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La participation des immigrants à la réconciliation passe par la connaissance des Autochtones

Des enfants et des adultes assis qui regardent une coiffe de chef autochtone.

Les aînés et les leaders autochtones doivent travailler avec les organismes et les leaders des communautés immigrantes pour vulgariser les spécificités culturelles des deux groupes.

Photo : Radio-Canada / Olivier Ferapie

Un rapport parrainé par la Fondation Winnipeg et publié mercredi souligne que les nouveaux arrivants ont besoin d’être informés sans stéréotypes ni préjugés au sujet de l’histoire des peuples autochtones pour mieux participer à la réconciliation.

Certains immigrants arrivent au Canada avec une idée préconçue des Premières Nations, explique un des trois chercheurs qui a rédigé le rapport intitulé « Mettre en place des espaces sûrs et favorables au dialogue et à l’établissement de relations entre les nouveaux arrivants et la population autochtone », Aliraza Alidina.

Cette vision erronée crée des tensions et des incompréhensions entre les deux groupes qui ont pourtant beaucoup de choses en commun, selon lui.

Winnipeg a une grande population urbaine autochtone du Canada et l’immigration est en pleine expansion dans cette ville [...] Il y a un manque de connaissances et d’information pour faciliter la cohabitation des deux groupes, explique-t-il.

Le rapport recommande aux organismes d’accueil et d’accompagnement d’inclure dans les trousses d’orientation des thèmes spécifiques à propos de l’histoire des Autochtones et des peuples colonisateurs.

Il souligne que de nombreux dirigeants communautaires ont demandé la création d’outils pour aborder les perceptions stéréotypées courantes.

Il faudra documenter des stéréotypes nuisibles et les déconstruire à l’aide de représentations positives. Les nouveaux arrivants doivent discuter des stéréotypes de façon ouverte et sans la censure qui empêche un dialogue franc et authentique dans un environnement sûr.

Extrait du rapport

M. Alidina ajoute que l’introduction des récits narratifs personnels ou biographiques au sujet de la vie des Autochtones permettra d’humaniser les discussions.

Par exemple, si le sujet est l’alcoolisme, l’animateur de la séance devrait entamer une discussion au sujet des causes et des effets sociaux, historiques et relatifs à la santé pour les personnes touchées par l’alcoolisme.

Les aînés et les leaders autochtones doivent travailler avec les organismes et les leaders des communautés immigrantes pour vulgariser les spécificités culturelles, spirituelles, sociales et communicationnelles des deux groupes, d’après le rapport.

Un homme et un enfant dansent durant un pow-wow.

La culture autochtone est de plus en plus reconnue dans les différentes communautés du pays.

Photo : Radio-Canada

Le niveau de langue utilisé durant ces travaux ou les séances d’orientation doit être accessible et exempt d’expressions ou de jargon complexe pouvant prêter à confusion.

M. Alidina propose également d'encourager les deux communautés dans leur ensemble à prendre part à des projets liés aux affaires, au développement communautaire, à la réduction de la pauvreté, à la sécurité alimentaire, à la conservation de la terre et à l’éducation des enfants.

Le suivi continu

Afin que les nouveaux arrivants prennent plaisir à lire des documents d’information même après les séances d’orientation, le rapport suggère que les trousses soient attrayantes visuellement. De belles images, des dessins animés, des caricatures ou d’autres représentations colorées peuvent être des incitatifs à la lecture.

Les chercheurs insistent sur l’importance de mettre en place un processus de suivi afin de s’assurer que l’information est bien comprise, mais aussi d’évaluer les outils utilisés.

Le rapport est offert en français et en anglais.

Nous avons décidé de traduire ce rapport en français à la demande des organismes qui travaillent avec de nouveaux arrivants francophones, souligne Aliraza Alidina.

Des visages de danseuses africaines. Elles portent des costumes traditionnels africains.

L’Accueil francophone est l’un des organismes consultés dans le cadre de ce projet.

Photo : AFP/GettyMohamed El-Shahed

Actuellement, le rapport est accessible sur le site d’Immigration Partnership Winnipeg (IPW) et sur celui du Social Planning Council of Winnipeg (SPCW). Je suis sûr que d’autres organismes l’auront sur leur site plus tard, indique le chercheur.

Mettre en place des espaces sûrs et favorables au dialogue et à l’établissement de relations entre les nouv... by Martin Bruyere on Scribd

Méthodologie

L'étude a été faite suivant une approche de recherche qualitative qui est constituée d’une revue de la littérature sur le sujet, suivie de la collecte de documents actuels et d’observations antérieures auprès d’organismes.

Trente-huit participants, dont 13 associés aux communautés autochtones, 13 associés aux communautés de nouveaux arrivants, 8 issus d’établissements confessionnels et 4 n’ayant aucun lien avec l’une ou l’autre des communautés ont été interrogés.

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