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L’haltérophilie secouée par une autre affaire de dopage : le regard de Maude Charron

Maude Charron.

Maude Charron n'est pas surprise des allégations soulevées.

Photo : Courtoisie - IWF

Radio-Canada

Une enquête allègue que la Fédération internationale d'haltérophilie procède au camouflage systémique du dopage sous couvert de corruption. Une situation déplorable, selon l'haltérophile rimouskoise Maude Charron.

Selon l'enquête de la chaîne allemande ARD, sur 453 médaillés aux Jeux olympiques ou aux championnats du monde entre 2008 et 2017, plus de 200 n’auraient jamais subi de test antidopage. Selon les allégations, certains des contrôleurs auraient même été payés pour falsifier des résultats.

Maude Charron n’est pas surprise. Il y a un bout dont on se doute, certes, mais de le savoir, ça choque, c’est sûr. C’est choquant, mais tant mieux si ça sort, commente-t-elle.

Je ne suis pas fière de faire partie d’un sport qui est aussi sale, qui est aussi mal vu en raison de telles allégations, ajoute l’haltérophile, précisant toutefois qu’elle est heureuse de pratiquer ce sport au Canada, où les examens sont plus rigoureux.

Ce n’est pas parce qu’il y a une pomme pourrie que toutes les pommes sont pourries.

Maude Charron, haltérophile

Elle rappelle qu’il s’agit d’allégations et qu’elles ne sont pas avérées pour l’instant. Maude Charron se réjouit de la décision du comité international olympique de se pencher sur le dossier. Le Comité a notamment demandé des documents aux personnes qui ont fait le reportage dans le but d'ouvrir une enquête, explique-t-elle.

Heureusement, cette situation ne prévaut pas partout. Ce n’est pas parce que cette culture-là de dopage qui est ancrée profondément dans plein de pays qu’elle l’est nécessairement ici, mentionne-t-elle.

Par ailleurs, Mme Charron juge inacceptable que des athlètes, notamment de jeunes haltérophiles, soient la cible de corruption par dopage. Je trouve ça horrible de savoir que dans le monde, quelque part, il y a quelqu'un qui se sent obligé de se doper pour faire partie d'une équipe nationale, lance-t-elle.

En 2018, quelque 13 500 tests antidopage ont été menés sur des haltérophiles, soit 6,8 % de tous les tests antidopage effectués. De ce nombre, 205 tests étaient positifs, selon Maude Charron. Or, elle estime que ce nombre pourrait être plus grand.

Toutefois, l'athlète ne se laisse pas distraire par cette affaire. Moi, ce que je suis dans cette fédération-là, je suis une athlète. Ma job, c’est quoi? C’est d’aller compétitionner. C’est d’aller me faire tester quand on me dit de me faire tester, souligne l’athlète. Je dois juste m’occuper de faire ça.

J’aime bien mieux compétitionner propre, que des commanditaires me disent non, que d’aller chercher de l’argent sale, conclut-elle.

La prochaine compétition de Maude Charron aura lieu dans deux semaines à Rome, après quoi elle prendra le chemin de la République dominicaine pour le championnat panaméricain en avril.

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