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Le coût des logements en forte hausse dans la région de la capitale nationale

Une pancarte de logement à louer.

Une pancarte de logement à louer

Photo : Radio-Canada

Patricia Sauzede-Bilodeau

La forte demande de logements locatifs dans la région d'Ottawa-Gatineau a pour conséquence des hausses importantes des loyers moyens.

Dans son rapport publié mercredi, la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) souligne des hausses importantes des loyers, soit de 8,4 % à Ottawa et de 4,5 % à Gatineau.

Le taux légal d'augmentation des logements en Ontario était pourtant établi à 1,8 % pour l'année 2019. Le coût moyen d'un loyer y est maintenant de 1281 $ par mois.

Pour Gatineau, un loyer moyen coûte maintenant 847 $ par mois, ce qui constitue une hausse de 4,2 % en 2019, la plus importante en 15 ans.

C'est dans le secteur d'Aylmer que les loyers sont les plus élevés, avec un coût mensuel de 1031 $ par mois.

Les logements qui sont construits sont nettement inabordables pour une quantité importante de ménages locataires. Ils ne sont pas en mesure d'assumer ces coûts de logements là, fait valoir François Roy, coordonnateur de l'organisme Logemen’Occupe.

En fait, il déplore le fait que les nouvelles constructions, qui proviennent notamment de promoteurs privés, sont des appartements et condominiums avec une ou deux chambres, ce qui ne convient pas aux familles.

La solution se trouve selon lui dans un investissement de la part des trois ordres de gouvernement dans les logements abordables.

Taux d'inoccupation en hausse à Gatineau

À Gatineau, un chiffre crée la surprise : le taux d'inoccupation est passé de 1,2 % à 1,5 % en 2019. Un chiffre qui est toutefois inférieur au seuil d'équilibre du marché, établi à 3 % par la SCHL.

En fait, selon le rapport, 1200 logements destinés au marché locatif ont été ajoutés en 2019, il s'agit d'une hausse de 60 % par rapport à 2018. Ce nombre de constructions est nettement insuffisant, note Logemen’Occupe.

La ville est toujours en pénurie extrême de logements, particulièrement dans le logement abordable.

François Roy, coordonnateur de l'organisme Logemen’Occupe

On n'a jamais vu ça en 25 ans, en janvier, d'avoir autant de ménages, de familles qui sont présentement sans logis, a ajouté François Roy.

De l'autre côté de la rivière des Outaouais, l'inoccupation a aussi augmenté et se situe maintenant à 1,8 %.

Fin de la crise à l'horizon?

La SCHL croit que la région a vu le pire de la crise du logement. Son économiste spécialiste de la région de Gatineau, Lukas Jasmin-Tucci, précise qu'il se construit plus de logements locatifs, plus que jamais dans la région.

On s'attend à ce que pour les prochaines années, le taux d'inoccupation recommence à monter.

Lukas Jasmin-Tucci, économiste spécialiste de la région de Gatineau

La quantité importante de nouvelles constructions de 2019 devrait se retrouver sur le marché en 2020, ce qui augmentera encore une fois l'offre.

Il ajoute également que l'emploi pourrait ralentir en Outaouais dans les prochaines années, ce qui risque de réduire l'arrivée massive de résidents dans la région.

Une urgence nationale, rappelle le maire de Gatineau

De son côté, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, reconnaît qu’il y a une crise plus aiguë du logement abordable.

Ça me préoccupe énormément, a-t-il déclaré mercredi. Le gouvernement du Québec a amélioré le financement d’AccèsLogis l’année passée. On pense que cette année, ça va donner des résultats, avance-t-il, tout en restant prudent.

Ça presse pour nous, c’est ici que la crise du logement est la plus aiguë au Québec.

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Il explique que la Ville s’assure que les différents organismes se coordonnent afin d’identifier les logements disponibles, les familles sans toit et comment il est possible d’aider celles-ci.

Mais l’enjeu principal, selon lui, réside dans le financement du fédéral et de la province.

L’urgence nationale – le mot est approprié – c’est que Québec et Ottawa s’entendent sur le financement du logement, a-t-il lancé. Ils doivent absolument signer au plus vite pour qu’on augmente l’argent dans le système.

Une rencontre sur cet enjeu est à venir avec la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest.

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