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Les logements locatifs toujours plus rares, toujours plus chers

La Société canadienne d'hypothèques et de logement demande la construction de plus d'immeubles d'appartements locatifs.

Le reportage de Philippe Leblanc

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada
Mis à jour le 

La proportion d'appartements locatifs disponibles a reculé pour une troisième année de suite, en 2019, au pays, a indiqué mercredi la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL). Il est donc de plus en plus difficile de trouver un logement, ce qui fait grimper les loyers.

Le taux d'inoccupation national s’est établi à 2,2 %, son niveau le plus bas depuis 2002, alors qu’il était de 2,4 % en 2018.

La forte demande de logements locatifs a continué de dépasser la croissance de l'offre, a expliqué dans un communiqué Bob Dugan, économiste en chef de la SCHL.

Les marchés de Halifax, Toronto et Vancouver demeurent parmi les plus problématiques : les taux d'inoccupation se sont établis respectivement à 1 %, 1,1 % et 1,5 % en 2019.

La situation s’est détériorée dans la région de Montréal. Le taux d'inoccupation y a même atteint son niveau le plus bas en 15 ans, soit 1,5 %, atteignant même 0,5 % dans les arrondissements du Sud-Ouest et de Verdun, et 0,8 % dans la couronne nord.

C'est préoccupant, reconnaît la mairesse de Montréal.

Je suis prête à construire plus d’unités [de logements], mais j’ai besoin des ressources. Je vais être en conversation avec la ministre de l’Habitation pour prévoir un plan d’urgence, un plan d’intervention pour le premier juillet prochain.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Les taux d'inoccupation sont demeurés stables dans la plupart des autres régions, notamment dans les principaux marchés des Prairies, soit Calgary (3,9 %), Regina (7,8 %) et Winnipeg (3,1 %).

Il y a une crise à cause de la pénurie, il y a une crise à cause de la marchandisation du logement, explique Véronique Laflamme, porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

Outre Montréal, Gatineau est considérée comme l’une des villes touchées par cette crise. Le taux d’inoccupation y est de 1,5 %.

Au Québec, le taux moyen s'est établi à 1,8 %. Il est aussi bas que 0,4 % à Saint-Hyacinthe et 0,9 % à Granby.

Les faibles taux d'inoccupation observés dans les grands centres soulignent la nécessité d'accroître l'offre de logements locatifs afin d'assurer l'accès à des logements abordables.

Bob Dugan, économiste en chef de la SCHL

Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) réclame la construction d'un nombre important de logements sociaux, mais aussi l’instauration d’un registre des loyers et d’un contrôle obligatoire des loyers.

Il ne fait aucun doute que les mois à venir seront difficiles pour les locataires à faible et modeste revenu, a souligné Maxime Roy-Allard, porte-parole du RCLALQ, dans un communiqué. Très peu de logements sont disponibles, et encore moins qui soient abordables et en bon état.

Crise du logement : quel est le plan de Québec?

Forte hausse des loyers

Cette baisse de la disponibilité des appartements locatifs s’est accompagnée d'une forte croissance des loyers, le loyer moyen des appartements de deux chambres ayant augmenté de 3,9 % entre octobre 2018 et octobre 2019. Il s'agit du rythme de croissance des loyers le plus rapide dans l'échantillon commun depuis octobre 2001.

Les petits propriétaires de logements souhaitent de moins en moins conserver des logements pour la location, notamment en raison des contraintes réglementaires pour la rénovation, souligne de son côté Hans Brouillette, directeur des affaires publiques de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ).

Le loyer moyen des appartements de deux chambres a augmenté à Toronto (6,1 %), à Vancouver (4,9 %), à Halifax (3,7 %), à Montréal (3,4 %) et à Calgary (2,2 %). La hausse a ralenti à Vancouver – contrairement à ce qui a été constaté ailleurs –, mais elle y a néanmoins été supérieure à la moyenne nationale.

Le loyer moyen des appartements de deux chambres était encore une fois le plus élevé à Vancouver (1748 $) et à Toronto (1562 $). Il est également resté supérieur à la moyenne nationale à Calgary (1305 $) et à Halifax (1202 $).

Il est toutefois demeuré relativement bas à Montréal (855 $), comme ailleurs au Québec. La hausse moyenne provinciale a tout de même été de 5,2 %.

Des logements plus rares, plus chers

Ces augmentations de loyer font très mal aux locataires à faible et modeste revenu, a insisté le RCLALQ.

Pour les 195 000 ménages locataires [québécois] qui accordent plus de 50 % de leur revenu au paiement du loyer, ces hausses signifient de devoir couper dans leurs autres besoins de base.

Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec

La SCHL établit ces données en se basant sur des observations faites chaque année en octobre dans les régions urbaines de plus de 10 000 habitants pour ce qui est des immeubles construits expressément pour le marché locatif, et en septembre dans 17 grands centres pour ce qui est du marché locatif secondaire des appartements en copropriété.

Le RCLALQ soutient que les loyers moyens publiés par la SCHL ne sont pas représentatifs de la réalité. Il affirme que, selon ses propres observations, les logements à louer sont en vérité entre 30 % et 50 % plus chers que ce qu'indiquent les données de la SCHL.

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