu aucune formation sur le fonctionnement de la machinerie.

C’est son collègue, Oscar Masso Condo, un homme d’origine cubaine qui parlait très peu français, qui a montré à Olivier Bouchard comment fonctionnait le hachoir à viande.

Selon Mario Bernier, qui a de nombreuses années de métier, ce genre de formation se donnait pourtant dans les autres entreprises où il a travaillé.

Le hachoir, « une machine puissante »

Le hachoir venait avec un dispositif de sécurité pour l’empêcher de fonctionner lorsque son couvercle était ouvert. Or, ce mécanisme était déjà brisé en 2014

Le hachoir fonctionnait donc lorsque son couvercle était ouvert. « Dans toutes les entreprises où j'ai travaillé la machine arrêtait lorsque le couvercle était ouvert, sauf chez Huot », déplore Mario Bernier.

Jean-François Fortier explique qu’il n’y avait aucune façon de savoir que la machine était défectueuse. « La seule façon de le savoir était de l’essayer. »

Le hachoir est pourtant « une machine puissante. »« Ça peut mélanger 450 livres de viande », affirme Jean-François Fortier. 

Selon lui, c’est Carl Huot qui était responsable de l’entretien et la réparation des appareils. « Personne ne m’a informé de la dangerosité du hachoir. »  

Est-ce qu’il était gelé?

Lors du contre-interrogatoire de Jean-François Fortier, la défense lui a rapidement demandé si Olivier Bouchard était intoxiqué par la drogue au moment du drame.

Je sais qu’il fumait du pot. Il me l’avait dit dans une discussion. Mais je ne l’ai jamais vu consommé.

Jean-François Fortier

Olivier Bouchard arrivait parfois au travail en état d’intoxication, selon les observations de Jean-François Fortier. Il avait les yeux rouges, les yeux vitreux, il avait de la misère à lire ses feuilles.

Jean-François Fortier n’est toutefois pas en mesure de dire si la victime avait consommé de la drogue peu avant l’accident. Selon lui, toutefois, il était au courant que le dispositif de sécurité ne fonctionnait pas. Je lui avais dit, admet-il. 

Lundi, une vidéo captée à l’aide d’une caméra de surveillance a été visionnée en salle de cour. On pouvait voir Olivier Bouchard monter sur un petit escabeau près du hachoir en fonctionnement avant qu’il trébuche. 

Jean-François Fortier était d’ailleurs dans la même pièce que lui lors de l’accident. 

« J’ai baissé les yeux cinq secondes et j’ai vu qu’il avait les deux pieds dans les airs, la tête dans le moulin. »

Olivier Bouchard sera entendu la semaine du 27 janvier.

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