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Iraniens de l’Alberta : une communauté synonyme d’intégration et de succès

Plan serré de plusieurs drapeaux iraniens.

La communauté iranienne de l'Alberta est jeune, mais bien active.

Photo : Reuters / Morteza Nikoubazi

Radio-Canada

L’impressionnant parcours universitaire et professionnel de plusieurs des victimes iraniennes de l’écrasement du vol PS257 a mis en lumière l’importance de la communauté irano-canadienne en Alberta et au Canada. S’ils n’étaient que quelques centaines à vivre en Alberta dans les années 1970 et 1980, ils seraient aujourd'hui environ 5000 à Edmonton. Retour sur l’évolution de cette communauté en Alberta.

Fakhreddin Jamali se souvient de son arrivée à Edmonton comme si c’était hier. Arrivé en Colombie-Britannique en 1971, c’est dans la capitale albertaine que le professeur en sciences pharmaceutiques, qui enseigne aujourd’hui à l’Université de l’Alberta, a finalement décidé de planter ses racines avec sa famille.

Ça, c’est la Wolkswagen avec laquelle nous avons fait le voyage de Vancouver à Edmonton. Elle n’y a pas survécu, se souvient-il, amusé, en tournant les pages d’un album photos.

Plan moyen de Fakhreddin Jamali regardant un album photos assis sur son sofa.

Fakhreddin Jamali a immigré au Canada avec sa famille en 1971. Il vit aujourd'hui à Edmonton.

Photo : Radio-Canada

À l’époque, la communauté iranienne d'Edmonton ne comptait qu’environ 200 personnes, selon lui.

La diaspora iranienne est assez récente parce que, sous le régime du Shah, la vie en Iran était très agréable pour les gens de la classe moyenne aisée. Il y avait de la musique, on pouvait aller danser, les restaurants restaient ouverts toute la nuit. Personne ne nous embêtait si on n'était pas politisés, raconte-t-il.

L’arrivée au pouvoir de la République islamique, puis la guerre entre l’Iran et l’Irak (1980-1988) ont forcé de nombreux Iraniens, la plupart très instruits, à trouver refuge à l’étranger.

Les choses ont changé avec la révolution islamique et c’est à ce moment que les gens ont commencé à immigrer. Nous n’avions plus de liberté, surtout les femmes, explique Fakhreddin Jamali.

Les gens qui ont immigré durant cette première vague d’immigration étaient des professionnels, des entrepreneurs, ajoute-t-il en qualifiant la situation d’exode des cerveaux.

Il explique d’ailleurs que le boom pétrolier en Alberta au début des années 2000 a favorisé l’arrivée de nombreux Iraniens, reconnus pour leur expertise en ingénierie.

On s'est mis à recruter beaucoup d’ingénieurs iraniens. Leur talent était reconnu.

Fakhreddin Jamali, immigrant iranien

Conséquences de la guerre

Malgré tout, la représentation négative de l’Iran par les médias, qui suivaient de près la crise des otages américains en Iran (1979) et le conflit avec l’Irak, a profondément touché la jeune diaspora iranienne au Canada.

L’Iran et les Iraniens étaient démonisés. Nos jeunes avaient honte de dire qu’ils étaient Iraniens. C’est pour cela que nous avons créé la Iranian Heritage Society d’Edmonton, explique Fakhreddin Jamali, cofondateur de l’organisme.

L’objectif était de promouvoir la culture iranienne pour que nos jeunes sachent qu’ils n’ont pas à avoir honte d’être Iraniens, ajoute-t-il.

Un peu plus d’une décennie plus tard, ce sont les attentats du 11 septembre 2001 qui provoquent une autre vague migratoire.

Plusieurs des étudiants iraniens qui seraient normalement allés étudier dans les universités de l'Ivy League, aux États-Unis, ne pouvaient plus aller aux États-Unis. Ils se sont donc tournés vers l’Université de l’Alberta, raconte Neda Asadi, codirectrice de l’Alberta Association for Migration Studies.

Une communauté soudée et résiliente

Aujourd’hui mère de famille, Neda Asadi, qui a immigré au Canada en 1989, affirme être complètement intégrée à la société canadienne.

Je vois mes enfants, qui sont nés au Canada, évoluer dans la société et je me sens encore plus ancrée dans la communauté, explique-t-elle.

Neda Asadi sourit à la caméra.

Neda Asadi était adolescente lorsqu'elle est arrivée au Canada en 1989. Aujourd'hui, elle se sent complètement intégrée à la société canadienne.

Photo : Radio-Canada

Selon elle, la réponse du Canada à l’écrasement du vol PS752 et le soutien des Canadiens a rassuré la communauté iranienne du pays.

Nous avons reçu beaucoup de soutien. C’est quelque chose d’important à souligner, surtout maintenant, avec le sentiment anti-immigrants qui grandit dans le monde. Ce n’est pas toujours évident de porter l’étiquette irano-canadienne. On se demande toujours si on peut s’afficher en toute sécurité, mais là, nous nous sommes vraiment sentis en sécurité et acceptés, dit-elle.

Justin Trudeau serre dans ses bras David Turpin.

Justin Trudeau étreint le doyen de l'Université de l'Alberta, David Turpin, lors de la cérémonie rendant hommage aux victimes de l'écrasement d'avion en Iran.

Photo : La Presse canadienne / Todd Korol

Un sentiment partagé par Fakhreddin Jamali.

J’apprécie énormément le fait que le Canada n’ait pas politisé l’événement et qu’il demande des comptes à l’Iran, dit-il.

Le chercheur affirme d’ailleurs ne pas regretter d’avoir choisi d’immigrer au Canada.

J’avais reçu une offre de l’Université de l’Illinois. J’aurais sûrement fait beaucoup plus d’argent là-bas, mais je suis beaucoup plus heureux ici.

Avec les informations de Michelle Bellefontaine

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