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Il y a 10 ans, la Maison franco-manitobaine fermait ses portes

Une maison avec un toit rouge.

L'ancienne Maison franco-manitobaine était située au 383, boulevard Provencher, à Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada / Thibault Jourdan

Thibault Jourdan

Alors que Winnipeg tente de vendre l’ancienne mairie de Saint-Boniface, certains acteurs de la communauté francophone envisagent la possibilité de faire de ce lieu un centre regroupant des organismes communautaires. L’aventure, pourtant, a déjà été tentée : il y a 10 ans, une Maison franco-manitobaine, assez semblable à ce projet, fermait ses portes.

Le 23 juillet 2010, la Maison franco-manitobaine mettait la clé sous la porte. Ouverte alors qu'elle était neuve en 1985, la bâtisse était située au 383, boulevard Provencher.

Le directeur général de la Société de la francophonie manitobaine (SFM), Daniel Boucher se souvient qu'à sa fermeture son organisme y avait ses bureaux et que la Maison regroupait aussi le Conseil jeunesse provincial (CJP), La Liberté, le Réseau action femmes, la Fédération des aînés franco-manitobains (FAFM), Vari-Tech et l’Association des municipalités bilingues du Manitoba (AMBM).

Après la crise linguistique et l’incendie des locaux de la SFM dans les années 1980, le conseil d’administration de l’organisme et des membres de la communauté ont émis l’idée d’avoir un endroit central pour la SFM et d’autres organismes, à Saint-Boniface, rappelle Daniel Boucher. C’est ainsi que la Maison franco-manitobaine est née.

500 000 $ de réparations sur 10 ans

Porté dès le départ par la SFM, qui était propriétaire du terrain et du bâtiment, le projet a périclité en raison de coûts d’entretien devenus trop importants.

On avait fait faire une analyse par une firme d’ingénieurs qui nous avait indiqué que nous faisions face à des améliorations du bâtiment d’environ 500 000 $ au cours des 10 années à venir, explique le directeur général de la SFM. On n’avait pas les fonds pour faire ce genre de réparations.

Une maison et un panneau indiquant 383 boulevard Provencher, à Winnipeg.

L'ancienne Maison franco-manitobaine existe toujours. Elle abrite maintenant diverses entreprises.

Photo : Radio-Canada / Thibault Jourdan

Il faut dire que l’édifice, qui était en bois, avait de nombreux problèmes structurels. Il y avait beaucoup de murs qui [avaient des fissures], des toits qui coulaient..., déplore Daniel Boucher.

Pour faire face à ces difficultés, la SFM aurait pu prendre la décision d’augmenter les loyers, qui étaient inférieurs aux prix du marché. Cette solution a été écartée parce que la SFM ne voulait pas pénaliser les groupes qui étaient [dans la Maison].

On voyait qu’il n’y avait pas de solution pour augmenter les revenus. Ce n’était pas une décision facile du conseil d’administration.

Daniel Boucher, directeur général de la SFM

« Un mal pour un bien »

Malgré les conditions avantageuses offertes aux groupes communautaires à l’époque, tous ne regrettent pas la fermeture de la Maison franco-manitobaine.

C’est le cas du CJP, qui se trouvait au dernier étage du bâtiment, surnommé le grenier. On ne voyait personne du public, se souvient Roxane Dupuis, directrice générale du CJP.

La situation a totalement changé lorsque l’organisme s’est installé au Centre culturel franco-manitobain (CCFM). Au début, on trouvait ça un peu achalant de voir autant de monde, dit en riant la directrice générale du CJP.

Pour nous, ça a peut-être été un mal pour un bien.

Roxane Dupuis, directrice générale du CJP

Le CJP a même eu la chance de voir son loyer diminuer. Le moment où la Maison franco-manitobaine a été vendue a coïncidé avec celui où les anciens bureaux du Cercle Molière, situés au CCFM, se sont libérés. On a perdu un peu d’espace en termes de surface, mais on a gagné un centre culturel. Maintenant, on ne pourrait pas s’imaginer dans le grenier d’un édifice, assure Roxane Dupuis.

Partir pour s’agrandir

Le journal communautaire La Liberté était, lui aussi, logé au sein de la Maison franco-manitobaine au moment où celle-ci a été vendue. Sa directrice et rédactrice en chef, Sophie Gaulin, se souvient que le journal était à droite en rentrant. Il y avait trois bureaux fermés, une grande salle où étaient les journalistes et une petite salle de réunion, raconte-t-elle.

C’était un très bon espace pour les besoins qu’on avait à l’époque.

Sophie Gaulin, directrice et rédactrice en chef de « La Liberté »

Le déménagement forcé du journal a cependant été une très bonne chose, selon Sophie Gaulin.

À l’époque, le conseil d’administration du journal avait pris la décision d’augmenter le nombre d’employés et d’offrir plus de services de communication et de marketing.

On était donc content de pouvoir emménager dans un espace plus grand et de pouvoir ainsi agrandir l’équipe, ce qu’on n’aurait pas pu faire à la Maison franco-manitobaine, explique Sophie Gaulin.

Une femme devant un mur blanc.

La directrice et rédactrice en chef du journal manitobain « La Liberté », Sophie Gaulin.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Mieux, le journal a même pu agrandir son équipe pour moins cher. Son loyer a, en effet, augmenté d’environ 500 $ par mois, mais, rapporté au prix du mètre carré, on payait moins cher, affirme Sophie Gaulin.

Dix ans après la fermeture de la Maison franco-manitobaine, rien n’indique que le journal emménagerait dans un établissement regroupant des organismes, si un tel projet devait voir le jour.

C’est toujours un plus d’avoir des organismes francophones à côté, mais Saint-Boniface n’est pas si grand que ça et, finalement, les organismes francophones, s’ils ne sont pas la porte à côté, ils sont deux rues à côté. Ce n’est jamais très problématique, relève la directrice de La Liberté.

Les maisons de la francophonie sont-elles viables? À venir demain : deux modèles de maisons qui fonctionnent en 2020.

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